En bref
On reconnaît un moustique tigre à sa ligne blanche au milieu du dos, sur fond noir, et à ses pattes rayées de blanc. Le moustique commun, Culex pipiens, le « moustique normal », est brun, sans motif, et pique la nuit, souvent dans la maison. Le moustique tigre, Aedes albopictus, mesure moins de 5 mm, moins qu’une pièce d’un centime, et pique le jour, surtout dehors. Le premier pond des radeaux d’œufs à la surface de l’eau et passe l’hiver à l’état adulte dans les caves ; le second colle ses œufs sur les parois des récipients, et ce sont eux qui passent l’hiver. En France, le moustique commun transmet surtout le virus West Nile, le moustique tigre la dengue et le chikungunya. Dans un jardin, les mêmes gestes réduisent les deux : pas d’eau qui stagne plus de quelques jours.
Moustique commun et moustique tigre : le comparatif
Les deux espèces vivent autour des maisons et piquent l’être humain, mais presque tout le reste les sépare : l’allure, l’horaire, le lieu de ponte et les virus qu’elles peuvent transmettre. Ce tableau résume ce que disent le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’ARS et l’EID Méditerranée.
| Critère | Moustique commun | Moustique tigre |
|---|---|---|
| Nom scientifique | Culex pipiens | Aedes albopictus |
| Couleur | Brunâtre, sans motif net1 | Noir avec des taches blanches ou argentées sur les pattes et le corps2 |
| Taille | 4 à 10 mm1 | Environ un demi-centimètre3 |
| Heures de piqûre | La nuit1 | Toute la journée, pics au lever du jour et au crépuscule3 |
| Où il pique | Dedans comme dehors, entre dans les maisons14 | Surtout dehors2 |
| Ponte | Radeau d’environ 200 œufs posé sur l’eau1 | Œufs collés au-dessus du niveau de l’eau2 |
| Hiver | Femelles adultes à l’abri dans les caves1 | Œufs en dormance jusqu’au printemps2 |
| Rayon de vie | Moins de 500 mètres en général1 | Environ 150 mètres3 |
| Maladies en France | West Nile, Usutu15 | Dengue, chikungunya, Zika5 |
Comment reconnaître un moustique tigre à l’œil nu ?
- Antennes : odeurs, chaleur, humidité
- Œil composé : des centaines de facettes
- Thorax : ligne blanche sur le dos
- Balanciers : stabilisent le vol
- Ailes : une seule paire
- Stigmates : orifices pour respirer
- Abdomen : gonfle au repas de sang
- Palpes : sentent notre souffle
- Trompe : seule la femelle pique
- Pattes : six, annelées de blanc
Un moustique tigre se reconnaît à ses rayures noires et blanches, sur le corps comme sur les pattes, qui lui donnent un aspect très contrasté7. Le moustique commun est brun clair ou brun terne sur tout le corps, sans dessin particulier1. Cinq différences se voient sans loupe.
- La ligne blanche sur le dos : le moustique tigre porte une ligne argentée au milieu du thorax, sur fond noir. L’ECDC en fait le critère le plus sûr pour le reconnaître2, et l’Anses le cite aussi comme sa particularité7.
- Les pattes rayées : anneaux blancs sur fond noir chez le tigre2, pattes brunes et unies chez le moustique commun.
- L’abdomen : noir barré de bandes blanches chez le tigre, brun clair avec des bandes plus claires chez le moustique commun8.
- La taille : moins de 5 mm pour le tigre, plus petit que le moustique commun selon l’Anses7. Le détail est dans la section suivante.
- L’heure : un moustique qui pique en plein jour, dehors, a toutes les chances d’être un moustique tigre3.

Attention aux sosies : d’autres moustiques présents en France montrent aussi des contrastes clairs et sombres, plus brunâtres ou jaunâtres2. Trois espèces proches, Aedes cretinus, Aedes japonicus et Aedes koreicus, ne se distinguent du moustique tigre qu’en examinant de près les écailles du thorax2. Le panorama des espèces de moustiques en France présente les autres.
Le bon réflexe : si vous le pouvez, prenez une photo nette du moustique. C’est ce que demande le portail de signalement de l’Anses pour qu’un spécialiste confirme l’espèce7.
Quelle est la taille d’un moustique tigre comparée aux autres ?
