En bref
Aucune plante anti-moustique n’a fait ses preuves sur le terrain. En 2026, un essai de 16 semaines en Californie a placé des géraniums odorants et des romarins près de pièges à moustiques : ils n’en ont pas réduit le nombre, même avec des feuilles abîmées pour libérer leur odeur. Contre le moustique tigre, le « géranium moustique » a déjà échoué en Floride en 1994. Citronnelle, lavande, menthe, thym ou cataire repoussent parfois les moustiques sous forme d’huile, à forte dose et peu de temps, jamais en pot. Plantez-les pour le plaisir, sans soucoupe pleine d’eau, et protégez-vous par d’autres moyens.
Les plantes anti-moustiques fonctionnent-elles vraiment ?
Non : aucune plante en pot ou en massif ne protège un jardin, une terrasse ou une personne des piqûres de moustique tigre. Les études qui ont testé des plantes vivantes, et non leurs huiles, concluent presque toutes à une absence d’effet mesurable.
La confusion vient des huiles essentielles. Au laboratoire, l’huile de citronnelle, de géranium ou de cataire repousse les moustiques quand elle est appliquée sur la peau à forte concentration. Une plante entière ne diffuse qu’une infime partie de ces molécules, et le vent les disperse. Une revue de la London School of Hygiene and Tropical Medicine rappelle en outre que les substances végétales s’évaporent vite et laissent rapidement la peau sans protection10.
Un moustique femelle qui cherche à piquer se guide surtout sur votre souffle, votre chaleur et l’odeur de votre peau. Notre page sur ce qui attire les moustiques vers vous détaille ces signaux, bien plus puissants que le parfum d’un pot de lavande.
Essai de terrain, 2026
Six plantes au laboratoire, deux au jardin, zéro effet
Des chercheurs californiens ont voulu répondre à la question que leur posaient les habitants : les plantes d’ornement éloignent-elles les moustiques ? Ils ont d’abord testé six plantes au laboratoire : achillée, citronnelle, lavande, romarin rampant, sauge blanche et géranium à odeur de citronnelle. Le géranium et le romarin ont obtenu les meilleurs scores1.
Ces deux plantes ont ensuite été installées pendant 16 semaines près de pièges à moustiques, en ville et à la campagne, intactes ou avec des feuilles volontairement abîmées. Résultat : aucune baisse des captures par rapport aux pièges témoins. Dans le même essai, un diffuseur insecticide à la métofluthrine faisait nettement baisser les captures sur tous les sites. Les auteurs concluent que des plantes entières n’offrent pas de protection dans des conditions réalistes1.
Les 12 plantes anti-moustiques les plus citées, passées au crible
Voici, plante par plante, ce que disent les études publiées et le verdict qui en découle. Quand aucune étude n’existe sur la plante vivante, nous le disons.
Citronnelle
La citronnelle (Cymbopogon) est la plante anti-moustique la plus vendue, et la plus décevante en pot. Dans l’essai californien, elle faisait partie des six plantes testées au laboratoire, sans être retenue parmi les deux meilleures1. Son huile agit, mais peu de temps : une méta-analyse de 2011 calcule qu’elle protège en moyenne 253 minutes de moins que le DEET contre les moustiques Aedes9. Même diffusée, elle perd pied dehors : à 6 mètres, un diffuseur de citronnelle ne repoussait plus que 22 % des moustiques11.
Verdict : jolie graminée, utile en cuisine, sans effet démontré en pot.
Géranium odorant
Les géraniums odorants, au feuillage parfumé quand on le froisse, sont des pélargoniums, souvent vendus sous le nom de « plante moustique ». Leur huile a été testée sur la peau humaine en 1999 : à 5 ou 10 %, l’huile de géranium n’a empêché aucune piqûre8. En plante entière, le géranium à odeur de citronnelle n’a réduit aucune capture pendant 16 semaines de terrain1. À ne pas confondre avec les géraniums de balcon à fleurs rouges ou roses, qui ne sentent presque rien.
Verdict : parmi les meilleurs au laboratoire, sans effet au jardin.
