En bref
Le moustique tigre est installé à Paris depuis 2018, année où le 12e arrondissement a été reconnu colonisé. Fin 2025, les 20 arrondissements l’étaient, comme toutes les communes des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, selon Santé publique France. L’ARS Île-de-France le surveille du 1er mai au 30 novembre avec 435 pièges répartis dans la région. Deux cas de chikungunya ont été contractés sur place en 2025, l’un dans le 11e arrondissement, l’autre à Saint-Maur-des-Fossés, et un foyer de 6 cas a été identifié à Nogent-sur-Marne en août 2026. Dans un immeuble parisien, vérifiez d’abord les soucoupes de balcon, les vases, les siphons de cour et l’eau piégée sous les terrasses sur plots.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Paris ?
Paris est classé colonisé par le moustique tigre depuis 2018, et le ministère de la Santé le range parmi les départements « fortement » colonisés au 1er janvier 20259. Le premier arrondissement touché est le 12e, celui du bois de Vincennes, reconnu colonisé en 2018. L’espèce a ensuite gagné les arrondissements périphériques avant le centre : les arrondissements du Louvre, de la Bourse et de l’Opéra ont été les derniers atteints, en 20251.
| Année | Arrondissements ajoutés | Total |
|---|---|---|
| 2018 | 12e | 1 |
| 2022 | 14e, 15e, 16e, 17e, 19e | 6 |
| 2023 | 5e, 7e, 8e, 10e, 11e, 13e, 18e, 20e | 14 |
| 2024 | 3e, 4e, 6e | 17 |
| 2025 | 1er, 2e, 9e | 20 |
Fin 2024, 17 arrondissements étaient colonisés et abritaient 96 % des Parisiens. Depuis fin 2025, la totalité des 2,1 millions d’habitants de la capitale vit dans un territoire colonisé1. Un arrondissement colonisé est un secteur où le moustique est implanté et se reproduit durablement, pas seulement de passage.
Petite couronne : le Val-de-Marne en première ligne
Le moustique tigre est arrivé en Île-de-France par le Val-de-Marne : Créteil est la première commune francilienne reconnue colonisée, en 2015. Charenton-le-Pont, Maisons-Alfort et Le Plessis-Trévise ont suivi en 2017, la même année que Colombes et Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine1. Les communes accolées au bois de Vincennes et à la Marne ont donc été touchées avant la plupart des arrondissements parisiens.
- Val-de-Marne : 47 communes sur 47 colonisées fin 2025, 100 % de la population1.
- Hauts-de-Seine : 36 communes sur 36, 100 % de la population1.
- Seine-Saint-Denis : 35 communes sur 39, 96 % de la population. Neuilly-Plaisance et Villemomble sont colonisées depuis 2018, Bagnolet, Les Lilas ou Romainville seulement depuis 20251.
La carte du moustique tigre en France que nous avons dessinée comporte un encart agrandi pour Paris et la petite couronne, illisibles à l’échelle du pays. On y voit que ces quatre départements ont tous été colonisés entre 2015 et 2018. À l’échelle de la région, 328 territoires (308 communes et les 20 arrondissements) étaient colonisés fin 2025, dont 113 communes ajoutées en un an1.
Ce que font l’ARS Île-de-France et la Ville de Paris
L’ARS Île-de-France pilote la surveillance du moustique tigre et décide seule des traitements insecticides pour raison de santé. La Ville de Paris surveille ses propres espaces et informe les habitants. Notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre détaille ce partage des rôles.
La surveillance de l’ARS
Pour la campagne 2026, lancée le 1er mai et close le 30 novembre, l’ARS relève 435 pièges pondoirs dans les 8 départements franciliens, dont des pièges près d’établissements de santé et de 3 aéroports. Ils sont contrôlés une fois par mois, deux fois dans les zones les plus à risque comme les aéroports3. À Paris, ce réseau est complété par des recherches dans le bois de Vincennes, le bois de Boulogne, les parcs, jardins et cimetières, près des gares et dans l’enceinte des grands hôpitaux4.
