En bref

En hiver, les moustiques tigres adultes ont disparu : l’espèce passe la mauvaise saison sous forme d’œufs collés aux parois des récipients, en pause jusqu’au printemps. Les autorités sanitaires françaises surveillent le moustique tigre du 1er mai au 30 novembre, la période de son activité. Les moustiques d’octobre et de novembre sont donc les derniers adultes de l’année, et ce sont eux qui pondent les œufs de l’hiver. Le bon moment pour vider, frotter et ranger les contenants, c’est maintenant, puis une seconde fois avant les premières éclosions de mars.

1er mai au 30 novembrela période d’activité du moustique tigre retenue par les ARS1
13 h 30de jour : sous ce seuil, la moitié des œufs pondus attendent le printemps6
20 à 26 semainespassées par les œufs d’hiver sur leur paroi6
Début marsles premières larves de l’année dans le sud de la France6

Quelle est la saison du moustique tigre en France ?

En France métropolitaine, la saison du moustique tigre va du printemps à la fin de l’automne. Les Agences régionales de santé (ARS) mènent chaque année une surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre, une période qui correspond à l’activité du moustique tigre12. L’adulte réapparaît chaque année à la fin du printemps3.

Le pic tombe en plein été. Dans le nord de l’Italie, un climat proche du nôtre, les femelles adultes abondent de mai à septembre avec un maximum fin juillet ; en Grèce, les pontes s’étalent de mi-avril à décembre et sont les plus nombreuses de mi-juillet à la fin de l’automne4. Les dates exactes changent d’une année à l’autre. En 2026, la sécheresse et les fortes chaleurs ont retardé le développement du moustique tigre en Auvergne-Rhône-Alpes, puis les pluies de fin d’été ont ramené les densités au niveau de 2025 à la même période1.

Pourquoi y a-t-il encore des moustiques en octobre et en novembre ?

Des moustiques piquent encore en octobre parce que la saison du moustique tigre court officiellement jusqu’au 30 novembre1. Tant qu’il fait doux, les femelles nées en septembre vivent leurs quatre à six semaines d’adulte3, piquent et pondent. La durée de vie d’un moustique explique pourquoi une génération née fin septembre peut encore piquer à la Toussaint.

Le moustique tigre n’est pas le seul en cause. Le moustique commun (Culex pipiens) est abondant en été et en automne, et ses larves se développent jusqu’aux premières gelées5. Un moustique brun et terne qui pique le soir, en octobre, est souvent un moustique commun ; le guide de la différence entre moustique commun et moustique tigre aide à trancher.

En pratique : un automne doux prolonge la saison. Tant que vous vous faites piquer au jardin, continuez à vider les récipients chaque semaine, comme en été.

Ce qui se passe à l’automne : les jours raccourcissent, les œufs se mettent en pause

À l’automne, le moustique tigre prépare l’hiver en pondant des œufs en diapause, une pause du développement qui les empêche d’éclore avant le printemps, même s’ils sont mouillés. Le signal n’est pas le froid mais la durée du jour : les œufs pondus à la fin de l’été ou au début de l’automne, quand les journées raccourcissent, entrent en diapause4. Le seuil se situe en général sous 13 à 14 heures de jour4.

Étude de terrain, 2015

Deux automnes de pontes suivies dans le sud de la France

Des chercheurs ont relevé chaque semaine les œufs d’une population méditerranéenne de moustiques tigres, puis testé leur éclosion6. La moitié des œufs pondus entraient en diapause quand la journée tombait à 13 h 30 de lumière, ce qui arrivait le 25 août. Le 11 septembre, la moitié des œufs présents sur le terrain étaient déjà engagés dans cette pause.

La part d’œufs en diapause montait en flèche en septembre, jusqu’à 95 % à la fin du mois, tandis que le nombre d’œufs pondus chutait après la mi-septembre6. Autrement dit, les œufs qui dormiront tout l’hiver dans vos soucoupes se pondent entre la fin août et octobre, bien avant les premiers froids.

Ces œufs sont plus résistants que ceux de l’été : ils supportent mieux la sécheresse et le froid. Le guide des œufs de moustique tigre montre à quoi ils ressemblent et comment ils tiennent sur la paroi.

Quand les moustiques disparaissent-ils ?

Les moustiques tigres adultes disparaissent avec les premiers froids durables de l’automne ; la surveillance sanitaire s’arrête le 30 novembre2. L’ECDC, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, observe peu d’activité des adultes sous 9 °C ; par temps frais, ils cherchent les recoins plus chauds, y compris à l’intérieur des bâtiments4. Aucune date fixe : un automne doux sur le littoral méditerranéen retarde la fin de saison, un coup de froid précoce l’avance.