Pélargonium citrosa, dit « plante moustique »
Le citrosa (Pelargonium × citrosum ‘Van Leenii’) a été lancé en Amérique du Nord comme une plante qui repousserait les moustiques sur environ 0,93 m² grâce à un dégagement continu d’huile de citronnelle. Une équipe nord-américaine a analysé son huile en 1996 : elle ne contient aucun composant de l’huile de citronnelle et ressemble à celle du géranium rosat. Sur le terrain, les volontaires placés près des plantes étaient autant piqués que les autres3. En Floride, deux ans plus tôt, le citrosa n’avait pas réduit le nombre de moustiques tigres qui se posaient sur les avant-bras ; au laboratoire, des moustiques du genre Culex se posaient même davantage sur ses feuilles que sur des feuilles en papier2.
Verdict : la seule plante testée directement contre le moustique tigre, et un échec net.
Lavande
La lavande figure dans presque toutes les listes, sans étude qui la montre efficace en massif. Dans l’essai californien, la lavande vraie a été testée au laboratoire, sans figurer parmi les deux plantes les mieux classées, seules retenues pour l’essai de terrain1. Son huile essentielle ne protège pas mieux que les autres, et l’Assurance maladie situe l’efficacité des huiles essentielles sous les 20 minutes12.
Verdict : parfaite pour les abeilles et un sol sec, pas contre les piqûres.
Basilic
Le basilic tient le seul résultat positif obtenu par une plante en pot, mais dans un contexte très éloigné d’une terrasse française. Au Kenya, des pots d’Ocimum americanum, un basilic africain, posés dans des cases expérimentales, ont repoussé environ 40 % des moustiques du paludisme4. Dans de vraies maisons, le chiffre tombait à 38 %, et les pots n’avaient aucun effet sur une autre espèce d’anophèle5. Le basilic de cuisine n’a pas été testé en pot, et le moustique tigre non plus.
Verdict : un effet partiel sur un autre moustique, dans une pièce fermée ; à cultiver pour la cuisine.
Menthe
La menthe poivrée n’a repoussé les moustiques que très concentrée. Dans l’étude de 1999 sur la peau humaine, son huile ne protégeait qu’à forte dose contre Aedes aegypti, proche parent du moustique tigre, et irritait la peau8. Aucune étude ne montre d’effet d’un pied de menthe au jardin.
Verdict : sans effet démontré, et très envahissante : cultivez-la en pot.
Mélisse
La mélisse doit sa réputation à son odeur citronnée. Nous n’avons trouvé aucune étude publiée qui mesure son effet sur les moustiques, ni en plante, ni en huile appliquée sur la peau (recherche dans Europe PMC, septembre 2026).
Verdict : aucune preuve ; une réputation fondée sur le parfum.
Romarin
Le romarin est l’une des deux plantes qui avaient le mieux réussi au laboratoire dans l’essai californien. Installé ensuite pendant 16 semaines près des pièges, le romarin rampant n’a pas réduit le nombre de moustiques capturés, en ville comme à la campagne1.
Verdict : testé sur le terrain, sans effet.
Thym citron
Le thym citron n’a jamais été testé en plante contre les moustiques. L’huile de thym, elle, fait partie des plus efficaces de l’étude de 1999 : une heure et demie à trois heures et demie de protection sur la peau, mais seulement à forte concentration. À 5 ou 10 %, elle n’empêchait aucune piqûre ; à partir de 25 %, les volontaires jugeaient son odeur inacceptable, et elle peut irriter la peau8.
Verdict : l’huile agit à forte dose ; le pied de thym, rien de démontré.
Cataire (herbe aux chats)
La cataire (Nepeta cataria) est la plante la plus prometteuse au laboratoire. Sa molécule odorante, la népétalactone, active chez les moustiques un récepteur de l’irritation, le même que celui déclenché par le wasabi, sans activer ce récepteur chez l’être humain6. Appliquée sur la peau de volontaires, son huile a fait partie des cinq plus efficaces sur 41 testées, à condition d’être fixée par une formulation particulière7. La plante en pleine terre n’a pas été testée, et elle a sur les chats un effet euphorisant bien connu6.
Verdict : une piste sérieuse pour de futurs répulsifs, pas une protection de jardin.
Tagète (œillet d’Inde)
Les tagètes sont souvent plantées au potager contre les insectes. Au Kenya, des pots de Tagetes minuta, une tagète utilisée localement contre les moustiques, n’ont repoussé aucun moustique de façon significative dans les cases expérimentales4.
Verdict : testée en pot, sans effet.