Les traitements autour des malades
Quand un malade de dengue, de chikungunya ou de Zika est signalé et que le moustique tigre est présent autour de chez lui, l’ARS peut faire traiter un rayon d’environ 150 mètres autour des lieux qu’il a fréquentés. L’opérateur qu’elle mandate pulvérise de la deltaméthrine la nuit, principalement entre minuit et 5 heures, et les riverains sont prévenus au moins 36 heures à l’avance5. En 2025, 219 enquêtes ont été menées en Île-de-France autour de 107 malades, pour 20 traitements seulement1.
- Avant le passage : rentrez le linge, les jouets et la nourriture, protégez les bassins et mettez les animaux à l’abri5.
- Pendant : restez à l’intérieur, fenêtres fermées, et gardez-les fermées une à deux heures après5.
- Après : attendez 3 jours avant de récolter les fruits et légumes du potager ou du jardin partagé5.
Ce traitement ne tue que les adultes présents, pendant environ une heure, sans effet durable4. La démoustication « de confort », contre la simple gêne, ne relève pas de l’ARS mais du maire ou du conseil départemental5.
Chikungunya, dengue, West Nile : les cas à Paris et autour
Deux cas de chikungunya contractés sur place ont été recensés en Île-de-France en 2025, sans lien entre eux. Le premier, à la mi-août, a été infecté dans le 11e arrondissement, un quartier dense ; le second, fin août, dans une zone pavillonnaire de Saint-Maur-des-Fossés. Dans les deux cas, l’enquête a trouvé une forte densité de moustiques tigres, et deux traitements ont été faits dans un rayon de 200 mètres, à 7 jours d’intervalle1.
En 2026, un premier foyer a été identifié à Nogent-sur-Marne : 6 cas de chikungunya, tombés malades entre le 16 et le 29 août2. L’ARS y a organisé plusieurs opérations de démoustication pour interrompre la transmission6. Ces cas locaux naissent toujours d’un voyageur malade piqué à son retour. Paris en compte beaucoup : 127 cas importés en 2025, soit 27 % de la région, et 22 entre le 1er mai et le 13 septembre 202612.
Le virus West Nile, apparu dans la région à l’été 2025, a touché 17 personnes en Île-de-France au 14 septembre 2026, dont 4 dans le Val-de-Marne et 3 en Seine-Saint-Denis. Il a aussi été trouvé chez un oiseau à Paris. Ce virus est transmis par le moustique commun, du genre Culex, et non par le moustique tigre2.
Au retour d’un voyage : une fièvre avec des douleurs articulaires ou une éruption dans les jours qui suivent un séjour aux Antilles, dans l’océan Indien ou en Asie justifie de consulter votre médecin et de lui signaler le voyage1. En cas de signe de gravité, appelez le 15.
Piqué la nuit dans un appartement : moustique tigre ou moustique commun ?
Un moustique qui bourdonne dans une chambre parisienne la nuit est le plus souvent un moustique commun, Culex pipiens, et non un moustique tigre. Santé publique France Île-de-France résume la différence : le Culex, brun-gris, pique au crépuscule et la nuit, vit dehors comme dedans, jusque dans le métro, et pond dans les eaux chargées des égouts, des caves ou des récipients oubliés. Le moustique tigre, noir rayé de blanc et long de 4 à 6 mm, pique le jour, tôt le matin et en fin d’après-midi, vole sans bruit et reste dehors, près des végétaux1.
Le Culex passe aussi l’hiver à l’état adulte, alors que le moustique tigre l’attend sous forme d’œufs1. Une piqûre en plein déjeuner sur une terrasse de septembre a toutes les chances d’être celle d’un tigre ; une piqûre en décembre au fond d’un couloir d’immeuble, presque aucune. Pour faire la différence sur une photo, voyez notre comparatif du moustique commun et du moustique tigre.
Où pond-il dans un immeuble parisien ?