Il y a une exception à surveiller. En Italie, des populations de moustiques tigres montrent des signes d’acclimatation au froid au stade adulte et restent actives tout l’hiver4. En France, la règle reste l’hivernage sous forme d’œuf.

Où sont les moustiques en hiver ?

En hiver, le moustique tigre est au jardin, mais sous forme d’œufs : des grains noirs de moins d’un millimètre, collés juste au-dessus de l’ancienne ligne d’eau dans les seaux, soucoupes, pneus, jouets ou gouttières. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes le rappelait en septembre 2026 : les œufs pondus dans les récipients capables de retenir l’eau peuvent survivre à la mauvaise saison1. Dans l’étude méditerranéenne, ils restaient 20 à 26 semaines sur leur paroi avant d’éclore6.

Le gel ne suffit pas à les tuer. En laboratoire, des œufs européens en diapause ont supporté -10 °C pendant 12 à 24 heures ; il a fallu descendre à -15 °C pour qu’aucun n’éclose7. Pour que l’espèce s’installe, une moyenne hivernale au-dessus de 0 °C suffit à ses œufs4 : un hiver français ordinaire ne vide donc pas les récipients oubliés.

Le moustique commun hiverne autrement. Chez lui, seules les femelles fécondées passent l’hiver, adultes, dans des abris à l’écart du gel : caves, grottes, bunkers ou terriers5. Elles se réveillent au printemps, quand la température et la durée du jour augmentent5.

Comment les moustiques passent l’hiver
EspèceForme en hiverOù
Moustique tigreŒufs en diapauseParois des récipients
Moustique communFemelles adultesCaves, garages, abris
Commun, forme molestusAdultes actifsLieux sombres et tièdes

Pourquoi voit-on encore des moustiques dans la maison en hiver ?

Un moustique qui vous pique dans la maison en décembre est presque toujours un moustique commun, puisque le moustique tigre passe l’hiver en œuf. Les femelles du moustique commun hivernent dans les caves et les abris où il ne gèle pas5, souvent sous nos maisons. Une forme particulière, dite molestus, n’a même pas de pause hivernale obligatoire : elle se reproduit tout l’hiver dans les lieux urbains sombres et tièdes où il reste de l’eau, et pique volontiers l’homme à l’intérieur. Elle peut aussi hiverner dans une cave non chauffée ou un local du même genre, comme un garage5.

Pour trouver et chasser ce visiteur, le guide du moustique dans la chambre détaille où il se cache et comment l’empêcher d’entrer.

Les gestes d’automne : vider, brosser, retourner, ranger

Le geste le plus utile de l’automne consiste à vider chaque récipient, à en frotter la paroi, puis à le ranger à l’abri ou à le retourner. Vider ne suffit pas : les œufs restent collés et attendent la prochaine pluie. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes insiste : supprimer aujourd’hui les lieux de ponte limite le moustique tigre maintenant et prépare aussi la saison prochaine1.

  1. Videz l’eau sur la terre de tout ce qui en contient : seaux, arrosoirs, soucoupes, jouets, brouettes, bâches1.
  2. Brossez les parois avec une brosse dure, en insistant sur la bande au-dessus de l’ancienne ligne d’eau, là où les œufs sont collés. Les services sanitaires américains recommandent de vider et frotter, retourner, couvrir ou jeter tout ce qui retient l’eau8.
  3. Retournez ou rangez à l’abri de la pluie tout ce qui ne sert plus pendant l’hiver1. Un pot retourné ne se remplit plus.
  4. Jetez ce qui ne sert à rien : pneus, bidons, vieux jouets. L’EID Méditerranée résume la démarche en cinq verbes : vider, couvrir, curer, jeter, ranger9.
  5. Couvrez les récupérateurs d’eau d’un couvercle hermétique et remplissez de sable les soucoupes des pots qui restent dehors1.
  6. Curez les gouttières après la chute des feuilles : l’ARS recommande de les entretenir pour que l’eau s’écoule1. La fiche sur les gouttières, gîte larvaire caché montre les points à vérifier.
Pots de fleurs, seaux et arrosoir retournés contre le mur d’un abri de jardin en bois, dans un jardin en hiver par temps gris
Seaux, pots et arrosoir retournés contre l’abri : sans eau, les œufs collés à leurs parois ne pourront pas éclore au printemps.

À ne pas faire : vider un seau à l’automne puis le laisser dehors, ouverture vers le ciel. Les œufs de septembre sont toujours sur la paroi, et la première grosse pluie de printemps les remettra en eau.

À partir de quand les moustiques reviennent-ils au printemps ?

Les œufs du moustique tigre éclosent au printemps, quand la durée du jour, la température, l’eau et la nourriture redeviennent favorables4. Dans le sud de la France, les toutes premières larves ont été trouvées dans la première quinzaine de mars, deux années de suite6. Cette première génération reste environ sept semaines à l’état de larve6, ce qui explique que les adultes ne réapparaissent qu’à la fin du printemps3.

