En bref

En France, la lutte contre les moustiques se partage entre plusieurs acteurs publics depuis le décret du 29 mars 2019. L’agence régionale de santé (ARS) surveille le moustique tigre et intervient autour des malades de dengue, de chikungunya ou de Zika. Le maire, avec ses pouvoirs de police, empêche l’installation des moustiques sur la commune et peut imposer des mesures aux propriétaires. Les départements luttent contre les nuisances dans des zones fixées par arrêté préfectoral, souvent avec une entente interdépartementale (EID). Mais le moustique tigre pond surtout chez les particuliers : sans les gestes des habitants, aucune commune n’en vient à bout.

83départements colonisés sur 96 au 1er janvier 20266
2019l’année du décret qui répartit les rôles entre ARS, maires et départements1
150 mle rayon traité autour des lieux fréquentés par un malade7
4 à 5traitements par an conseillés dans les avaloirs d’une commune, de mai à octobre10

Qui fait quoi dans la lutte contre les moustiques ?

La lutte contre les moustiques en France repose sur quatre acteurs publics : l’ARS, le maire, le conseil départemental et le préfet. Le décret n° 2019-258 du 29 mars 2019, relatif à la prévention des maladies vectorielles, a fixé ce partage. Il confie aux ARS la surveillance des moustiques vecteurs et les interventions autour des nouvelles implantations et des cas suspects ; la gestion des épidémies relève du préfet ; la lutte contre les nuisances reste aux départements, selon la loi du 16 décembre 19641.

Le code de la santé publique fixe deux objectifs : prévenir l’implantation des moustiques vecteurs par l’hygiène et la salubrité, ce qui relève des communes, et limiter la transmission par une intervention rapide autour des cas, ce qui relève de l’ARS2.

La répartition des rôles contre le moustique tigre
ActeurMission principaleTexte de référence
ARSSurveillance, intervention autour des casArt. R3114-11 du code de la santé publique
MairePrévenir l’implantation, espaces publicsArt. R1331-13 du même code
DépartementNuisances, zones de lutteLoi du 16 décembre 1964
PréfetPlan ORSEC épidémie, aéroportsArt. R3114-12

Le moustique tigre est implanté dans 83 départements sur 96 au 1er janvier 2026, d’après le portail de l’Anses6. La carte ci-dessous colore chaque département selon l’année où sa colonisation a été constatée par le ministère de la Santé5.

