En bref
Le cycle de vie du moustique compte quatre stades : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte. Les trois premiers se passent dans l’eau et durent en tout de 7 à 20 jours selon la température, d’après l’Agence régionale de santé Paca. La larve grandit en moins de 10 jours en plein été, la nymphe se transforme en adulte en 2 à 3 jours, et seul l’adulte vit hors de l’eau. Chez le moustique tigre, l’œuf est collé juste au-dessus de la ligne d’eau et peut attendre plusieurs mois avant d’éclore. Vider et frotter les petits récipients au moins deux fois par semaine coupe le cycle avant que les adultes n’apparaissent.

Les 4 étapes du cycle de vie du moustique
Le moustique connaît une métamorphose complète, comme le papillon4 : seule la dernière forme vit hors de l’eau.
- L’œuf : pondu à la surface de l’eau ou, chez le moustique tigre, sur une paroi sèche juste au-dessus de l’eau. Il éclot quand il est immergé.
- La larve : elle vit dans l’eau, respire en surface et grandit en passant par quatre stades séparés par une mue1.
- La nymphe : elle ne mange plus et se transforme en adulte, toujours dans l’eau, en deux à trois jours1.
- L’adulte : il sort de l’enveloppe de la nymphe à la surface de l’eau et vole dans l’heure qui suit4.
| Stade | Où il vit | Durée |
|---|---|---|
| Œuf | Sur l’eau, ou collé au-dessus chez le moustique tigre | Éclot une fois immergé ; peut attendre plusieurs mois au sec13 |
| Larve | Dans l’eau, quatre stades | Moins de 10 jours en été, plusieurs mois en hiver1 |
| Nymphe | Dans l’eau, sans se nourrir | 2 à 3 jours1 |
| De l’œuf à l’adulte | Phase aquatique complète | 7 à 20 jours selon la température3 |
| Adulte | Hors de l’eau | Quelques semaines, détail plus bas |

L’œuf : où et quand le moustique tigre pond
La femelle du moustique tigre pond ses œufs sur la partie sèche qui borde une surface d’eau, dans toutes sortes de récipients : coupelles, vases, collecteurs d’eau de pluie, pneus, rigoles, creux d’arbres2. Elle choisit de petits volumes, souvent moins de 10 litres, même d’eau propre3.
Chaque œuf mesure environ 1 mm. Blanchâtre au moment de la ponte, il fonce dans les heures qui suivent1. Collé au-dessus de la ligne d’eau, il attend la pluie ou l’arrosage : quand le niveau monte et le recouvre, la larve peut sortir2. Ces œufs résistent plusieurs mois au froid et au sec3 : un seau rempli des semaines plus tard donne encore des larves.

Où chercher ces pontes : voyez le guide du nid de moustique tigre.
La larve : quatre mues dans l’eau
- Antennes
- Tête et yeux
- Thorax : la partie la plus large
- Soies : sentent les mouvements de l’eau
- Siphon respiratoire : il respire par ce tube
- Brosses buccales : filtrent leur nourriture
- Abdomen : huit segments
- Papilles anales : règlent l’équilibre en sels
La larve de moustique vit exclusivement dans l’eau et grandit d’environ 2 à 12 mm en quatre stades, chacun terminé par une mue1. Elle respire à la surface par un siphon placé au bout de l’abdomen, ce qui lui donne cette posture tête en bas, et plonge par saccades quand on s’approche.
Elle se nourrit en filtrant l’eau : bactéries, plancton, débris de feuilles et d’insectes1. La durée du stade larvaire dépend surtout de la température de l’eau4 : moins de 10 jours en plein été, plusieurs mois en hiver1.
Pour la reconnaître à coup sûr, voyez la fiche larve de moustique tigre.
