En bref
Au 1er janvier 2026, le moustique tigre est implanté dans 83 des 96 départements de France métropolitaine, selon le portail de l’Anses et Service-public.fr. Début 2025, il en colonisait 81. Arrivé à Menton en 2004, il a gagné presque tout le pays en vingt ans. La « vigilance rouge » dont parlent les médias désigne simplement un département où il est installé et se reproduit : ce n’est pas une alerte météo, et aucun département n’en est jamais sorti. Pour savoir si votre commune est touchée, consultez la carte du ministère de la Santé ou la recherche par commune du portail de l’Anses. Si vous voyez un moustique tigre dans une commune qui n’est pas encore colonisée, signalez-le avec une photo.
Le moustique tigre en France en 2026 : 83 départements colonisés
Le moustique tigre (Aedes albopictus) est implanté dans 83 départements de métropole sur 96 au 1er janvier 2026. Le chiffre figure sur le portail de signalement de l’Anses2 et sur Service-public.fr, qui précise qu’il s’agit d’une implantation durable1. Un an plus tôt, début 2025, les données du ministère de la Santé en comptaient 817. Vous croiserez donc les deux chiffres sur le web, et sur notre site : 81 correspond à début 2025, 83 à début 2026.
À l’échelle des communes, l’implantation était confirmée dans 6 574 communes de métropole début 20251. Le moustique est actif surtout de mai à novembre1, et la surveillance renforcée des autorités suit le même calendrier : en Île-de-France, elle court du 1er mai au 30 novembre 202615.
Une commune est dite colonisée quand le moustique y forme une population qui se reproduit, confirmée par des pièges ou des enquêtes de terrain18. Voir un moustique tigre isolé ne suffit pas : l’espèce voyage aussi en voiture, en train ou en car8, et un individu peut arriver d’ailleurs.
En 2026, sa présence a aussi des conséquences sanitaires. Entre le 1er mai et le 20 septembre, Santé publique France a recensé 13 épisodes de transmission locale du chikungunya (90 cas) et 4 de dengue (6 cas) en France hexagonale14. Notre guide des maladies transmises par le moustique tigre explique ces épisodes et les symptômes à surveiller.
Où trouver la carte officielle du moustique tigre ?
La carte officielle de présence du moustique tigre est publiée par le ministère chargé de la Santé, sur la page « Cartes de présence du moustique tigre en France métropolitaine ». Le portail de l’Anses y renvoie directement2. Nous ne reproduisons pas cette carte ici : elle change chaque année, et une copie finirait par être fausse.
Pour une réponse à l’échelle de votre commune, le portail de l’Anses propose une recherche par nom de commune. Sa carte a été actualisée le 29 avril 2026, et le portail prévient qu’un décalage peut exister avec la colonisation réelle4. Les agences régionales de santé publient aussi leurs propres listes de communes colonisées, comme celle des Pays de la Loire16.
Le bon réflexe : méfiez-vous des cartes « en temps réel » publiées par des sites commerciaux. Les seules données de référence viennent du ministère, de l’Anses et des ARS, qui s’appuient sur des pièges relevés par des entomologistes.
De Menton en 2004 à 83 départements : l’évolution année après année
Le moustique tigre a été observé pour la première fois en France à Menton, dans les Alpes-Maritimes, en 20048. Originaire d’Asie du Sud-Est, il a voyagé d’un continent à l’autre dans le commerce des pneus usagés, puis s’est propagé de proche en proche en suivant les voitures, les trains et les cars le long des axes de communication8.
| Date des données | Départements | Source |
|---|---|---|
| 2004 | 1 | EID Méditerranée8 |
| Avril 2019 | 51 | Institut Pasteur9 |
| Mai 2020 | 58 | Institut Pasteur12 |
| 1er janvier 2021 | 64 | Institut Pasteur10 |
| 1er janvier 2022 | 67 | Institut Pasteur11 |
| 1er janvier 2023 | 71 | Institut Pasteur11 |
| 2024 | 78 | Ministère de la Santé6 |
| Début 2025 | 81 | Ministère, via Planet-Vie7 |
| 1er janvier 2026 | 83 | Anses, Service-public21 |
La progression ne s’est jamais inversée. L’Institut Pasteur, qui reprend chaque année les chiffres de la Direction générale de la santé, note qu’aucun département classé comme colonisé n’est jamais redescendu à un niveau inférieur10. Une fois installé, le moustique tigre reste : on peut réduire sa population, pas le faire disparaître d’une ville.
Que veut dire « vigilance rouge » moustique tigre ?
