En bref

Le moustique tigre est installé en Haute-Garonne depuis 2012, d’après les cartes du ministère de la Santé, et la mairie de Toulouse date son arrivée en ville d’une dizaine d’années après son apparition en France en 2004. En septembre 2026, les 37 communes de Toulouse Métropole figurent sur la carte des communes colonisées de l’Anses. Le département a connu 3 cas de dengue contractés sur place en 2025, à Fonsorbes et à Roques, et aucun en 2026 au 22 septembre, selon Santé publique France. La mairie teste des lâchers de moustiques stériles au cimetière de Terre-Cabade et équipe écoles et crèches de pièges pondoirs, mais l’ARS Occitanie rappelle que 80 % des gîtes se trouvent dans les jardins et sur les terrasses. Chez vous, les coupelles, les chéneaux et les regards d’arrosage sont les premiers points à vérifier.

2012première année où la Haute-Garonne apparaît colonisée1
37 sur 37communes de Toulouse Métropole sur la carte des communes colonisées2
3cas de dengue contractés en Haute-Garonne en 20258
11cas de West Nile en Haute-Garonne en 2026, au 22 septembre9

Depuis quand le moustique tigre est-il à Toulouse ?

La Haute-Garonne figure parmi les départements colonisés par le moustique tigre depuis 2012, d’après les cartes annuelles du ministère de la Santé1. La mairie de Toulouse situe son installation en ville « une dizaine d’années » après son arrivée en France métropolitaine, en 20043. Originaire des forêts d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre s’est ensuite répandu dans toute l’agglomération.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si votre commune est touchée. Nous avons vérifié, le 30 septembre 2026, la position des 37 communes de Toulouse Métropole sur la carte des communes colonisées du portail de l’Anses : toutes y figurent, de Blagnac à Balma, de Colomiers à Saint-Orens-de-Gameville2. À l’échelle du département, notre relevé sur la même carte donne environ 300 communes colonisées sur 586, soit un peu plus de la moitié ; les trois quarts des communes non listées se trouvent au sud du département, dans le Comminges et les Pyrénées. L’ARS Occitanie considère d’ailleurs tous les départements de la région comme colonisés6. Notre carte du moustique tigre en France replace la Haute-Garonne parmi les 83 départements concernés.

Ce que fait la mairie de Toulouse contre le moustique tigre

La mairie de Toulouse agit sur ses propres terrains : parcs, cimetières, écoles, crèches, terrains de sport. Le pôle Animal dans la ville cherche les foyers de larves sur les propriétés publiques dès le mois de février, et 65 sites font l’objet d’une surveillance renforcée avec des traitements préventifs ou curatifs4. Seuls des larvicides biologiques autorisés comme biocides sont employés4. Depuis 2024, la ville a ajouté plusieurs dispositifs, présentés dans son plan de lutte mis à jour le 28 mai 20263.

  • Des moustiques stériles à Terre-Cabade : pendant deux ans, de mai à octobre, 200 000 moustiques tigres mâles stérilisés sont lâchés chaque semaine sur 31 points du cimetière. En s’accouplant avec les femelles sauvages, ils produisent des œufs qui n’éclosent pas. Les mâles ne piquent pas3.
  • Les poubellariums : ces bacs d’eau stagnante peuplés de poissons, de crevettes et d’escargots mangent les œufs et les larves. Conçus par un club d’aquariophilie toulousain, ils sont 118 en 2026, dans 20 écoles, 20 crèches et les cimetières de Rapas et de Montaudran3.
  • Les pièges pondoirs : 316 dans 168 écoles, 118 dans 71 crèches. En 2024, 500 pièges ont aussi été confiés à des habitants volontaires des quartiers Minimes, Barrière-de-Paris, Borderouge ou Croix-Daurade, dans le cadre du budget participatif3. Notre guide du piège pondoir contre le moustique tigre explique comment en entretenir un chez soi.
  • Les bornes à CO2 : elles imitent la respiration humaine et aspirent les moustiques. Il y en a 65 sur l’espace public en 2026, dont 46 financées par le budget participatif3.

Ces outils protègent des lieux publics précis. Ils ne vident pas les jardins privés, où se trouve l’essentiel des larves. Pour comprendre le partage des rôles entre la commune, l’État et l’ARS, lisez notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre.

Démoustication à Toulouse : qui décide et quand ?

À Toulouse, une démoustication par insecticide n’a lieu qu’autour du domicile ou des lieux fréquentés par un malade de dengue, de chikungunya ou de Zika. Elle est décidée par l’ARS Occitanie, ponctuelle et limitée à un petit périmètre, précise la mairie4. La ville n’a pas le droit de pulvériser à grande échelle, sauf arrêté préfectoral, et la juge inutile : un tel traitement renforcerait la résistance du moustique et n’atteindrait ni les œufs ni les larves4.

L’ARS mène cette surveillance renforcée du 1er mai au 30 novembre. Les médecins et les laboratoires lui signalent chaque cas confirmé, ce qui lui permet d’envoyer un opérateur enquêter dans le quartier puis traiter si des moustiques tigres y vivent7. Le rythme est soutenu en Haute-Garonne : 43 traitements contre les moustiques adultes en 2025, et déjà 22 en 2026 au 22 septembre89. Si vous recevez un avis de passage dans votre rue, il s’agit de l’un d’eux. Il n’existe pas de démoustication publique « de confort » contre la simple gêne.

