En bref

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est un petit moustique noir rayé de blanc, originaire des forêts d’Asie du Sud-Est. Arrivé en France à Menton en 2004, il est implanté dans 83 des 96 départements de métropole au 1er janvier 2026. Il mesure moins de 5 mm, se reconnaît à la ligne blanche au milieu de son dos et pique surtout le jour, dehors. Il pond dans de petites quantités d’eau stagnante, près des maisons, et vit dans un rayon d’environ 150 mètres. Il peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika s’il a d’abord piqué une personne malade. Le geste qui compte le plus contre lui : vider et frotter chaque semaine tout ce qui retient l’eau.

83 sur 96départements métropolitains colonisés au 1er janvier 20261
2004première observation en France, à Menton3
150 mle rayon dans lequel il passe sa vie6
809 casde chikungunya contractés en France hexagonale en 20259

Le moustique tigre, fiche d’identité

Le moustique tigre est une espèce de moustique invasive, de son nom scientifique Aedes albopictus, décrite en 1894 par l’entomologiste Skuse4. On l’appelle aussi moustique tigré, pour ses rayures noires et blanches5. Il figure sur la liste des 100 espèces exotiques envahissantes parmi les plus nuisibles au monde, établie par le groupe de spécialistes des espèces invasives de l’UICN7.

Cette page rassemble l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur lui, chiffres officiels à l’appui, et vous renvoie vers nos guides détaillés pour chaque question.

Le moustique tigre en un coup d’œil
CritèreMoustique tigreSource
Nom scientifiqueAedes albopictusECDC4
OrigineForêts tropicales d’Asie du Sud-EstAnses5
TailleMoins de 5 mmAnses5
CouleurNoir rayé de blancAnses5
Heures de piqûreLe jour, pics matin et soirARS Paca6
De l’œuf à l’adulte7 à 20 joursARS Paca6
Durée de vie adulteEnviron 30 joursARS Paca6
HiverSous forme d’œufEID Méditerranée3
Maladies en FranceDengue, chikungunya, ZikaAnses5

Seule la femelle pique : elle a besoin d’un repas de sang pour mener ses œufs à maturité19. Mâles et femelles se nourrissent aussi de nectar19. Une femelle adulte vit environ un mois6 ; notre article sur la durée de vie d’un moustique compare le mâle, la femelle et les autres espèces.

D’où vient le moustique tigre et comment est-il arrivé en France ?

Le moustique tigre vient des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, et il a fait le tour du monde en voyageant dans les pneus usagés3. Stockés dehors, les pneus retiennent l’eau de pluie ; la femelle y colle ses œufs, qui supportent le voyage au sec et éclosent à l’arrivée, dès la première pluie. Le commerce des plantes en pot, comme le « lucky bamboo » vendu dans l’eau, a joué le même rôle4.

En Europe, il a été signalé pour la première fois en Albanie en 1979, puis en Italie en 1990, où il s’est installé4. La France l’a vu arriver en 2004, à Menton, dans les Alpes-Maritimes3. Il s’est ensuite propagé de proche en proche, transporté par les voitures, les trains et les cars le long des grands axes3. Sa capacité de vol ne dépasse pas 200 mètres environ4 : sans l’aide des véhicules, il n’aurait jamais traversé le pays en vingt ans.

Comment reconnaître un moustique tigre ?

Un moustique tigre se reconnaît à trois détails visibles à l’œil nu : un corps noir, des pattes rayées de blanc et une fine ligne blanche au milieu du thorax5. Il est petit : moins de 5 mm, plus petit qu’une pièce d’un centime d’euro5. Il pique en journée, alors que le moustique commun, brun et sans motif, pique surtout la nuit.

Moustique noir aux pattes baguées de blanc, posé sur une peau, sur fond vert
Un moustique noir aux pattes baguées de blanc : ce motif doit faire penser au moustique tigre, à confirmer par la ligne blanche au milieu du thorax.

Plusieurs insectes lui ressemblent, et quelques moustiques proches ne s’en distinguent qu’à la loupe4. Notre comparatif pour différencier le moustique tigre du moustique commun détaille les cinq critères, la taille comparée aux autres insectes et les sosies à connaître.

Cycle de vie et saisons du moustique tigre

Le moustique tigre passe par quatre stades : l’œuf, la larve, la nymphe, puis l’adulte. Les trois premiers vivent dans l’eau et durent en tout de 7 à 20 jours selon la température6 : en plein été, une semaine suffit pour qu’un seau oublié produise des moustiques. Une femelle pond jusqu’à 250 œufs à chaque ponte6, et elle pond plusieurs fois au cours de sa vie. Le détail de chaque stade se trouve dans notre guide du cycle de vie du moustique.