Un département en « vigilance rouge » est un département où le moustique tigre est implanté et actif, c’est-à-dire durablement installé et en train de se multiplier9. L’expression vient des bilans annuels établis à partir des données du ministère de la Santé et relayés notamment par l’Institut Pasteur. En 2019, ils correspondaient au niveau 1 du plan national anti-dissémination du chikungunya, de la dengue et du Zika ; la carte comptait alors 51 départements en rouge, 15 en orange et 30 en jaune9.
Depuis, les départements où le moustique est implanté se répartissent en deux catégories : faiblement colonisés quand moins de 40 % de leurs communes le sont, fortement colonisés à partir de 40 %10. La Bretagne classe par exemple l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan comme faiblement colonisés17. Les médias ont gardé le mot « rouge » par habitude.
- Rouge : le moustique tigre est installé et se reproduit dans le département9. C’est le cas de 83 départements en 2026.
- Orange et jaune : ces niveaux figuraient sur la carte de 2019 pour les départements où le moustique n’était pas installé9. Sur les cartes qui circulent aujourd’hui, l’orange désigne un moustique intercepté ou observé ponctuellement13.
- Pourpre : cette couleur, qui signale des cas de maladie transmis sur place, vient d’un site privé de suivi et non du ministère13.
La vigilance rouge décrit une situation durable, pas un danger du jour. Contrairement aux vigilances météo, elle ne donne lieu à aucun bulletin quotidien. Elle signifie que le moustique fait désormais partie du paysage et que les gestes contre les eaux stagnantes deviennent l’affaire de chaque foyer19.
Bretagne, Paris, Nantes : la situation dans quelques régions
La situation varie beaucoup d’une région à l’autre, même dans les départements classés comme colonisés. Trois exemples souvent recherchés :
- Bretagne : fin 2025, la région comptait 4 communes colonisées dans 2 départements, Domagné, Rennes et Châteaugiron en Ille-et-Vilaine, La Gacilly dans le Morbihan17. Le Finistère et les Côtes-d’Armor n’avaient aucune commune colonisée. L’ARS surveille avec des pièges pondoirs relevés du 1er mai au 31 octobre17.
- Paris et l’Île-de-France : le moustique tigre est présent et actif dans tous les départements franciliens. L’ARS y relève un réseau de 435 pièges pondoirs répartis sur les 8 départements15.
- Nantes et les Pays de la Loire : détecté pour la première fois en Vendée en 2014, le moustique tigre a gagné les cinq départements de la région. Nantes est colonisée depuis 2022, et la Loire-Atlantique compte 45 communes colonisées sur les 114 de la région16.
Nous consacrerons des pages à ces régions. D’ici là, la liste de votre ARS reste la référence la plus précise.
Comment signaler un moustique tigre ?
Pour signaler un moustique tigre, rendez-vous sur le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, avec une photo de l’insecte. Service-public.fr résume la démarche : une photo qui permet d’identifier le spécimen, puis trois questions sur ses caractéristiques1.
Quand le signalement est vraiment utile
Le portail recueille en priorité les signalements venant de communes non colonisées2. C’est là qu’une observation apporte une information nouvelle : elle peut révéler une arrivée que les pièges n’ont pas encore détectée. Dans une commune déjà colonisée, votre signalement est stocké pour d’éventuelles études ultérieures2. Vérifiez donc d’abord votre commune avec la recherche du portail4.
- Assurez-vous qu’il s’agit bien d’un moustique tigre : beaucoup d’insectes rayés lui ressemblent. Notre page sur la différence entre moustique commun et moustique tigre aide à trancher.
- Prenez une photo nette. Sans photo, ou sans spécimen envoyé par la poste, le signalement ne peut pas être validé par un expert3.
- Remplissez le formulaire sur signalement-moustique.anses.fr, en choisissant la commune dans la liste proposée4.
- Un entomologiste vérifie sur la photo qu’il s’agit bien d’un moustique tigre, puis le signalement part aux opérateurs chargés de la surveillance et de la lutte antivectorielle3.
À savoir : un signalement ne déclenche pas de démoustication chez vous2. Les enquêtes et traitements des ARS se déclenchent surtout autour des cas de dengue, de chikungunya ou de Zika18. Pour vos propres piqûres, la solution est dans votre jardin ; notre guide sur la démoustication d’un jardin de particulier explique ce qui marche et ce qui ne sert à rien.
