En bref

En France, le moustique tigre peut transmettre trois maladies virales : la dengue, le chikungunya et le Zika. Il ne naît pas porteur du virus : il le prend en piquant une personne déjà malade, le plus souvent un voyageur de retour d’une zone où ces virus circulent, puis peut le transmettre à d’autres personnes. En 2025, la France hexagonale a compté 809 cas de chikungunya et 30 cas de dengue contractés sur place, un record. Une forte fièvre soudaine avec des douleurs articulaires ou musculaires, entre mai et novembre ou au retour d’un voyage, justifie de consulter un médecin. Le moustique tigre ne transmet pas le paludisme, et le virus West Nile passe surtout par un autre moustique, le Culex.

809 casde chikungunya contractés en France hexagonale en 2025, un record depuis 20062
96 casde chikungunya et de dengue contractés sur place en 2026, au 21 septembre1
83 départementsoù le moustique tigre est implanté en 20261
7 joursau plus, la présence du virus dans le sang après les premiers signes4

Quelles maladies le moustique tigre transmet-il en France ?

Le moustique tigre, Aedes albopictus de son nom scientifique, transmet en France trois maladies dues à des virus : la dengue, le chikungunya et la maladie à virus Zika1. Les médecins les regroupent sous le nom d’arboviroses, les maladies virales transmises par des arthropodes comme les moustiques. Dans les régions tropicales, un cousin du moustique tigre, Aedes aegypti, transmet les mêmes virus ; il n’est pas installé en France hexagonale8.

Ces trois maladies se ressemblent au début : fièvre brutale, douleurs, parfois une éruption sur la peau. Elles diffèrent ensuite par leurs complications. La dengue peut, rarement, évoluer vers une forme sévère avec des saignements. Le chikungunya laisse parfois des douleurs articulaires pendant des mois. Le Zika est surtout dangereux pendant la grossesse, pour le fœtus3.

Seule la femelle pique, pour nourrir ses œufs, et elle le fait surtout le jour, avec un pic en début et en fin de journée8. Si vous doutez de l’espèce qui vous pique, notre page pour reconnaître le moustique tigre aide à le distinguer des autres.

Comment un moustique tigre devient-il porteur d’une maladie ?

Un moustique tigre devient porteur en piquant une personne dont le sang contient déjà le virus. Chez une personne malade, le virus reste dans le sang jusqu’à 7 jours après le début des signes4. Le moustique qui la pique pendant cette période s’infecte ; selon l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, il peut ensuite transmettre le virus 2 à 3 jours plus tard, et ce jusqu’à la fin de sa vie, environ un mois8.

Deux situations en découlent. Un cas importé est une personne contaminée pendant un voyage, par exemple aux Antilles, à La Réunion ou en Asie du Sud-Est. Un cas autochtone est une personne qui n’a pas voyagé dans les 15 jours précédant ses symptômes : elle a été piquée en France par un moustique tigre lui-même infecté par un voyageur2.

La plupart des moustiques tigres de votre jardin ne portent donc aucun virus. Une piqûre ne rend pas malade en soi ; elle n’est dangereuse que si le moustique a d’abord piqué une personne infectée. Pour les boutons et les démangeaisons, voyez notre page que faire en cas de piqûre de moustique tigre.

Étude en laboratoire, 2007

Une seule mutation qui a changé la donne

Lors de l’épidémie de chikungunya de 2005-2006 à La Réunion, environ 266 000 personnes ont été touchées. Des chercheurs américains ont montré qu’une seule mutation du virus, appelée E1-A226V, le rendait nettement plus infectieux pour le moustique tigre, sans avantage notable pour Aedes aegypti12.

Cette mutation se retrouve dans les épisodes de 2025 en France hexagonale : pour les 42 épisodes où le virus a pu être caractérisé, il s’agissait d’une souche de l’océan Indien portant la mutation E1-226V2. Un virus mieux adapté au moustique tigre explique en partie l’ampleur de la saison 2025.

Combien de cas en France en 2025 et en 2026 ?

L’année 2025 a été la plus lourde jamais observée en France hexagonale pour les maladies du moustique tigre. Santé publique France y a identifié 809 cas autochtones de chikungunya, répartis en 79 épisodes de transmission, et 30 cas autochtones de dengue en 11 épisodes2. Aucun cas autochtone de Zika n’a été recensé. Pour comparer, le maximum annuel sur la période 2010-2024 était de 84 cas, en 20242.