Souci
Le souci (Calendula) apparaît dans les listes par confusion : en anglais, « marigold » désigne à la fois le souci et la tagète. Nous n’avons trouvé aucune étude sur l’effet du souci contre les moustiques (Europe PMC, septembre 2026).
Verdict : aucune preuve ; une erreur de traduction qui circule.
Quelle est la meilleure plante anti-moustique ?
Aucune plante ne se détache sur le terrain. La cataire donne les meilleurs résultats sous forme d’huile, le géranium odorant et le romarin au laboratoire, mais aucune ne réduit les piqûres une fois plantée.
| Plante | Plante vivante testée | Huile testée | Verdict |
|---|---|---|---|
| Citronnelle | Labo seulement | Oui, courte durée | Pas d’effet démontré |
| Géranium odorant | Oui, sur le terrain | Oui, faible | Sans effet |
| Citrosa | Oui, contre le tigre | Analysée | Échec |
| Lavande | Labo seulement | Peu | Pas d’effet démontré |
| Basilic | Oui, au Kenya | Non abordée | Effet partiel, autre moustique |
| Menthe | Non | Forte dose | Pas d’effet démontré |
| Mélisse | Non | Non | Aucune preuve |
| Romarin | Oui, sur le terrain | Non abordée | Sans effet |
| Thym citron | Non | Forte dose | Pas d’effet démontré |
| Cataire | Non | Oui, prometteuse | Piste de laboratoire |
| Tagète | Oui, au Kenya | Non abordée | Sans effet |
| Souci | Non | Non | Aucune preuve |
Pour aller plus loin sur les huiles elles-mêmes, leurs durées d’action et leurs risques pour la peau, les enfants et les animaux, voyez notre guide des huiles essentielles anti-moustiques.
Comment planter des plantes aromatiques sans attirer les moustiques
Une plante anti-moustique mal installée peut produire des moustiques tigres au lieu de les éloigner. La femelle pond sur la paroi sèche juste au-dessus de l’eau, dans les coupelles et petits récipients ; quand la pluie ou l’arrosage remet ces œufs en eau, les larves se développent en quelques jours15. Une soucoupe qui garde l’eau après chaque arrosage suffit.

- Préférez la pleine terre quand c’est possible : pas de soucoupe, pas d’eau qui stagne sous le pot.
- Remplissez les soucoupes de sable humide, ou videz-les régulièrement : c’est la consigne de l’Assurance maladie12. L’eau passe pour la plante, mais le moustique ne peut plus y pondre14.
- Arrosez avec modération : la terre doit rester humide sans eau apparente12. Lavande, romarin et thym aiment d’ailleurs les sols secs.
- Évitez les pots à réserve d’eau, ou fermez l’accès à la réserve avec un tissu ou une moustiquaire12.
- Rangez arrosoirs et seaux à l’abri des averses12.
Cache-pots et jardinières : un cache-pot sans trou retient l’eau d’arrosage au fond, hors de vue. Traitez-le comme une soucoupe : videz-le régulièrement12.
Le guide sur les soucoupes et les vases détaille chaque cas, et notre check-list pour supprimer l’eau stagnante au jardin couvre le reste de l’extérieur.
Quelle plante anti-moustique pour un balcon, une fenêtre ou une chambre ?
Aucune plante ne protège un balcon, un rebord de fenêtre ou une chambre, en intérieur comme en extérieur. Si vous voulez des aromatiques sur le balcon, choisissez celles que vous utiliserez en cuisine (basilic, thym, menthe en pot) et appliquez-leur les règles d’arrosage ci-dessus : sur un balcon, les soucoupes comptent souvent parmi les rares points d’eau où le moustique tigre peut pondre.
Dans une chambre, une plante n’arrêtera pas le moustique qui vous a repéré. Une moustiquaire à la fenêtre et un ventilateur font mieux : l’Assurance maladie cite la ventilation et la climatisation parmi les mesures qui réduisent le risque de piqûre12. Pour les soirées dehors, notre guide pour éloigner les moustiques d’une terrasse classe les solutions selon leur efficacité.
Qu’est-ce qui protège mieux qu’une plante contre le moustique tigre ?