Ce que la carte change chez vous
Si votre commune est colonisée, les moustiques tigres qui vous piquent sont nés à proximité, dans des petites quantités d’eau stagnante. La carte ne dit rien d’autre : c’est à l’échelle de chaque maison que se joue la densité de moustiques. L’Assurance maladie liste les gestes qui suppriment ces gîtes19 :
- vérifier le bon écoulement des eaux de pluie, curer et déboucher gouttières, regards et caniveaux ;
- couvrir les réserves d’eau et les récupérateurs avec un voile ;
- vider complètement les pieds de parasol et tout ce qui retient l’eau ;
- ranger à l’abri de la pluie les objets qui peuvent se remplir ;
- contrôler le bac et le tuyau d’évacuation de la climatisation.
Notre page sur les gîtes larvaires du jardin détaille chaque cas, et le calendrier du moustique tigre indique quoi faire à chaque saison. Pour vous protéger des piqûres, l’Assurance maladie retient les vêtements couvrants, les moustiquaires aux fenêtres et les répulsifs cutanés19 ; demandez conseil à votre pharmacien pour un enfant ou une femme enceinte.
Si votre commune n’est pas encore colonisée, les mêmes gestes retardent son installation. Un piège bien entretenu peut aussi servir d’alerte : le piège pondoir, l’outil de surveillance des ARS17, attire les femelles qui cherchent où pondre et révèle ainsi leur présence.
Questions fréquentes sur la carte du moustique tigre
Quels départements ne sont pas colonisés en 2026 ?
Treize départements métropolitains sur 96 ne sont pas classés comme colonisés au 1er janvier 20262. Leur liste figure sur la carte du ministère de la Santé. La surveillance par pièges pondoirs y continue chaque saison, car c’est là qu’une première détection compte le plus.
Le moustique tigre est-il présent ailleurs qu’en France ?
Oui. L’espèce est implantée dans plus de 80 pays d’Asie, de l’océan Indien, du Pacifique, d’Afrique, du bassin méditerranéen et des Amériques5. Elle était déjà présente en Albanie dès 1979 et en Italie dans les années 1990, avant d’atteindre la France8.
La carte change-t-elle en hiver ?
Non. Un département colonisé le reste d’une année sur l’autre : aucun n’est redescendu à un niveau inférieur10. Le bilan national est établi chaque année, avec des données arrêtées au 1er janvier2.
Sources
- Service-public.fr, « Présence du moustique tigre : informations pratiques et conseils », 11 mai 2026, service-public.gouv.fr.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, page d’accueil, signalement-moustique.anses.fr, consultée le 29 septembre 2026.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, « FAQ », signalement-moustique.anses.fr, consultée le 29 septembre 2026.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, « Communes colonisées », carte actualisée le 29 avril 2026, signalement-moustique.anses.fr.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, « S’informer sur le moustique tigre », signalement-moustique.anses.fr, consultée le 29 septembre 2026.
- Ministère chargé de la Santé, « Le moustique tigre : une implantation dans 78 départements en métropole », actualité 2024, sante.gouv.fr.
- Planet-Vie (École normale supérieure), « Propagation du moustique tigre en France métropolitaine entre 2004 et 2025 », cartes établies d’après les données du ministère de la Santé, révision du 28 septembre 2026, planet-vie.ens.fr.
- EID Méditerranée, « Moustique tigre », consulté le 29 septembre 2026, eid-med.org.
- Institut Pasteur, « Retour du moustique tigre en France : 51 départements en vigilance rouge », 14 mai 2019, données au 26 avril 2019, pasteur.fr.
- Institut Pasteur, « Moustique tigre en France : 64 départements en vigilance rouge », 1er juillet 2021, d’après la Direction générale de la santé, pasteur.fr.
- Institut Pasteur, « Moustique tigre en France : 71 départements en vigilance rouge », 4 mai 2023, mis à jour le 10 avril 2024, pasteur.fr.
- Institut Pasteur, « Moustique tigre en France : 58 départements en vigilance rouge », 26 mai 2020, pasteur.fr.
- Franceinfo, « Moustique tigre en France : 90 % du territoire en vigilance rouge, orange ou pourpre », 16 mai 2024, franceinfo.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Agence régionale de santé Île-de-France, « Lutte antivectorielle : l’ARS Île-de-France lance sa campagne de surveillance renforcée à partir du 1er mai 2026 », 29 avril 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Pays de la Loire, « Moustique tigre : les communes colonisées en Pays de la Loire », consulté le 29 septembre 2026, pays-de-la-loire.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Bretagne, « La lutte antivectorielle et les moustiques tigres », 27 mai 2026, bretagne.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté, « Lutte contre le moustique-tigre : vigilance et action en Bourgogne-Franche-Comté », 22 mai 2026, bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr.
- Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », mise à jour du 28 juillet 2026, d’après les recommandations sanitaires 2026 du Haut Conseil de la santé publique, ameli.fr.