Les adultes sont actifs surtout de mai à novembre1. Quand les jours raccourcissent, les femelles pondent des œufs qui entrent en dormance et ne donneront des larves qu’au printemps suivant3. Ces œufs résistent au froid et au sec3 ; ceux des populations européennes ont supporté moins 10 °C en laboratoire4. Le calendrier du moustique tigre indique quoi faire au jardin à chaque saison, et la page sur les œufs de moustique tigre montre à quoi ils ressemblent et comment s’en débarrasser.

Le bon moment : l’automne. Les derniers adultes de l’année pondent les œufs qui écloront au printemps. Vider, frotter et ranger les récipients en octobre et en novembre réduit la première génération de l’année suivante.

Où vit le moustique tigre en France ?

Le moustique tigre est implanté dans 83 départements de France métropolitaine sur 96 au 1er janvier 202612. Début 2025, son implantation était confirmée dans 6 574 communes1. Il n’est plus une affaire du Sud : il a gagné l’Île-de-France, Paris et l’Alsace3.

La « vigilance rouge » dont parlent les médias désigne simplement un département où il est installé et se reproduit. Notre page sur la carte du moustique tigre en France retrace sa progression depuis 2004, explique les couleurs des cartes et renvoie vers la recherche par commune du portail de l’Anses.

Hors de France, l’espèce est implantée dans plus de 80 pays d’Asie, de l’océan Indien, du Pacifique, d’Afrique, du bassin méditerranéen et des Amériques20.

Où pond le moustique tigre ?

Le moustique tigre pond dans de petites quantités d’eau stagnante, presque toujours créées par l’homme : soucoupes, vases, récupérateurs d’eau de pluie, pneus, gouttières, bondes, creux d’arbres3. Moins de 10 litres lui suffisent, même d’eau propre6. Selon l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur, 80 % de ses gîtes larvaires se trouvent dans l’habitat individuel6, autrement dit dans nos jardins, sur nos terrasses et nos balcons.

Seau rempli d’eau de pluie, arrosoir, soucoupe en terre cuite pleine d’eau, vieux pneu et camion jouet dont la benne retient de l’eau, au pied d’une haie
Seau, soucoupe, pneu, jouet : chacun de ces objets peut abriter des larves de moustique tigre au bout d’une semaine d’été.

La femelle ne pond pas dans l’eau, mais sur la paroi, juste au-dessus de la surface. Les œufs éclosent quand la pluie ou l’arrosage fait monter le niveau3. D’où une règle simple : vider ne suffit pas, il faut aussi frotter la paroi. La liste des gîtes larvaires du jardin passe en revue chaque famille de points d’eau, et la check-list de l’eau stagnante au jardin aide à faire le tour de la maison sans rien oublier. Pour reconnaître ce qui nage dans un seau, voyez notre fiche sur la larve de moustique tigre.

La piqûre du moustique tigre est-elle dangereuse ?

Dans l’immense majorité des cas, une piqûre de moustique tigre n’est qu’une gêne : un bouton rouge qui démange et s’efface en quelques jours21. Le risque vient des virus qu’il peut transmettre, et il reste limité en France métropolitaine. Un moustique tigre ne naît pas porteur de virus : il le devient en piquant une personne déjà infectée, le plus souvent un voyageur revenu d’une zone où circulent la dengue ou le chikungunya12.

Le guide que faire en cas de piqûre de moustique tigre explique comment soulager la démangeaison et quels signes doivent faire consulter.

Quand consulter : une fièvre soudaine avec des douleurs articulaires ou musculaires dans les jours qui suivent des piqûres, surtout au retour d’un voyage, justifie d’appeler un médecin18. Pour une démangeaison qui gêne, demandez conseil à votre pharmacien. Gonflement du visage ou gêne pour respirer après une piqûre : appelez le 15.

Quelles maladies le moustique tigre transmet-il ?

En France, le moustique tigre peut transmettre trois maladies virales : la dengue, le chikungunya et le Zika5. En laboratoire, il s’est montré capable de transmettre au moins 22 autres arbovirus4, mais ce sont ces trois-là que surveillent les autorités sanitaires françaises chaque année.