La nymphe : la métamorphose en deux ou trois jours
- Trompettes respiratoires : elle respire à la surface
- Céphalothorax : l’adulte s’y forme
- Abdomen : se replie pour plonger
- Palettes natatoires : pour nager
La nymphe est le dernier stade aquatique : elle vit encore 2 à 3 jours dans l’eau, le temps que son corps se transforme en moustique adulte1. Elle ne mange plus4. Elle respire en surface par deux petites trompettes placées sur le thorax et reste mobile : elle plonge si on la dérange.
À la fin, la nymphe s’immobilise à la surface, son enveloppe se déchire sur le dos et l’adulte s’en dégage lentement1. Des nymphes dans un récipient annoncent donc des moustiques sous deux ou trois jours : videz sur la terre sans attendre.
Le moustique adulte et sa reproduction
- Antennes : odeurs, chaleur, humidité
- Œil composé : des centaines de facettes
- Thorax : ligne blanche sur le dos
- Balanciers : stabilisent le vol
- Ailes : une seule paire
- Stigmates : orifices pour respirer
- Abdomen : gonfle au repas de sang
- Palpes : sentent notre souffle
- Trompe : seule la femelle pique
- Pattes : six, annelées de blanc
Chez le moustique tigre, l’accouplement a lieu en vol4. Le mâle est inoffensif : il se nourrit de sucs végétaux et ne pique pas. La femelle, elle, a besoin d’un repas de sang pour mener ses œufs à maturité1. Le moustique tigre pique de jour4, avec un pic au lever du jour et au crépuscule3.
La reproduction suit ensuite un rythme appelé cycle gonotrophique : repas de sang, maturation des œufs, ponte, nouveau repas.
- Ponte : trois à cinq jours après le repas de sang4.
- Nouveau repas : possible dès vingt-quatre heures après la ponte4. Une femelle pique donc plusieurs fois au cours de sa vie.
- Cycle le plus court : 3,5 jours en moyenne à 30 °C en laboratoire6.
- Nombre d’œufs : jusqu’à 250 par ponte3.
Les femelles adultes vivent au-delà de trois semaines5 ; l’ARS retient une durée de vie d’environ 30 jours3. Pour savoir combien de temps vit un moustique adulte, mâle ou femelle, dehors ou dans une chambre, voyez l’article dédié. Voir aussi pourquoi les moustiques piquent.
Combien de temps dure le cycle de vie selon la température ?
La température de l’eau règle la vitesse de tout le cycle. Une étude de laboratoire menée sur des moustiques tigres de La Réunion, élevés à huit températures constantes, a situé le seuil de développement des larves à 10,4 °C et l’optimum vers 30 °C6.
| Conditions | Ce qui se passe | Source |
|---|---|---|
| Eau sous 10 °C environ | Les larves ne se développent plus | Étude en laboratoire6 |
| Hiver | Stade larvaire de plusieurs mois | EID Méditerranée1 |
| Printemps, automne | Jusqu’à 20 jours de l’œuf à l’adulte | ARS Paca3 |
| Été, 25 à 30 °C | Développement optimal | ECDC5 |
| 30 °C constants | 8,8 jours en moyenne | Étude en laboratoire6 |
Ce qu’il faut en retenir : en plein été, une semaine peut suffire pour qu’un récipient oublié produise des moustiques. C’est pour cela que l’ARS demande de vider les petits contenants au moins deux fois par semaine3, et pas seulement de temps en temps.
Moustique tigre et moustique commun : deux façons de pondre
Les étapes sont les mêmes pour toutes les espèces, mais la ponte diffère. Le moustique commun (Culex) pond à la surface de l’eau des œufs groupés en nacelles de 50 à 200 œufs, qui flottent1. Le moustique tigre (Aedes) pond ses œufs un par un sur un support humide qui sera inondé plus tard1.

Conséquence pratique : les œufs de Culex partent avec l’eau que l’on vide, ceux du moustique tigre restent collés à la paroi, d’où l’intérêt de frotter. Pour distinguer les adultes, voyez le comparatif pour reconnaître le moustique tigre et le moustique commun.