Cette flambée s’explique par l’épidémie de chikungunya à La Réunion. En 2025, 82 % des 2 398 cas de chikungunya importés en France hexagonale revenaient de l’île2. Les premiers cas autochtones sont apparus dès la fin mai, plus tôt que les années précédentes10. Huit régions ont été touchées, dont trois pour la première fois : Nouvelle-Aquitaine, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté2.

En 2026, la saison est plus calme mais toujours active. Au 21 septembre, Santé publique France comptait 13 épisodes de chikungunya totalisant 90 cas, dans le Tarn, le Lot, la Gironde, les Landes et le Val-de-Marne, et 4 épisodes de dengue totalisant 6 cas, dans le Tarn, l’Hérault, la Dordogne et les Bouches-du-Rhône1. Entre le 1er mai et le 20 septembre 2026, 412 cas de dengue, 150 cas de chikungunya et 15 cas de Zika ont été importés1.

Cas contractés en France hexagonale (cas autochtones)
Maladie202420252026, au 21 septembre
Chikungunya180990
Dengue83306
Zika000

Sources du tableau : bilan 2025 de Santé publique France pour 2024 et 20252, bulletin du 23 septembre 2026 pour 20261. Les chiffres 2026 sont provisoires : la surveillance renforcée court jusqu’au 30 novembre.

Quels sont les symptômes des maladies du moustique tigre ?

Les symptômes typiques associent une fièvre supérieure à 38,5 °C d’apparition brutale, des douleurs musculaires ou articulaires, des maux de tête et parfois une éruption sur la peau, sans toux ni autre signe respiratoire8. Beaucoup d’infections passent pourtant inaperçues, sans aucun symptôme8. Seule une prise de sang permet de savoir quel virus est en cause3.

La dengue

Les premiers signes de la dengue apparaissent 4 à 10 jours après la piqûre : forte fièvre, maux de tête intenses, douleurs derrière les yeux, douleurs musculaires ou articulaires, nausées, ganglions et éruption cutanée. Ils durent en général 2 à 7 jours3. Rarement, surtout chez les personnes fragiles, une dengue sévère survient 3 à 7 jours après le début de la maladie, souvent au moment où la fièvre tombe39. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une deuxième infection par la dengue augmente le risque de forme sévère9.

Le chikungunya

Le chikungunya se déclare 2 à 12 jours après la piqûre, avec une fièvre élevée et brutale et des douleurs articulaires souvent invalidantes. Son nom signifie « homme courbé » en langue makondée, à cause de la posture des malades3. Les douleurs disparaissent en général en quelques jours à quelques semaines, mais elles persistent parfois plusieurs mois, voire plusieurs années ; les complications graves restent rares3.

La maladie à virus Zika

Le Zika se manifeste 3 à 12 jours après la piqûre par un syndrome grippal, une conjonctivite, un gonflement des mains et des pieds et une éruption cutanée. Dans la très grande majorité des cas, il donne peu de symptômes et guérit en 2 à 7 jours3. Le risque tient à la grossesse : une infection pendant la grossesse peut entraîner des malformations du système nerveux du bébé, dont la microcéphalie. Le Zika se transmet aussi par voie sexuelle3.

Les trois maladies en un coup d’œil
MaladieDélai d’apparitionSigne marquantPersonnes à risque
Dengue4 à 10 joursDouleurs derrière les yeuxDeuxième infection
Chikungunya2 à 12 joursDouleurs articulairesDouleurs durables
Zika3 à 12 joursYeux rougesFemmes enceintes

Délais et signes d’après l’Assurance maladie3 ; risque de la deuxième infection d’après l’OMS9.

Quand faut-il consulter un médecin ?

Consultez un médecin si une fièvre brutale s’accompagne de douleurs articulaires, musculaires ou de maux de tête, surtout dans les 15 jours qui suivent un voyage en zone tropicale28. Entre mai et novembre, dans un département où vit le moustique tigre, ces signes méritent aussi un avis médical sans voyage récent : c’est ainsi que la plupart des cas autochtones sont repérés. En 2025, 61 % des cas autochtones de chikungunya ont été identifiés grâce au signalement des médecins2.

Seul un médecin peut poser le diagnostic, à l’aide d’une prise de sang. Cette page ne remplace pas une consultation.

  1. Appelez votre médecin traitant ou consultez rapidement, en précisant vos voyages des dernières semaines et les piqûres de moustiques remarquées.
  2. Protégez-vous des piqûres pendant la semaine qui suit les premiers signes, même à la maison : le virus est alors dans votre sang, et un moustique qui vous pique peut le transmettre à vos proches ou à vos voisins4. Notre guide des répulsifs anti-moustiques aide à choisir un produit adapté.
  3. Buvez régulièrement et reposez-vous : il n’existe pas de médicament qui guérisse ces maladies, le traitement soulage les symptômes3.