Surveillance Santé publique France

2025, une année record, et 2026 qui continue

En 2025, la France hexagonale a compté 809 cas de chikungunya et 30 cas de dengue contractés sur place, sans voyage, donc transmis par des moustiques tigres locaux9. Pour le chikungunya, c’est un record depuis 20069.

En 2026, entre le 1er mai et le 21 septembre, Santé publique France a recensé 13 épisodes de transmission locale du chikungunya, soit 90 cas, et 4 épisodes de dengue, soit 6 cas8.

Le moustique tigre ne transmet pas le paludisme, transmis par l’anophèle13. Symptômes, délais et chiffres par maladie sont détaillés dans notre guide des maladies transmises par le moustique tigre.

Comment se débarrasser du moustique tigre ?

On se débarrasse du moustique tigre en supprimant l’eau où il pond, pas en pulvérisant les adultes. Puisqu’il vit à moins de 150 mètres de son lieu de naissance14, ceux qui vous piquent sont nés chez vous ou chez un voisin proche. L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande de faire le tour de son extérieur chaque semaine, d’avril à novembre, et après chaque pluie14.

  1. Videz et frottez les petits récipients au moins deux fois par semaine en saison : soucoupes, seaux, arrosoirs, jouets6.
  2. Couvrez les réserves d’eau et les récupérateurs d’un voile ou d’une moustiquaire bien tendue10.
  3. Curez les gouttières, regards et caniveaux pour que l’eau s’écoule10.
  4. Rangez à l’abri de la pluie tout ce qui peut se remplir10.

Notre guide jardin infesté de moustiques tigres : que faire reprend ces étapes en détail, avec les gîtes qu’on oublie le plus souvent. Les traitements insecticides organisés par les ARS se déclenchent autour des cas de dengue ou de chikungunya, pas pour le confort des habitants15 ; la page sur la démoustication d’un jardin de particulier explique pourquoi un traitement chimique chez soi ne règle rien durablement.

Comment se protéger des piqûres de moustique tigre ?

Pour se protéger des piqûres, l’Assurance maladie retient trois mesures : des vêtements couvrants, des moustiquaires aux fenêtres et un répulsif cutané sur la peau découverte10. Depuis l’avis du Haut Conseil de la santé publique du 28 mai 2026, trois substances seulement sont recommandées pour les répulsifs cutanés : le DEET, l’IR3535 et l’icaridine11. Pour un enfant, une femme enceinte ou une personne fragile, demandez conseil à votre pharmacien.

Le moustique tigre piquant de jour, avec un pic au lever du jour et au crépuscule6, c’est en fin de journée au jardin que la protection compte le plus. Ventilateur et raquette électrique servent d’appoint à l’intérieur10. Notre guide pièges et répulsifs contre les moustiques fait le tri entre ce qui protège et ce qui ne sert à rien. Dans un essai mené en France, des quartiers équipés de pièges à forte densité ont compté de 36 à 64 % de moustiques tigres en moins dans certaines communes16 : le piégeage aide, surtout à l’échelle d’une rue, mais ne remplace pas la chasse aux points d’eau.

Moustique tigre : six idées reçues à oublier

  • « Il meurt en hiver. » Les adultes disparaissent, mais l’espèce passe l’hiver sous forme d’œufs collés aux parois des récipients, qui éclosent au printemps3.
  • « Il ne vit que dans le Sud. » Il est implanté dans 83 départements métropolitains en 2026, jusqu’en Île-de-France et en Bretagne1.
  • « Il vient des marais. » Le moustique tigre est un moustique des villes et des jardins : il pond dans de petits récipients, et 80 % de ses gîtes se trouvent chez les particuliers6.
  • « Chaque piqûre peut rendre malade. » Un moustique tigre ne transmet un virus que s’il a d’abord piqué une personne infectée12. La plupart des piqûres restent sans conséquence.
  • « Des plantes, des ultrasons ou un bracelet suffisent. » Aucun de ces moyens ne figure parmi les protections retenues par l’Assurance maladie10. Notre page sur les plantes anti-moustique tigre montre ce qu’elles font vraiment.
  • « Si je le signale, la mairie viendra traiter. » Un signalement sur le portail de l’Anses sert à suivre l’arrivée de l’espèce dans les communes non colonisées ; il ne déclenche pas de démoustication chez vous2.

Questions fréquentes sur le moustique tigre

À quelle heure pique le moustique tigre ?

Le moustique tigre pique toute la journée, avec un pic au lever du jour et un autre au crépuscule6. Il pique surtout dehors4, ce qui le distingue du moustique commun des nuits d’été.