Que devient le moustique tigre en hiver ?
Le moustique tigre passe l’hiver sous forme d’œuf. À l’approche de l’hiver, quand les jours raccourcissent, les femelles pondent des œufs qui entrent en diapause : ils n’éclosent qu’au printemps suivant2. Le signal est la durée du jour, en général moins de 13 à 14 heures de lumière5.
Ces œufs sont solides : ceux des populations européennes supportent un coup de froid à moins 10 °C5. En Europe, la ponte s’étale de mi-avril à décembre, et l’espèce enchaîne de 5 à 17 générations par an selon le climat5. Le calendrier du moustique tigre détaille les gestes utiles mois par mois.
Où casser le cycle de vie au jardin
Le cycle se casse pendant la phase aquatique : sans eau stagnante, pas de larves, donc pas d’adultes. Selon l’ARS Paca, 80 % des gîtes larvaires du moustique tigre se trouvent dans l’habitat individuel3, c’est-à-dire dans nos jardins, et il vit la plupart du temps dans un rayon de 150 mètres3.
- Videz les petits contenants au moins deux fois par semaine : coupelles, jouets, arrosoirs, bâches3. Le cycle est ainsi interrompu avant l’émergence, même en été.
- Frottez les parois après avoir vidé, pour décrocher les œufs collés au-dessus de la ligne d’eau.
- Remplissez les soucoupes de sable humide3 au lieu de les vider sans cesse.
- Couvrez les récupérateurs d’eau de pluie d’une moustiquaire ou d’un tissu fin3.
- Vérifiez les gouttières : une pente suffisante évite que l’eau y stagne3.
- Rangez à l’abri de la pluie tout ce qui peut retenir de l’eau : pneus, seaux, jeux d’enfants3.
Attention aux points d’eau que l’on ne peut pas vider : bassin, regard, fût fixe. Pour ceux-là, le guide pour tuer les larves de moustiques naturellement présente les solutions sans produit toxique, et la liste des gîtes larvaires aide à n’en oublier aucun.
Questions fréquentes sur le cycle de vie du moustique
Où commence la vie d’un moustique ?
Dans l’eau. La vie d’un moustique commence par un œuf, qui éclot au contact de l’eau et donne une larve aquatique. Chez le moustique tigre, l’œuf est pondu sur une paroi humide, au-dessus de l’eau, et attend d’être submergé1.
Un moustique peut-il piquer plusieurs fois ?
Oui. La femelle du moustique tigre peut reprendre un repas de sang vingt-quatre heures après avoir pondu4, et elle répète le cycle plusieurs fois au cours de sa vie. Le mâle, lui, ne pique jamais.
Quand pondent les moustiques ?
En Europe, le moustique tigre pond de mi-avril à décembre, avec un pic de mi-juillet à la fin de l’automne, surtout par temps doux et pluvieux5. Chaque ponte a lieu trois à cinq jours après un repas de sang4.
Sources
- EID Méditerranée, « Cycle de vie / Biologie », eid-med.org, consultée le 28 septembre 2026.
- EID Méditerranée, « Moustique tigre », fiche de présentation de l’espèce, eid-med.org, consultée le 28 septembre 2026.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Recommandations générales concernant le moustique tigre à l’attention du grand public », mai 2021, paca.ars.sante.fr.
- TIGER, initiative trinationale d’entomologie du Rhin supérieur, « Biologie du moustique tigre », tiger-platform.eu, consultée le 28 septembre 2026.
- European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), « Aedes albopictus, factsheet for experts », ecdc.europa.eu, consultée le 28 septembre 2026.
- Delatte H., Gimonneau G., Triboire A., Fontenille D., « Influence of temperature on immature development, survival, longevity, fecundity, and gonotrophic cycles of Aedes albopictus, vector of chikungunya and dengue in the Indian Ocean », Journal of Medical Entomology, 2009, doi:10.1603/033.046.0105.