Appelez le 15 sans attendre en cas de douleurs abdominales intenses, de vomissements répétés ou contenant du sang, de saignements des gencives ou du nez, de sang dans les selles, de respiration rapide, de somnolence ou d’agitation inhabituelle. Ce sont les signes d’alerte de la dengue sévère décrits par l’Assurance maladie et l’OMS39. Une raideur de la nuque, une désorientation ou des convulsions, signes possibles d’une atteinte neurologique, sont aussi des urgences3.

Avant toute prise de médicament : l’aspirine et les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène sont contre-indiqués en cas de dengue et de Zika, car ils augmentent le risque de saignement39. Tant que le diagnostic n’est pas posé, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Existe-t-il des vaccins ?

Des vaccins existent contre la dengue et le chikungunya, mais ils visent des publics précis : certains habitants des territoires d’outre-mer et certains voyageurs, selon la destination, la durée du séjour et l’état de santé7. Il n’existe pas de vaccin contre le Zika3. Avant un voyage, parlez-en à votre médecin ou dans un centre de vaccinations internationales.

Que se passe-t-il quand un cas est déclaré ?

La dengue, le chikungunya et le Zika sont des maladies à déclaration obligatoire. Les médecins et les laboratoires signalent sans délai chaque cas, suspect ou confirmé, à l’agence régionale de santé6. Entre le 1er mai et le 30 novembre, période d’activité du moustique tigre, ce signalement déclenche une chaîne d’actions autour du malade1.

  • Une enquête épidémiologique : l’ARS interroge le malade sur ses déplacements et les lieux où il a pu être piqué2.
  • Une enquête entomologique : des agents recherchent les moustiques et leurs gîtes autour du cas6.
  • Des traitements de démoustication : ils visent les moustiques adultes et les larves autour de l’habitation. En 2023, la France hexagonale en a compté 7006.
  • Autour d’un cas autochtone : le traitement s’étend à un périmètre plus large, une enquête en porte-à-porte recherche d’autres malades dans un rayon d’environ 150 mètres, et les dons de sang, d’organes et de tissus sont sécurisés12.

Si des agents frappent à votre porte après un cas dans votre rue, ils peuvent vous demander l’accès au jardin pour vider ou traiter les points d’eau. Notre page sur un jardin infesté de moustiques tigres décrit les gestes à faire entre deux passages.

Retour d’expérience, 2025

Bergerac, 100 cas de chikungunya en un été

Bergerac a connu l’un des plus grands foyers de chikungunya jamais observés en France hexagonale : 100 cas contractés sur place au 27 octobre 2025, avec des premiers signes entre juin et octobre11. Avec Fréjus et Antibes, c’est l’un des épisodes qui ont dépassé 80 cas, un niveau inédit2.

L’équipe d’investigation conclut que les enquêtes en porte-à-porte et la lutte contre les moustiques ont aidé à ralentir la propagation du virus11.

Ce que le moustique tigre ne transmet pas

Le moustique tigre ne transmet pas le paludisme. Cette maladie est due à un parasite, Plasmodium, transmis par les moustiques anophèles des zones tropicales, qui piquent surtout la nuit5. Les 18 cas de paludisme contractés en France hexagonale en 2025 sont liés à des anophèles voyageurs, arrivés par avion ou dans des bagages, ou à des contaminations en laboratoire5.

Le virus West Nile, ou fièvre du Nil occidental, passe surtout par les moustiques du genre Culex, présents partout en France, qui s’infectent sur des oiseaux13. La saison 2026 est marquée : 117 cas autochtones au 21 septembre, dont des premiers cas dans huit départements, du Rhône au Loiret1. Notre article sur le virus West Nile détaille cette maladie. Le Culex est aussi le moustique commun qui vous réveille la nuit ; la page sur la différence entre moustique commun et moustique tigre aide à les reconnaître.

Les moustiques ne transmettent pas non plus le virus du Covid-19, rappelle l’Assurance maladie4.

Pourquoi supprimer les gîtes larvaires chez soi ?

Supprimer l’eau stagnante reste le moyen le plus efficace de réduire le nombre de moustiques au quotidien, selon l’Assurance maladie6. Pour qu’un cas importé devienne un foyer local, il faut des moustiques tigres en nombre autour du malade pendant la semaine où son sang contient le virus. Moins il y a de moustiques dans un quartier, moins cette chaîne a de chances de s’enclencher.