Le moustique tigre peut-il tuer ?

La piqûre elle-même n’est pas mortelle. Les maladies qu’il peut transmettre le sont rarement : la dengue peut évoluer vers une forme sévère, surtout chez les personnes fragiles, et le chikungunya laisse parfois des douleurs articulaires pendant des mois18. Dans le monde, plus de 12 000 décès par dengue ont été notifiés à l’Organisation mondiale de la santé en 202417. La très grande majorité des malades guérit sans séquelle ; au moindre doute après des piqûres, consultez un médecin.

Faut-il signaler un moustique tigre ?

Oui, si votre commune n’est pas encore colonisée. Le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, recueille en priorité ces signalements, avec une photo de l’insecte2. Dans une commune déjà colonisée, le plus utile reste de supprimer l’eau stagnante chez vous.

Le moustique tigre entre-t-il dans les maisons ?

Il pique de préférence dehors4, mais il peut entrer par une fenêtre ouverte, surtout si des gîtes se trouvent contre la façade. Une moustiquaire aux fenêtres reste la meilleure barrière10.

Sources

  1. Service-public.fr, « Présence du moustique tigre : informations pratiques et conseils », 11 mai 2026, service-public.gouv.fr.
  2. Anses, portail de signalement du moustique tigre, page d’accueil, signalement-moustique.anses.fr, consultée le 29 septembre 2026.
  3. EID Méditerranée, « Moustique tigre », fiche de présentation de l’espèce, eid-med.org, consultée le 30 septembre 2026.
  4. European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), « Aedes albopictus, factsheet for experts », ecdc.europa.eu, consultée le 30 septembre 2026.
  5. Anses, « Le moustique tigre », 4 juillet 2025, anses.fr, consultée le 30 septembre 2026.
  6. Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Recommandations générales concernant le moustique tigre à l’attention du grand public », mai 2021, paca.ars.sante.fr.
  7. Global Invasive Species Database, groupe de spécialistes des espèces envahissantes de l’UICN, « 100 of the World’s Worst Invasive Alien Species », fiche Aedes albopictus, iucngisd.org, consultée le 30 septembre 2026.
  8. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  9. Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika. France hexagonale (Corse comprise) en 2025 », bilan national publié le 6 mai 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
  10. Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », mise à jour du 28 juillet 2026, d’après les recommandations sanitaires 2026 du Haut Conseil de la santé publique, ameli.fr.
  11. Haut Conseil de la santé publique, « Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2026 », avis du 28 mai 2026, chapitre 2 « Risques liés aux arthropodes et protection personnelle antivectorielle », hcsp.fr.
  12. Assurance maladie, « Piqûre de moustiques : maladies et mode de transmission », consulté le 28 septembre 2026, ameli.fr.
  13. Assurance maladie, « Maladies parasitaires transmises par les moustiques : paludisme, filariose lymphatique », mise à jour du 28 juillet 2026, ameli.fr.
  14. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : comment s’en débarrasser ? », 28 avril 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
  15. Agence régionale de santé Grand Est, « Foire aux questions : moustique tigre et opérations de démoustication organisées par l’ARS Grand Est », 11 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
  16. Pontifes P. A., Le Doeuff N., Perrin Y., Czeher C., Ferré J. B., Rozier Y., Foussadier R., L’Ambert G., Roiz D., « A 3-year entomological cluster randomised controlled trial to assess the efficacy of mass-trapping for Aedes albopictus control in France: The vectrap project », Acta Tropica, 2025, 270, 107810, doi:10.1016/j.actatropica.2025.107810.
  17. Organisation mondiale de la santé, « Dengue et dengue sévère », aide-mémoire, version mise à jour en août 2025, who.int.
  18. Assurance maladie, « Maladies virales : dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise, fièvre du Nil », consulté le 28 septembre 2026, ameli.fr.
  19. EID Méditerranée, « Cycle de vie / Biologie », eid-med.org, consultée le 30 septembre 2026.
  20. Anses, portail de signalement du moustique tigre, « S’informer sur le moustique tigre », signalement-moustique.anses.fr, consultée le 30 septembre 2026.
  21. Vander Does A., Labib A., Yosipovitch G., « Update on mosquito bite reaction: Itch and hypersensitivity, pathophysiology, prevention, and treatment », Frontiers in Immunology, 2022, 13, 1024559, doi:10.3389/fimmu.2022.1024559.