En bref
Le moustique tigre vit à Nice depuis plus de vingt ans : il est arrivé d’Italie par l’est des Alpes-Maritimes, où il a été observé pour la première fois en France, à Menton, en 2004. En 2026, 141 des 163 communes du département sont reconnues colonisées par l’Anses. Nice a connu en 2010 les deux premiers cas de dengue contractés en France métropolitaine, et 22 cas de chikungunya locaux en 2025. La Ville a son propre plan de lutte et un formulaire de signalement ; l’ARS et l’EID Méditerranée interviennent autour des malades. À Nice, l’été est très sec : ce sont l’arrosage, les soucoupes des balcons et les cuves qui entretiennent les larves, puis les pluies d’automne.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Nice ?
Les Alpes-Maritimes sont le premier département français où le moustique tigre s’est installé durablement. L’EID Méditerranée, l’opérateur public de démoustication du littoral, rappelle qu’il a été observé pour la première fois en France à Menton, en 2004, après être arrivé d’Italie, où il vivait déjà depuis plus de trente ans2. De l’est du département, il a gagné tout le littoral azuréen, Nice comprise.
Un plan départemental de prévention, de surveillance et de lutte contre Aedes albopictus, le nom savant du moustique tigre, existe depuis 2006, et un arrêté préfectoral classe les Alpes-Maritimes en zone de lutte antivectorielle14. Vingt-deux ans après Menton, la carte de l’Anses compte 141 communes colonisées sur les 163 du département1. Notre carte du moustique tigre en France montre la progression département par département depuis 2004.
Aujourd’hui, plus de 97 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur vivent au contact du moustique tigre, selon l’ARS6.
Ce que fait la Ville de Nice
La Ville de Nice a lancé en 2025 un plan de lutte contre les moustiques piloté par son Agence de sécurité sanitaire, environnementale et du risque3. Le plan a démarré par une expérimentation de cinq mois dans deux secteurs : Cimiez et le Port avec la colline du Château3.
- Des pièges : 60 pièges pondoirs passifs et 4 pièges « innovants » pour suivre les populations de moustiques3.
- Une cartographie : les zones de nuisance et les gîtes larvaires, avaloirs et eaux stagnantes compris, sont relevés et mis à jour tous les quinze jours, et les gîtes sont traités au même rythme3.
- Une veille dans les eaux usées : une analyse hebdomadaire y recherche le virus de la dengue3.
- De la recherche : une thèse menée de 2025 à 2027 avec l’Université Côte d’Azur et le CHU évalue le risque vectoriel et la nuisance3.
- De la sensibilisation : campagne d’été, opérations dans la rue les 27 et 28 juin 2025, interventions dans les écoles et les centres de loisirs3.
La Ville annonçait en juillet 2025 une extension à d’autres quartiers à partir de 2026 si les résultats étaient positifs3. Aucun bilan de cette extension ne figurait sur nice.fr au 30 septembre 2026. En parallèle, l’ARS a confié au Comité départemental d’éducation pour la santé (CODES 06) l’action « Mission Zéro Moustique », des stands et des ateliers au printemps et en septembre, dont Nice fait partie des communes partenaires15. Pour comprendre le partage des rôles entre mairie, ARS et opérateur, voyez notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre.
Qui intervient autour des malades : l’ARS et l’EID Méditerranée
La démoustication par insecticide, dans les Alpes-Maritimes, est décidée par l’ARS PACA et réalisée par l’EID Méditerranée, qui assure pour son compte la surveillance et la lutte antivectorielle6. Elle vise les moustiques adultes autour des cas de dengue, de chikungunya ou de Zika, pour éviter qu’ils ne transmettent le virus à d’autres personnes. L’ARS le dit clairement : ce type d’intervention se justifie lors de la détection de cas, et les signalements de simple prolifération vont d’abord au maire de la commune7.