Le moustique tigre vit dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de naissance : si vous en voyez chez vous, il est né sur votre terrain ou chez un voisin8. Une femelle pond sur les parois de petits récipients qui se remplissent à la pluie ; l’équivalent d’un bouchon d’eau peut suffire à ses larves8. La page sur les gîtes larvaires au jardin liste les endroits à vérifier.

  1. Videz chaque semaine les soucoupes, seaux, arrosoirs, jouets et pieds de parasol, ou remplissez les soucoupes de sable humide6.
  2. Couvrez les réserves d’eau avec une moustiquaire ou un tissu bien tendu6.
  3. Curez les gouttières, regards et siphons pour que l’eau s’écoule6.
  4. Rangez à l’abri de la pluie pneus, bâches, pots et brouettes6.

Aucune mesure isolée n’est efficace à 100 % : c’est la somme des gestes individuels et des actions collectives qui réduit les moustiques et les infections qu’ils transmettent6.

Questions fréquentes sur les maladies du moustique tigre

Le moustique tigre peut-il tuer ?

Les maladies qu’il transmet peuvent, rarement, être mortelles. Dans le monde, plus de 12 000 décès par dengue ont été notifiés à l’OMS en 2024, pour 14,6 millions de cas9. L’épidémie de chikungunya de 2025 à La Réunion a compté 55 555 cas et 43 décès3. Pour la très grande majorité des personnes, ces maladies guérissent sans séquelle.

Comment savoir si un moustique m’a transmis une maladie ?

Seule une analyse de sang prescrite par un médecin le dit : elle recherche le virus ou les anticorps produits contre lui3. Pour une femme enceinte de retour d’une zone où circule le Zika, l’Assurance maladie recommande un dépistage par prise de sang quatre semaines après le retour3.

Les enfants et les femmes enceintes sont-ils plus exposés ?

Les femmes enceintes sont les plus concernées par le Zika, à cause du risque pour le fœtus3. Pour la protection contre les piqûres, le DEET est contre-indiqué chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 ans ; l’IR3535 peut être utilisé à partir de 6 mois et pendant la grossesse, à plus faible concentration6. Demandez conseil à votre pharmacien.

Y a-t-il un risque en hiver ?

En France hexagonale, les cas autochtones surviennent pendant la période d’activité du moustique tigre, de mai à novembre. En 2025, les premiers signes des cas de chikungunya contractés sur place s’étalaient du 27 mai au 13 novembre2. Le cycle de vie du moustique tigre explique pourquoi l’insecte disparaît l’hiver, alors que ses œufs, eux, attendent le printemps.

Sources

  1. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  2. Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika. France hexagonale (Corse comprise) en 2025 », bilan national publié le 6 mai 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
  3. Assurance maladie, « Maladies virales : dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise, fièvre du Nil », consulté le 28 septembre 2026, ameli.fr.
  4. Assurance maladie, « Piqûre de moustiques : maladies et mode de transmission », consulté le 28 septembre 2026, ameli.fr.
  5. Assurance maladie, « Maladies parasitaires transmises par les moustiques : paludisme, filariose lymphatique », mise à jour du 28 juillet 2026, ameli.fr.
  6. Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », mise à jour du 28 juillet 2026, ameli.fr.
  7. Assurance maladie, « Prévention spécifique : paludisme, fièvre jaune, encéphalite japonaise, dengue et chikungunya », mise à jour du 27 juillet 2026, ameli.fr.
  8. Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : ce qu’il faut savoir sur lui », consulté le 28 septembre 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
  9. Organisation mondiale de la santé, « Dengue et dengue sévère », aide-mémoire, version mise à jour en août 2025, who.int.
  10. Fournier L., Durand G. A., Cochet A. et al., « Multiple early local transmissions of chikungunya virus, Mainland France, from May 2025 », Eurosurveillance, 2025, 30(32), doi:10.2807/1560-7917.ES.2025.30.32.2500545.
  11. Creuse R., Herteau A., Bernadou A. et al., « Lessons from an investigation of an autochthonous chikungunya outbreak in Bergerac, mainland France, June to October 2025 », Eurosurveillance, 2025, 30(49), doi:10.2807/1560-7917.ES.2025.30.49.2500871.
  12. Tsetsarkin K. A., Vanlandingham D. L., McGee C. E., Higgs S., « A single mutation in chikungunya virus affects vector specificity and epidemic potential », PLoS Pathogens, 2007, 3(12), e201, doi:10.1371/journal.ppat.0030201.