Le moustique tigre mesure environ un demi-centimètre selon l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur3, moins de 5 mm selon l’Anses, qui le décrit comme plus petit que le moustique commun7. Pour se le représenter, l’Anses le compare à une pièce d’un centime d’euro : il est plus petit, et son envergure ne dépasse pas 1 cm7. Le moustique commun mesure de 4 à 10 mm1 : un petit moustique commun peut donc avoir la taille d’un tigre, et la taille seule ne suffit pas à trancher.
| Insecte | Taille | Pique-t-il ? | Source |
|---|---|---|---|
| Moustique tigre | Moins de 5 mm, envergure sous 1 cm | Oui, le jour | Anses7 |
| Moustique commun | 4 à 10 mm | Oui, la nuit | ECDC1 |
| Chironome | 7 à 8 mm, antennes plumeuses | Non | EID Méditerranée8 |
| Tipule, dite « cousin » | 10 à 25 mm, très longues pattes | Non | EID Méditerranée8 |
| Phlébotome | 2 à 4 mm, velu, brun clair | Oui, mais peu d’espèces piquent l’humain | EID Méditerranée8 |
Un « moustique géant » aux pattes interminables, posé au plafond, est presque toujours une tipule : elle ressemble à un moustique géant, mais ne pique pas et se nourrit de végétaux en décomposition8. Les nuées de petits « moustiques » noirs qui dansent en colonne au-dessus d’un objet, sans piquer, sont en général des chironomes8. Le moustique tigre, lui, est petit, très sombre, et se remarque surtout parce qu’il pique en journée.
À quelle heure piquent le moustique commun et le moustique tigre ?
Le moustique commun pique la nuit, à l’intérieur comme à l’extérieur, puis reste souvent dans la maison le temps de digérer1. L’EID Méditerranée le range parmi les espèces qui entrent dans les habitations pour piquer4. C’est lui qui tourne autour de votre oreille une fois la lumière éteinte.
Le moustique tigre pique de jour. L’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur précise qu’il pique toute la journée, avec un pic au lever du jour et un autre au crépuscule3. Il attaque surtout dehors, même si des piqûres à l’intérieur sont aussi signalées2. Si l’on vous pique en plein après-midi sur la terrasse, en France métropolitaine, le moustique tigre est le premier suspect.
Le test de l’horaire : notez quand vous êtes piqué. Des piqûres le jour, au jardin, orientent vers le moustique tigre ; des piqûres la nuit, dans la chambre, vers le moustique commun. Les deux peuvent cohabiter dans le même quartier. Pour comprendre ce qui guide les femelles, lisez pourquoi les moustiques piquent.
Le bruit permet-il de les reconnaître ?
Pas de façon fiable. Les deux espèces produisent le bourdonnement aigu typique des moustiques en vol. Le moustique commun a simplement plus d’occasions d’être entendu, puisqu’il pique la nuit dans une pièce calme ; le moustique tigre pique le jour, dehors, au milieu des bruits ambiants. Fiez-vous à la couleur et à l’heure plutôt qu’au son.
Où pondent-ils dans un jardin ?
Les deux pondent dans de l’eau stagnante, mais pas de la même manière. La femelle du moustique commun dépose ses œufs directement sur l’eau, groupés en un radeau flottant d’environ 200 œufs, qui éclosent en quelques jours selon la température1. Ses larves supportent l’eau claire comme l’eau chargée de matière organique : tonneaux, bassins, caves inondées, regards et bouches d’égout, récipients de jardin1.
La femelle du moustique tigre colle ses œufs sur la paroi d’un récipient, juste au-dessus de la surface de l’eau2. Quand la pluie ou l’arrosage fait monter le niveau, les œufs sont immergés et les larves éclosent4. Il se contente de très petits volumes : soucoupes, vases, collecteurs d’eau de pluie, pneus, bondes, rigoles, creux d’arbres4.
- Vider ne suffit pas pour le tigre : ses œufs restent collés à la paroi. Frottez ou rincez l’intérieur du récipient avant de le remplir à nouveau.
- Les grands volumes attirent le moustique commun : fosses, regards, fûts sans couvercle, bassins sans poissons.
- Le même geste sert aux deux : une eau vidée ou couverte chaque semaine ne laisse pas le temps aux larves de devenir adultes.
Pour savoir à quoi ressemblent les larves et où les chercher, consultez nos pages sur la larve de moustique tigre, les nids de moustique tigre et les regards et chambres de visite, un gîte apprécié des deux espèces.
Que deviennent-ils en hiver ?
Le moustique commun passe l’hiver sous forme adulte. Seules les femelles fécondées survivent, à l’abri du gel, dans les caves, les grottes ou les abris enterrés, et elles se réactivent au printemps1. Une variante urbaine, la forme molestus, peut même se reproduire tout l’hiver dans des lieux sombres et tièdes contenant de l’eau, comme les sous-sols et les égouts1. D’où ces piqûres surprises en décembre dans un appartement.
Le moustique tigre, lui, passe l’hiver sous forme d’œuf. Les œufs pondus en fin d’été, quand les jours raccourcissent, entrent en dormance et n’éclosent qu’au printemps suivant24. Les œufs des populations européennes ont résisté en laboratoire à un froid de moins 10 °C2. Un pot oublié dehors tout l’hiver peut donc produire des moustiques en mai. Le calendrier du moustique tigre indique quoi faire mois par mois, et la page sur le cycle de vie du moustique détaille chaque stade.