Carte du moustique tigre en France par département83 départements colonisés au 1er janvier 2026, colorés selon l’année d’implantation. Ain (01) : colonisé depuis 2015 Aisne (02) : colonisé depuis 2017 Allier (03) : colonisé depuis 2022 Alpes-de-Haute-Provence (04) : colonisé depuis 2010 Hautes-Alpes (05) : colonisé depuis 2017 Alpes-Maritimes (06) : colonisé depuis 2004 Ardèche (07) : colonisé depuis 2012 Ardennes (08) : non colonisé au 1er janvier 2026 Ariège (09) : colonisé depuis 2017 Aube (10) : colonisé depuis 2025 Aude (11) : colonisé depuis 2012 Aveyron (12) : colonisé depuis 2016 Bouches-du-Rhône (13) : colonisé depuis 2010 Calvados (14) : non colonisé au 1er janvier 2026 Cantal (15) : colonisé depuis 2020 Charente (16) : colonisé depuis 2019 Charente-Maritime (17) : colonisé depuis 2018 Cher (18) : colonisé depuis 2019 Corrèze (19) : colonisé depuis 2017 Côte-d'Or (21) : colonisé depuis 2018 Côtes-d'Armor (22) : non colonisé au 1er janvier 2026 Creuse (23) : non colonisé au 1er janvier 2026 Dordogne (24) : colonisé depuis 2015 Doubs (25) : colonisé depuis 2020 Drôme (26) : colonisé depuis 2012 Eure (27) : non colonisé au 1er janvier 2026 Eure-et-Loir (28) : colonisé depuis 2025 Finistère (29) : non colonisé au 1er janvier 2026 Corse-du-Sud (2A) : colonisé depuis 2007 Haute-Corse (2B) : colonisé depuis 2006 Gard (30) : colonisé depuis 2011 Haute-Garonne (31) : colonisé depuis 2012 Gers (32) : colonisé depuis 2016 Gironde (33) : colonisé depuis 2013 Hérault (34) : colonisé depuis 2011 Ille-et-Vilaine (35) : colonisé depuis 2022 Indre (36) : colonisé depuis 2017 Indre-et-Loire (37) : colonisé depuis 2020 Isère (38) : colonisé depuis 2012 Jura (39) : colonisé depuis 2020 Landes (40) : colonisé depuis 2015 Loir-et-Cher (41) : colonisé depuis 2022 Loire (42) : colonisé depuis 2018 Haute-Loire (43) : colonisé depuis 2022 Loire-Atlantique (44) : colonisé depuis 2019 Loiret (45) : colonisé depuis 2021 Lot (46) : colonisé depuis 2015 Lot-et-Garonne (47) : colonisé depuis 2012 Lozère (48) : colonisé depuis 2017 Maine-et-Loire (49) : colonisé depuis 2017 Manche (50) : non colonisé au 1er janvier 2026 Marne (51) : colonisé depuis 2024 Haute-Marne (52) : colonisé depuis 2024 Mayenne (53) : colonisé depuis 2020 Meurthe-et-Moselle (54) : colonisé depuis 2021 Meuse (55) : non colonisé au 1er janvier 2026 Morbihan (56) : colonisé depuis 2023 Moselle (57) : colonisé depuis 2023 Nièvre (58) : colonisé depuis 2018 Nord (59) : non colonisé au 1er janvier 2026 Oise (60) : colonisé depuis 2023 Orne (61) : non colonisé au 1er janvier 2026 Pas-de-Calais (62) : non colonisé au 1er janvier 2026 Puy-de-Dôme (63) : colonisé depuis 2018 Pyrénées-Atlantiques (64) : colonisé depuis 2015 Hautes-Pyrénées (65) : colonisé depuis 2017 Pyrénées-Orientales (66) : colonisé depuis 2012 Bas-Rhin (67) : colonisé depuis 2015 Haut-Rhin (68) : colonisé depuis 2016 Rhône (69) : colonisé depuis 2012 Haute-Saône (70) : colonisé depuis 2024 Saône-et-Loire (71) : colonisé depuis 2014 Sarthe (72) : colonisé depuis 2023 Savoie (73) : colonisé depuis 2014 Haute-Savoie (74) : colonisé depuis 2019 Paris (75) : colonisé depuis 2018 Seine-Maritime (76) : colonisé depuis 2023 Seine-et-Marne (77) : colonisé depuis 2018 Yvelines (78) : colonisé depuis 2019 Deux-Sèvres (79) : colonisé depuis 2019 Somme (80) : non colonisé au 1er janvier 2026 Tarn (81) : colonisé depuis 2015 Tarn-et-Garonne (82) : colonisé depuis 2015 Var (83) : colonisé depuis 2007 Vaucluse (84) : colonisé depuis 2011 Vendée (85) : colonisé depuis 2015 Vienne (86) : colonisé depuis 2019 Haute-Vienne (87) : colonisé depuis 2020 Vosges (88) : non colonisé au 1er janvier 2026 Yonne (89) : colonisé depuis 2023 Territoire de Belfort (90) : colonisé depuis 2023 Essonne (91) : colonisé depuis 2018 Hauts-de-Seine (92) : colonisé depuis 2017 Seine-Saint-Denis (93) : colonisé depuis 2018 Val-de-Marne (94) : colonisé depuis 2015 Val-d'Oise (95) : colonisé depuis 2021 Paris (75) : colonisé depuis 2018 Hauts-de-Seine (92) : colonisé depuis 2017 Seine-Saint-Denis (93) : colonisé depuis 2018 Val-de-Marne (94) : colonisé depuis 2015Paris et petite couronne

Survolez ou touchez un département pour voir depuis quand le moustique tigre y est implanté.