Contre les piqûres, seuls les répulsifs cutanés au DEET, à l’IR3535 ou à l’icaridine sont recommandés en France depuis l’avis du Haut Conseil de la santé publique de mai 2026, avec les vêtements couvrants et les moustiquaires13. Demandez conseil à votre pharmacien pour un enfant, une femme enceinte ou une peau sensible.
Contre le nombre de moustiques, rien ne remplace la chasse à l’eau stagnante. Le moustique tigre vit dans un rayon d’environ 150 mètres autour de son lieu de naissance : s’il vous pique, il est né chez vous ou chez un voisin, dans un récipient oublié14. Vider une soucoupe supprime des larves ; planter une citronnelle ne change rien.
Un jardin vivant aide aussi un peu. Les poissons d’un bassin, les larves de libellules, les oiseaux et les chauves-souris mangent des moustiques, sans atteindre les petits récipients où pond le moustique tigre. Notre page sur les animaux alliés contre les moustiques présente ces prédateurs, et celle sur les solutions naturelles contre les moustiques passe en revue les autres remèdes sans produit.
Sources
- Novelo M., Brodigan J., Clack W., Fowles T., Wheeler S. S., « Evaluation of 2 ornamental plants Citronella-Scented Geranium (Geraniales: Geraniaceae) and prostrate rosemary (Lamiales: Lamiaceae) for spatial repellency of host-seeking mosquitoes », Journal of Medical Entomology, 2026, 63(4), tjag131, doi:10.1093/jme/tjag131.
- Cilek J. E., Schreiber E. T., « Failure of the “mosquito plant”, Pelargonium x citrosum ‘van Leenii’, to repel adult Aedes albopictus and Culex quinquefasciatus in Florida », Journal of the American Mosquito Control Association, 1994, 10(4), 473-476, PMID 7707049.
- Matsuda B. M., Surgeoner G. A., Heal J. D., Tucker A. O., Maciarello M. J., « Essential oil analysis and field evaluation of the citrosa plant “Pelargonium citrosum” as a repellent against populations of Aedes mosquitoes », Journal of the American Mosquito Control Association, 1996, 12(1), 69-74, PMID 8723261.
- Seyoum A., Kabiru E. W., Lwande W., Killeen G. F., Hassanali A., Knols B. G., « Repellency of live potted plants against Anopheles gambiae from human baits in semi-field experimental huts », American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, 2002, 67(2), 191-195, doi:10.4269/ajtmh.2002.67.191.
- Seyoum A., Killeen G. F., Kabiru E. W., Knols B. G., Hassanali A., « Field efficacy of thermally expelled or live potted repellent plants against African malaria vectors in western Kenya », Tropical Medicine & International Health, 2003, 8(11), 1005-1011, doi:10.1046/j.1360-2276.2003.01125.x.
- Melo N., Capek M., Arenas O. M. et al., « The irritant receptor TRPA1 mediates the mosquito repellent effect of catnip », Current Biology, 2021, 31(9), 1988-1994, doi:10.1016/j.cub.2021.02.010.
- Amer A., Mehlhorn H., « Repellency effect of forty-one essential oils against Aedes, Anopheles, and Culex mosquitoes », Parasitology Research, 2006, 99(4), 478-490, doi:10.1007/s00436-006-0184-1.
- Barnard D. R., « Repellency of essential oils to mosquitoes (Diptera: Culicidae) », Journal of Medical Entomology, 1999, 36(5), 625-629, doi:10.1093/jmedent/36.5.625.
- Kongkaew C., Sakunrag I., Chaiyakunapruk N., Tawatsin A., « Effectiveness of citronella preparations in preventing mosquito bites: systematic review of controlled laboratory experimental studies », Tropical Medicine & International Health, 2011, 16(7), 802-810, doi:10.1111/j.1365-3156.2011.02781.x.
- Maia M. F., Moore S. J., « Plant-based insect repellents: a review of their efficacy, development and testing », Malaria Journal, 2011, 10(Suppl 1), S11, doi:10.1186/1475-2875-10-S1-S11.
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- Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », mise à jour du 28 juillet 2026, ameli.fr.
- Haut Conseil de la santé publique, « Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2026 », avis du 28 mai 2026, chapitre 2 « Risques liés aux arthropodes et protection personnelle antivectorielle », hcsp.fr.
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : comment s’en débarrasser », auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- EID Méditerranée, « Le moustique tigre », eid-med.org.