Lequel est le plus dangereux, le moustique commun ou le moustique tigre ?
Les deux peuvent transmettre des virus en France, mais pas les mêmes. Le moustique tigre peut transmettre la dengue, le chikungunya et le Zika, après avoir piqué une personne infectée, souvent au retour d’un voyage3. Le moustique commun est le principal vecteur européen des virus West Nile et Usutu : il pique beaucoup les oiseaux, qui entretiennent le virus, et le transmet parfois à l’être humain ou au cheval1.
Surveillance Santé publique France, 2025
Une saison où les deux moustiques ont transmis des virus
Au 24 novembre 2025, Santé publique France recensait 788 cas de chikungunya et 29 cas de dengue contractés sur place, en France hexagonale, sans voyage, donc transmis par le moustique tigre5. Le même bilan comptait 61 infections humaines par le virus West Nile acquises par piqûre, dans 17 départements5. Pour la première fois, des cas de West Nile ont touché l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Normandie5.
Le moustique tigre pèse davantage sur le quotidien : il est implanté dans 81 des 96 départements métropolitains depuis début 20256 et pique en plein jour, au moment où l’on vit dehors. Le moustique commun, présent sur tout le territoire5, reste le vecteur du virus West Nile, dont la saison va de mai à novembre5. La page consacrée au virus West Nile explique ses effets.
Fièvre après des piqûres : une forte fièvre avec des douleurs articulaires ou musculaires dans les jours qui suivent des piqûres, surtout après un séjour sous les tropiques, justifie de consulter un médecin. Pendant la maladie, évitez de vous faire piquer : un moustique tigre qui pique une personne malade peut ensuite transmettre le virus à d’autres3. Les bons réflexes sont décrits dans que faire en cas de piqûre de moustique tigre.
Vous pensez avoir vu un moustique tigre : comment le signaler ?
En France, tout le monde peut signaler un moustique tigre sur le portail de signalement de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr. Quelques questions aident d’abord à vérifier qu’il s’agit bien de cette espèce7.
- Une photo est obligatoire : sans photo, ou sans spécimen envoyé par la poste, le signalement ne peut pas être validé par un expert7.
- Un entomologiste confirme : le signalement est transmis aux organismes chargés de la surveillance et de la lutte contre les moustiques dans votre secteur7.
- La liste des communes colonisées est publiée sur le même portail7 : si la vôtre y figure déjà, le plus utile reste de supprimer l’eau stagnante chez vous.
Questions fréquentes sur le moustique commun et le moustique tigre
Le moustique commun est-il dangereux ?
Sa piqûre est le plus souvent une simple gêne. Il peut cependant transmettre le virus West Nile, surveillé chaque année en France de mai à novembre5. Chez l’être humain, l’EID Méditerranée le décrit comme une affection de type grippal le plus souvent bénigne4, mais des formes plus sévères existent : la page sur le virus West Nile les détaille.
Qu’appelle-t-on un moustique normal ?
Dans le langage courant, le « moustique normal » désigne le plus souvent le moustique commun, Culex pipiens, le moustique brun des nuits d’été. La France compte pourtant plus de soixante espèces de moustiques4, dont une petite partie seulement pique l’être humain.
Se protège-t-on de la même façon ?
Les gestes au jardin sont les mêmes : supprimer l’eau stagnante, couvrir ce qui ne peut pas être vidé, frotter les parois des récipients. La protection personnelle change surtout avec l’horaire : répulsif et vêtements couvrants en journée contre le tigre, moustiquaire la nuit contre le moustique commun.
Sources
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), « Culex pipiens, factsheet for experts », ecdc.europa.eu, consultée le 28 septembre 2026.
- Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), « Aedes albopictus, factsheet for experts », ecdc.europa.eu, consultée le 28 septembre 2026.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Recommandations générales concernant le moustique tigre à l’attention du grand public », mai 2021, paca.ars.sante.fr.
- EID Méditerranée, « Nuisants et vecteurs » et « Moustique tigre », eid-med.org/les-moustiques/nuisants-vecteurs et eid-med.org/les-moustiques/moustique-tigre, consultées le 28 septembre 2026.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 26 novembre 2025 », santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile : données de la surveillance renforcée en France hexagonale 2025 », santepubliquefrance.fr, mise à jour du 5 novembre 2025.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, pages « S’informer » et « FAQ », signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/sinformer et signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/faq, consultées le 29 septembre 2026.
- EID Méditerranée, « Moustiques ou pas moustiques ? Pour les reconnaître et ne pas les confondre », juillet 2021, eid-med.org.