  • Avant 2013
  • 2013 à 2016
  • 2017 à 2019
  • 2020 à 2022
  • 2023 à 2025
  • Non colonisé
83 départements colonisés au 1er janvier 2026. L’année indiquée est la première saison où le département a été constaté colonisé. Carte Mousteek d’après les cartes de présence du ministère de la Santé et le portail de l’Anses. Fond de carte : IGN, Admin Express (Licence ouverte).
Voir la liste des départements par année
  • 2025 : Aube (10), Eure-et-Loir (28)
  • 2024 : Haute-Marne (52), Haute-Saône (70), Marne (51)
  • 2023 : Morbihan (56), Moselle (57), Oise (60), Sarthe (72), Seine-Maritime (76), Territoire de Belfort (90), Yonne (89)
  • 2022 : Allier (03), Haute-Loire (43), Ille-et-Vilaine (35), Loir-et-Cher (41)
  • 2021 : Loiret (45), Meurthe-et-Moselle (54), Val-d'Oise (95)
  • 2020 : Cantal (15), Doubs (25), Haute-Vienne (87), Indre-et-Loire (37), Jura (39), Mayenne (53)
  • 2019 : Charente (16), Cher (18), Deux-Sèvres (79), Haute-Savoie (74), Loire-Atlantique (44), Vienne (86), Yvelines (78)
  • 2018 : Charente-Maritime (17), Côte-d'Or (21), Essonne (91), Loire (42), Nièvre (58), Paris (75), Puy-de-Dôme (63), Seine-Saint-Denis (93), Seine-et-Marne (77)
  • 2017 : Aisne (02), Ariège (09), Corrèze (19), Hautes-Alpes (05), Hautes-Pyrénées (65), Hauts-de-Seine (92), Indre (36), Lozère (48), Maine-et-Loire (49)
  • 2016 : Aveyron (12), Gers (32), Haut-Rhin (68)
  • 2015 : Ain (01), Bas-Rhin (67), Dordogne (24), Landes (40), Lot (46), Pyrénées-Atlantiques (64), Tarn (81), Tarn-et-Garonne (82), Val-de-Marne (94), Vendée (85)
  • 2014 : Savoie (73), Saône-et-Loire (71)
  • 2013 : Gironde (33)
  • 2012 : Ardèche (07), Aude (11), Drôme (26), Haute-Garonne (31), Isère (38), Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Orientales (66), Rhône (69)
  • 2011 : Gard (30), Hérault (34), Vaucluse (84)
  • 2010 : Alpes-de-Haute-Provence (04), Bouches-du-Rhône (13)
  • 2007 : Corse-du-Sud (2A), Var (83)
  • 2006 : Haute-Corse (2B)
  • 2004 : Alpes-Maritimes (06)

Notre page sur la carte du moustique tigre en France retrace cette progression depuis 2004.

Ce que fait l’ARS : surveiller et intervenir autour des cas

L’ARS surveille l’arrivée du moustique tigre et organise la démoustication autour des personnes malades. Elle peut confier ces missions à des organismes publics ou privés qu’elle habilite2. En Auvergne-Rhône-Alpes, cet opérateur est l’Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication (EIRAD), retenue par marché public4.

Pour chaque cas de dengue, de chikungunya ou de Zika, l’ARS fait rechercher le moustique autour des lieux fréquentés par le malade. S’il est présent, l’opérateur détruit ou traite les gîtes larvaires et pulvérise un insecticide contre les adultes, après avoir prévenu le maire et les habitants4. Le traitement couvre un rayon de 150 mètres ; en Île-de-France, il se fait entre minuit et 5 heures du matin7.

Ces opérations ne sont pas rares. Entre le 1er mai et le 20 septembre 2026, Santé publique France a recensé en France hexagonale 13 épisodes de transmission locale du chikungunya (90 cas) et 4 de dengue (6 cas)9. Notre guide des maladies transmises par le moustique tigre décrit les symptômes qui doivent faire consulter un médecin.

L’ARS n’intervient pas pour le confort. L’ARS Île-de-France précise que la démoustication destinée à réduire les piqûres, sans risque de maladie, n’est pas de sa compétence : elle revient aux particuliers ou aux collectivités8.

Le maire : pouvoirs de police et arrêtés municipaux

Le maire est chargé d’empêcher l’implantation et le développement des moustiques vecteurs sur sa commune, au titre de ses compétences d’hygiène et de salubrité. L’article R1331-13 du code de la santé publique, créé par le décret de 2019, lui donne quatre leviers3 :

  • Informer la population sur les mesures de prévention et mener des campagnes de sensibilisation.
  • Repérer, traiter et contrôler les sites publics qui favorisent les moustiques, dans les zones urbanisées.
  • Intégrer un volet de lutte antivectorielle dans le plan communal de sauvegarde.
  • Prescrire aux propriétaires les mesures nécessaires lorsque des moustiques vecteurs se développent chez eux, en zone urbanisée.

Ces pouvoirs sont anciens : le Conseil d’État les reconnaît depuis 1909. Au nom de la salubrité publique (article L2212-2 du code général des collectivités territoriales), le maire peut prendre des arrêtés généraux contre la prolifération des moustiques, et s’appuyer sur la police des cimetières (article L2213-8)10.

Le règlement sanitaire départemental complète ces outils : ses articles 12, 29 et 36 visent les citernes d’eau de pluie, l’évacuation des eaux pluviales et les réserves d’eau10. Face à une nuisance, le maire doit intervenir auprès des propriétaires ou occupants des terrains concernés, et agir aussi sur l’espace public dont il a la charge4.