À Paris, le moustique tigre pond dans les petites réserves d’eau des balcons, des cours et des terrasses. La station Météo-France de Paris-Montsouris relève en moyenne environ 109 jours de pluie par an, dont 7 à 8 par mois de juin à septembre7. Or les œufs éclosent en 4 à 6 jours dès qu’ils sont remis en eau, même après des mois au sec4. La Ville demande donc de vérifier après chaque pluie et chaque arrosage4.
- Balcons et jardinières : la Ville conseille de remplir de sable les soucoupes sous les pots, ou de les supprimer, et d’éviter les pots à réserve d’eau4. Notre fiche sur les vases et soucoupes montre ce qu’il faut regarder.
- Cours et siphons de sol : la Ville demande de curer et déboucher régulièrement siphons de sol, regards et caniveaux4. Voyez comment traiter les siphons, avaloirs et bouches d’égout sans produit.
- Terrasses et toits-terrasses : l’eau stagne sous les dalles sur plots, et les pieds de parasol se remplissent à chaque averse4. Notre guide explique comment trouver l’eau sous une terrasse sur plots.
- Climatiseurs : le bac à condensats et le tuyau d’évacuation doivent rester secs4.
- Cimetières et jardins partagés : la Ville recommande de remplacer l’eau des vases par du sable humide ou de la changer une à deux fois par semaine4. Pour les gestionnaires, voici les mesures prises dans les cimetières.
La Ville de Paris déconseille par ailleurs les bracelets, les huiles essentielles et les appareils à ultrasons, jugés inefficaces4. Pour tout savoir de l’insecte lui-même, notre dossier sur le moustique tigre reprend son cycle et ses habitudes.
Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Paris ?
Un moustique tigre se signale en ligne, sur le portail de l’Anses (signalement-moustique.anses.fr), avec une photo ou un moustique en état d’être identifié48. Paris et la petite couronne étant entièrement colonisés, sauf 4 communes de Seine-Saint-Denis, un signalement y apprend peu aux autorités. Il reste utile en grande couronne, où la Seine-et-Marne ne comptait que 9 % de communes colonisées fin 20251.
- Maisons-Alfort, Nogent-sur-Marne, Vincennes et les autres communes de Paris Est Marne&Bois : le territoire propose un numéro vert, le 0 800 00 66 94, pour des conseils et des pièges10.
- Intoxication par un insecticide ou un répulsif : le centre antipoison de Paris, au 01 40 05 48 48, indiqué par la Ville4.
- Symptômes : votre médecin ou le 15, jamais le portail de signalement.
Sources
- Santé publique France Île-de-France, « Bilan de la surveillance renforcée des arboviroses transmises par les moustiques en Île-de-France en 2025 », 6 mai 2026 (tableau 6 et annexes 1 et 3), santepubliquefrance.fr (PDF).
- Santé publique France Île-de-France, « Point épidémiologique hebdomadaire Île-de-France », 16 septembre 2026, données au 13 et au 14 septembre 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
- Agence régionale de santé Île-de-France, « Lutte antivectorielle : l’ARS Île-de-France lance sa campagne de surveillance renforcée à partir du 1er mai 2026 », 29 avril 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
- Ville de Paris, « Gare aux moustiques tigres ! », mise à jour du 8 juillet 2026, paris.fr.
- Agence régionale de santé Île-de-France, « Lutte contre le moustique tigre à Paris et en Île-de-France : tout savoir sur la démoustication », 18 septembre 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Île-de-France, « 5ème cas autochtone de chikungunya à Nogent-sur-Marne (94) : l’ARS Île-de-France diligente une nouvelle opération de démoustication pour interrompre la chaîne de transmission », septembre 2026, iledefrance.ars.sante.fr.
- Météo-France, fiche climatologique Paris-Montsouris (75), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, signalement-moustique.anses.fr, consulté le 30 septembre 2026.
- Ministère de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », carte au 1er janvier 2025, sante.gouv.fr.
- Paris Est Marne&Bois, « Moustiques tigres », 2026, parisestmarnebois.fr, et Ville de Maisons-Alfort, « Moustiques tigres, frelons : vos contacts au Territoire », 11 avril 2024, maisons-alfort.fr.