L’épisode d’Antibes, en 2025, montre l’ampleur que peut prendre ce dispositif. La préfecture décrivait des enquêtes en porte-à-porte pour repérer les malades, des traitements ciblés autour des cas confirmés puis un traitement « élargi » programmé par l’EID12. Pour la première fois, l’alerte FR-Alert a été utilisée, avec 330 000 messages envoyés8.
Dengue, chikungunya : quels cas à Nice et dans les Alpes-Maritimes ?
Nice a une place à part dans l’histoire de ces maladies en France : les deux premiers cas de dengue contractés sur le sol métropolitain y ont été diagnostiqués en septembre 2010, preuve que le virus avait circulé localement par le moustique tigre11. Depuis, la région est la plus touchée de l’Hexagone. En 2024, les Alpes-Maritimes ont compté 17 cas autochtones de dengue, sur 76 en PACA4.
L’année 2025 a battu tous les records. Le département a enregistré 9 épisodes de chikungunya et 170 cas contractés sur place, dont 144 à Antibes, 22 à Nice, 14 à Cagnes-sur-Mer et 14 à La Gaude8. Pour la première fois, l’Établissement français du sang a sécurisé les dons de sang sur l’ensemble du département à cause du chikungunya8.
| Commune | Cas |
|---|---|
| Antibes | 144 |
| Nice | 22 |
| Cagnes-sur-Mer | 14 |
| La Gaude | 14 |
| Saint-Jeannet, Vallauris | 4 chacune |
| Villeneuve-Loubet | 3 |
Certains cas ont été exposés dans plusieurs communes, d’où un total par commune supérieur à 170. La saison 2026 est plus calme sur la Côte d’Azur. Au 17 août, aucun cas autochtone n’avait été détecté en PACA ; les Alpes-Maritimes comptaient 2 cas importés de dengue et 3 de chikungunya depuis le 1er mai9. Au 21 septembre, le seul épisode de la région concernait la dengue dans les Bouches-du-Rhône10. La surveillance renforcée se poursuit jusqu’à fin novembre9.
Fièvre brutale, douleurs articulaires, éruption : la préfecture des Alpes-Maritimes demande de consulter son médecin traitant sans attendre et, si l’on est malade, de limiter ses déplacements pendant une semaine, le temps où l’on peut transmettre le virus aux moustiques12. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes.
Pourquoi le climat niçois change la donne
À Nice, ce n’est pas la pluie d’été qui remplit les gîtes. La station Météo-France de l’aéroport relève en moyenne 13,6 mm de pluie en juillet et 17,2 mm en août, sur deux jours de pluie environ par mois13. Pendant la période où le moustique tigre est le plus actif, l’eau stagnante des jardins niçois vient donc surtout de l’arrosage : soucoupes des jardinières, goutte-à-goutte qui déborde, bassins, cuves remplies au jet.
L’automne renverse la situation. Octobre et novembre sont les mois les plus arrosés, avec 127,9 et 138,4 mm en moyenne, et trois à cinq jours par mois où il tombe au moins 10 mm13. Ces averses remplissent d’un coup tout ce qui traîne dehors alors que la saison n’est pas finie : la température moyenne de novembre à Nice (13,3 °C) reste proche de celle d’avril (14,1 °C), et les gelées se comptent sur à peine un jour par an13. Pour tout savoir sur l’espèce, son cycle et sa saison, lisez notre fiche sur le moustique tigre.
Où pond-il dans un jardin ou sur un balcon niçois ?
La Ville de Nice publie la liste des objets à vider, ranger ou fermer, et elle ressemble trait pour trait à l’habitat niçois : soucoupes, pots à réserve d’eau, pieds de parasol, boutures, plis de bâche, pluviomètres4. L’enjeu est chez vous : en ville, l’ARS estime que 80 % des gîtes larvaires se trouvent dans les espaces privés7.
- Les soucoupes et les pots à réserve d’eau : premiers gîtes des balcons fleuris, arrosés tous les jours en été. Voici comment traiter les soucoupes et les vases sans priver vos plantes.