Départements, EID et arrêtés préfectoraux

Les départements luttent contre les moustiques qui gênent, pas contre les maladies. La loi du 16 décembre 1964 leur permet de délimiter, par arrêté préfectoral, des zones de lutte contre les moustiques, où ils accompagnent les communes ; le financement est alors partagé entre les communes et le département selon une règle fixée par ce dernier4. Cinq départements de Rhône-Alpes et la métropole de Lyon en ont créé, avec l’EIRAD comme opérateur4.

Les ententes interdépartementales pour la démoustication (EID) sont les opérateurs historiques de cette lutte. L’EID Méditerranée, qui travaille pour 6 départements et 220 communes, cherche à maintenir la gêne due aux moustiques des étangs et lagunes à un seuil tolérable, pas de les éradiquer11. En milieu naturel, elle n’utilise qu’un seul produit, le Bti, un larvicide biologique qui agit sur les larves par ingestion12.

Le préfet prépare la réponse à une épidémie avec un dispositif ORSEC dédié2 et fait surveiller les moustiques autour des aéroports internationaux4.

Ce qu’une mairie peut faire contre le moustique tigre

Une mairie efficace ne cherche pas à tuer les moustiques qui volent : elle supprime les lieux où ils naissent sur les espaces qu’elle gère. Le guide technique de l’EIRAD et de la FREDON Auvergne-Rhône-Alpes, tiré de l’expérience de 13 communes pilotes, présente la suppression des gîtes comme la solution la plus durable et la plus efficace10. Le même guide déconseille aux collectivités les insecticides contre les adultes, qui relèvent des ARS10.

  1. Désigner un binôme référent, un élu et un agent technique, et former chaque année les agents d’accueil qui reçoivent les plaintes10.
  2. Visiter tous les espaces communaux : bâtiments, centre technique et ses stocks, écoles, cimetière, jardins partagés, voirie10.
  3. Entretenir chéneaux, gouttières et toits au moins une fois par an, surtout sur les bâtiments fréquentés par les enfants10.
  4. Traiter les avaloirs à décanteur avec un larvicide biologique toutes les 5 à 6 semaines, de mai à octobre, ou combler le décanteur de gravier quand l’ouvrage le permet10. Notre fiche sur les bouches d’égout et avaloirs explique pourquoi ils abritent tant de larves.
  5. Équiper le cimetière : bacs de sable ou de gravier à chaque point d’eau, affiches aux entrées, consigne de remplir vases et coupelles à ras bord10. Voyez notre page sur les cimetières et la gestion des soucoupes.
  6. Prévoir les nouveaux aménagements sans eau stagnante : pente des terrasses sur plots, drainage des toits terrasses, choix de plantes qui ne retiennent pas l’eau10.
  7. Communiquer et évaluer : bulletin municipal et affiches, puis bilan en fin de saison en comptant les gîtes neutralisés10.

Retour d’expérience

Saint-Bernard, dans l’Ain : des chéneaux redressés et des regards remplis de sable

À Saint-Bernard, la commune a fait vider et redresser les chéneaux de ses bâtiments, à commencer par l’école et le restaurant scolaire, où les agents trouvaient le plus de moustiques10.

Elle a aussi rempli de sable plusieurs regards de descentes d’eau pour qu’aucune poche d’eau ne subsiste. L’élu chargé du dossier décrit une action rapide, qui mobilise peu les agents10.

Le moustique ignore les limites communales : le guide conseille d’agir avec les communes voisines, si possible via l’intercommunalité10. Pour les traitements chez les particuliers, notre page sur la démoustication d’un jardin particulier explique ce qu’on peut attendre d’un professionnel.

Ce que doivent faire les habitants

Les habitants font l’essentiel du travail, parce que le moustique tigre pond surtout chez eux. Selon l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur, 80 % de ses gîtes larvaires se trouvent dans l’habitat individuel, et il reste la plupart du temps dans un rayon de 150 mètres autour de son lieu de naissance13. Les moustiques qui vous piquent sont donc nés chez vous ou chez un voisin.

  • Videz ou supprimez les coupelles sous les pots et les vases, ou remplissez-les de sable pour garder l’humidité sans eau stagnante14.
  • Rangez à l’abri de la pluie les récipients de jardinage et les jouets14.
  • Couvrez les bidons de récupération d’eau d’une moustiquaire ou d’un tissu14.
  • Curez les gouttières pour que l’eau s’écoule14.