Ce délai est une chance. Pour les auteurs de l’étude, ces semaines passées à l’état d’œuf puis de larve offrent une large fenêtre pour agir au début du printemps6. Un second tour du jardin, fin février ou début mars, rattrape ce qui a échappé à l’automne. Les étapes suivantes sont décrites dans le cycle de vie du moustique tigre.

Mains gantées qui frottent à la brosse l’intérieur d’une soucoupe en terre cuite, sur une table de jardin au printemps
Au printemps, frotter les soucoupes restées dehors décolle les œufs qui ont passé l’hiver sur la paroi.

C’est aussi le moment d’installer un piège pondoir, avant les premières pontes de la saison, puis de l’entretenir jusqu’à l’automne.

Le calendrier du moustique tigre, mois par mois

Le moustique tigre au fil de l’année en France métropolitaine
PériodeAu jardinVotre geste
Décembre à févrierŒufs en diapauseRanger, retourner
Mars et avrilPremières larvesBrosser, couvrir
Mai et juinPremiers adultesVider chaque semaine
Juillet et aoûtPic d’activitéVider chaque semaine
Septembre et octobrePontes pour l’hiverVider, brosser, ranger
NovembreDerniers adultesCurer les gouttières

Ce tableau résume les sources citées plus haut : surveillance du 1er mai au 30 novembre1, premières larves début mars et bascule des pontes vers la diapause fin août6, pic d’été4. Les dates varient selon les régions et les années.

Hiver (décembre à février)

Vérifiez que rien ne s’est rempli pendant les pluies : pots, seaux, bâches, jouets oubliés. Rangez à l’abri ce qui traîne encore.

Printemps (mars à mai)

Faites le grand tour du jardin avant les premières éclosions : brossez, couvrez les récupérateurs, mettez du sable dans les soucoupes. Posez les pièges pondoirs.

Été (juin à août)

Un contrôle par semaine et après chaque orage : soucoupes, bâches, jouets, regards, gouttières. Parlez-en aux voisins, le moustique tigre ne connaît pas les clôtures.

Automne (septembre à novembre)

Continuez les contrôles tant qu’il fait doux, puis videz, brossez et rangez tout ce qui ne sert plus avant l’hiver.

Questions fréquentes sur les moustiques en automne et en hiver

Le moustique tigre pique-t-il en hiver ?

En France, pas en général : il passe l’hiver sous forme d’œuf. Des populations italiennes acclimatées au froid restent actives tout l’hiver4, mais un moustique qui pique en décembre dans une maison française est bien plus souvent un moustique commun5.

À quelle température les moustiques meurent-ils ?

Il n’existe pas de seuil unique. Les adultes du moustique tigre sont peu actifs sous 9 °C4 et disparaissent avec les froids durables ; leurs œufs en diapause, eux, supportent -10 °C pendant une journée7.

Un hiver froid réduit-il les moustiques de l’été suivant ?

Pas autant qu’on l’espère. Les œufs en diapause résistent aux gelées ordinaires7. Ce qui fait la différence au printemps, c’est le nombre de récipients laissés dehors avec des œufs sur leurs parois.

Sources

  1. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : la vigilance reste de mise », 18 septembre 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
  2. Agence régionale de santé Île-de-France, « Lutte antivectorielle : l’ARS Île-de-France lance sa campagne de surveillance renforcée à partir du 1er mai 2026 », 29 avril 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
  3. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : ce qu’il faut savoir sur lui », auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr, consultée le 29 septembre 2026.
  4. European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), « Aedes albopictus, factsheet for experts », ecdc.europa.eu, consultée le 29 septembre 2026.
  5. European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), « Culex pipiens, factsheet for experts », 15 juin 2020, ecdc.europa.eu, consultée le 29 septembre 2026.
  6. Lacour G., Chanaud L., L’Ambert G., Hance T., « Seasonal synchronization of diapause phases in Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) », PLoS ONE, 2015, 10(12), e0145311, doi:10.1371/journal.pone.0145311.
  7. Thomas S. M., Obermayr U., Fischer D., Kreyling J., Beierkuhnlein C., « Low-temperature threshold for egg survival of a post-diapause and non-diapause European aedine strain, Aedes albopictus (Diptera: Culicidae) », Parasites & Vectors, 2012, 5, 100, doi:10.1186/1756-3305-5-100.
  8. Centers for Disease Control and Prevention (CDC), « Mosquito Control at Home », cdc.gov, consultée le 29 septembre 2026.
  9. EID Méditerranée, « Moustique-tigre : zéro éclosion, zéro invasion ! », 27 avril 2022, eid-med.org.