- Les cuves et récupérateurs : dans les jardins en restanques, où l’on stocke l’eau pour passer l’été, la Ville demande de fermer hermétiquement récupérateurs, cuves et fûts4. Notre page sur le récupérateur d’eau comme gîte larvaire détaille les points faibles.
- Les piscines, bassins et fontaines : la Ville cite les piscines, les bassins d’ornement, les pompes de relevage et les évacuations de fontaines extérieures4. Une piscine de villa mal entretenue à la fin de l’été devient un réservoir : voyez comment repérer les larves de moustiques dans une piscine.
- Les siphons, grilles et chéneaux : siphons d’évier extérieurs, bouches d’évacuation, gouttières à grille et chéneaux de toit sont à dégager4. Ces points d’eau cachés sont détaillés dans notre guide sur les avaloirs, siphons et bouches d’égout.
Fin septembre, c’est le bon moment pour faire le tour : les orages d’octobre vont remplir tout ce qui n’a pas été vidé ou rangé.
Qui contacter et comment signaler à Nice ?
À Nice, une gêne ou un foyer de moustiques se signale à la Ville, via le formulaire en ligne « Signalement moustiques » du portail des démarches de nice.fr5. La Ville l’exploite dans le cadre de son plan et peut vous recontacter ; le formulaire demande votre adresse, un courriel et un téléphone5. C’est la démarche que recommande l’ARS : les signalements de prolifération vont en priorité au maire7.
- Allo Mairie : 3906, du lundi au vendredi de 8 h à 18 h et le samedi de 8 h 30 à 12 h3.
- ARS PACA : 04 13 55 80 10, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h, pour les questions sur la surveillance et les traitements autour des malades6.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais un formulaire de signalement.
Le portail national de l’Anses sert à repérer le moustique tigre là où il n’est pas encore connu : utile si vous résidez dans l’une des 22 communes du département encore absentes de la liste1.
Sources
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, « Communes colonisées », carte actualisée le 29 avril 2026, signalement-moustique.anses.fr.
- EID Méditerranée, « Moustique tigre », consulté le 30 septembre 2026, eid-med.org.
- Ville de Nice, « Plan de lutte contre les moustiques », mise à jour du 9 juillet 2025, nice.fr.
- Ville de Nice, « Les bons gestes pour lutter contre les moustiques », mise à jour du 9 juillet 2025, nice.fr.
- Ville de Nice, formulaire « Signalement moustiques », portail Mes démarches, consulté le 30 septembre 2026, formulaires.mesdemarches.nice.fr.
- Agence régionale de santé PACA, « En 2026 : mobilisation renforcée contre le moustique tigre ! Activation du dispositif de surveillance et de lutte contre les maladies transmises par le moustique tigre », 7 mai 2026, paca.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé PACA, « Le rôle des collectivités : de la lutte contre le moustique tigre à la protection de la population », mise à jour du 18 juin 2026, paca.ars.sante.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Paca. Bilan 2025 », bulletin régional du 4 mai 2026, santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Surveillance épidémiologique des arboviroses, point au 17 août 2026 », édition Provence-Alpes-Côte d’Azur, 19 août 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- La Ruche G., Souarès Y., Armengaud A. et al., « First two autochthonous dengue virus infections in metropolitan France, September 2010 », Eurosurveillance, 2010, 15(39), DOI 10.2807/ese.15.39.19676-en.
- Préfecture des Alpes-Maritimes, « Chikungunya à Antibes : le point sur la situation », 23 septembre 2025, alpes-maritimes.gouv.fr.
- Météo-France, fiche climatologique Nice (06), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Ville de Cannes, « Lutte contre le moustique tigre », consulté le 30 septembre 2026, cannes.com.
- CODES 06, « Mission Zéro Moustique », action confiée par l’ARS PACA, consulté le 30 septembre 2026, codes06.org.