Il suffit qu’un seul voisin ne suive pas ces gestes pour que les moustiques reviennent, rappelle Service-public.fr14. Pour faire le tour de votre terrain, notre guide des gîtes larvaires du jardin liste les endroits à vérifier. Et si les piqûres continuent malgré tout, la page jardin infesté de moustiques tigres aide à trouver le gîte caché et à en parler avec les voisins.

Comment signaler un moustique tigre ou une nuisance ?

Pour signaler un moustique tigre, utilisez le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr. Il faut une photo du moustique et répondre à trois questions14. Le portail recueille en priorité les signalements venant de communes non colonisées, pour suivre le front de progression ; ceux des communes déjà colonisées sont conservés pour des études ultérieures6.

À savoir : un signalement sur le portail ne déclenche pas de démoustication6. Il sert à orienter la surveillance des opérateurs. Pour une nuisance dans votre quartier, adressez-vous à la mairie, qui peut agir sur l’espace public et auprès des propriétaires3.

Si vous avez de la fièvre après des piqûres, pendant la saison du moustique, consultez votre médecin : ce sont les cas confirmés, signalés à l’ARS, qui déclenchent la recherche du moustique autour du domicile4. En cas de signes graves, appelez le 15.

Peut-on se débarrasser du moustique tigre dans une ville ?

Non, on ne fait pas disparaître le moustique tigre d’une ville où il est installé ; on peut en revanche réduire fortement sa nuisance. Le guide des communes pilotes juge l’éradication illusoire10. La lutte vise à maintenir la densité de l’espèce au plus bas en réduisant le nombre de gîtes, plutôt qu’à tuer des moustiques piqueurs10.

La nébulisation ne change pas ce constat : son effet dure une à deux heures, et une nouvelle population recolonise la zone au bout d’une dizaine de jours7. Notre page sur le moustique tigre explique son cycle et pourquoi ses œufs passent l’hiver.

Le moustique tigre dans les grandes villes

La date d’arrivée varie beaucoup d’une ville à l’autre. Pour chaque ville, l’année indiquée est celle où la colonisation du département a été constatée sur les cartes du ministère de la Santé5.

Questions fréquentes sur la lutte contre les moustiques en commune

La mairie peut-elle obliger un voisin à supprimer ses eaux stagnantes ?

Oui, en zone urbanisée. Le maire peut prescrire aux propriétaires les mesures nécessaires lorsque des moustiques vecteurs se développent sur leur terrain3, et le règlement sanitaire départemental encadre les citernes et les réserves d’eau10.

Qui paie la lutte contre les moustiques ?

Chaque acteur finance sa mission. Les interventions autour des cas sont organisées par l’ARS ; dans les zones de lutte délimitées par arrêté préfectoral, le coût est partagé entre les communes et le département4. La démoustication de confort relève des particuliers ou des collectivités qui la commandent8.

Sources

  1. Décret n° 2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles, Journal officiel du 31 mars 2019, et sa notice, legifrance.gouv.fr.
  2. Code de la santé publique, articles R3114-9 à R3114-14, « Maladies transmises par des insectes », version issue du décret du 29 mars 2019, legifrance.gouv.fr.
  3. Code de la santé publique, article R1331-13, en vigueur depuis le 1er avril 2019, legifrance.gouv.fr.
  4. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : une compétence partagée », fiche pratique, juillet 2022, publiée sur la plateforme AgirMoustique, agirmoustique.fr.
  5. Ministère chargé de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », sante.gouv.fr.
  6. Anses, portail de signalement du moustique tigre, page d’accueil, consultée le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr.
  7. Agence régionale de santé Île-de-France, « Lutte contre le moustique tigre à Paris et en Île-de-France : tout savoir sur la démoustication », mise à jour du 18 septembre 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
  8. Agence régionale de santé Île-de-France, « Foire aux questions. Lutte contre la prolifération du moustique tigre : la démoustication », mise à jour du 18 septembre 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
  9. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  10. EIRAD et FREDON Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique-tigre : mettre en place un plan de lutte adapté à ma commune », guide technique, juillet 2022, avec le soutien de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, agirmoustique.fr.
  11. EID Méditerranée, page d’accueil (missions et chiffres clés), consultée le 30 septembre 2026, eid-med.org.
  12. EID Méditerranée, « Traitements antilarvaires », consultée le 30 septembre 2026, eid-med.org.
  13. Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Recommandations générales concernant le moustique tigre à l’attention du grand public », mai 2021, paca.ars.sante.fr.
  14. Service-public.fr, « Présence du moustique tigre : informations pratiques et conseils », 11 mai 2026, service-public.gouv.fr.