Dengue, chikungunya, West Nile : les cas autour de Toulouse

La Haute-Garonne a connu 3 cas de dengue contractés sur place en 2025, répartis en deux foyers, à Fonsorbes et à Roques, selon le bilan de Santé publique France Occitanie8. Ces communes du sud-ouest de l’agglomération rappellent que la transmission locale ne concerne plus seulement le littoral méditerranéen. La même année, le département a enregistré 47 cas de dengue et 34 cas de chikungunya importés par des voyageurs, et la région 89 cas de chikungunya autochtones, tous dans le Gard et l’Hérault8.

En 2026, au 22 septembre, aucun cas autochtone de dengue ou de chikungunya n’a été recensé en Haute-Garonne. Les quatre foyers d’Occitanie sont dans le Tarn (Carmaux, Saint-Amans-Soult), le Lot (Prayssac) et l’Hérault (Sète). Le département compte en revanche 22 cas de dengue et 6 de chikungunya importés9.

Le fait marquant de 2026 à Toulouse est ailleurs : 11 cas humains d’infection par le virus West Nile ont été contractés en Haute-Garonne au 22 septembre, sur 28 en Occitanie9. En 2025, le département n’en avait eu qu’un, le tout premier, à Labastide-Saint-Sernin8. Ce virus passe surtout par les moustiques du genre Culex, le moustique commun, et non par le moustique tigre11. Les gestes contre les eaux stagnantes valent pour les deux.

Au retour d’un voyage : l’ARS Occitanie demande de continuer à se protéger des piqûres pendant 7 jours après le retour en métropole, pour ne pas transmettre un virus aux moustiques locaux6. Une fièvre brutale avec des douleurs articulaires ou musculaires justifie de consulter votre médecin ; en cas de signe de gravité, appelez le 15. Notre guide des maladies transmises par le moustique tigre décrit les symptômes.

Où le moustique tigre pond-il dans une maison toulousaine ?

Le moustique tigre ne pond pas dans la Garonne ni dans le canal du Midi : il lui faut de petites quantités d’eau stagnante, et il ne s’éloigne guère à plus de 150 mètres de l’endroit où il est né6. Les moustiques qui vous piquent le jour sur votre terrasse sont donc presque toujours nés chez vous ou chez un voisin.

Le climat toulousain explique où chercher. La station Météo-France de Toulouse-Blagnac relève 627 mm de pluie par an, sur 96 jours environ, et 33 jours à plus de 30 °C10. En juillet, il tombe 40 mm d’eau pour une évapotranspiration de 175 mm : une soucoupe au soleil sèche vite. Ce qui reste en eau, ce sont les récipients à l’ombre, ceux qu’on arrose tous les soirs, et ceux qu’un orage remplit d’un coup. Les pluies les plus fortes tombent de fin avril à juin, avec deux jours par mois à plus de 10 mm10. Un récipient oublié dehors se remplit alors en une seule averse.

La mairie liste elle-même les gîtes qu’elle rencontre dans les maisons toulousaines3. Voici ceux qui correspondent le plus à l’habitat de brique, aux cours et aux petits jardins de l’agglomération :

  • Les chéneaux et les gouttières : sur les toulousaines et les maisons à génoise, feuilles et débris bouchent les descentes, et l’eau stagne dans le zinc. La mairie demande aussi d’assécher les toits plats5. Voyez comment repérer l’eau stagnante dans une gouttière.
  • Les siphons, bondes et rigoles à grille : lave-mains extérieurs, fontaines, caniveaux de cour, regards et bornes d’arrosage gardent de l’eau à l’abri du soleil3. Notre page sur les avaloirs et les siphons montre comment les couvrir.
  • Les coupelles et les pots arrosés : en été, l’arrosage quotidien remplace la pluie. Pots à réserve d’eau, boutures dans un verre, gamelles et pieds de parasol sont cités par la mairie3, qui conseille aussi de limiter l’arrosage5. Notre fiche sur les soucoupes et les vases donne les bons réflexes.
  • Les réserves d’eau : récupérateurs, cuves, fûts et pompes de relevage doivent être fermés hermétiquement ou couverts d’une moustiquaire3.

Fin septembre, la saison n’est pas finie : la surveillance court jusqu’au 30 novembre7. Un tour du jardin après chaque orage, et au moins une fois par semaine le reste du temps, reste le geste le plus rentable jusqu’aux premiers froids.

Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Toulouse ?

À Toulouse, colonisée depuis des années, signaler un moustique tigre sur le portail de l’Anses n’apprendra rien aux autorités. Le portail (signalement-moustique.anses.fr) reste utile si vous en voyez un dans une commune de Haute-Garonne absente de la carte des communes colonisées, avec une photo nette12. Pour le reconnaître : environ 5 mm, rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, piqûres en journée6.

  • Pôle Animal dans la ville (mairie de Toulouse) : 5, chemin de Perpignan, 05 61 22 23 43, animaldanslaville@mairie-toulouse.fr, pour signaler un gîte larvaire sur l’espace public (bassin de parc, avaloir, fontaine)4.
  • Allô Toulouse : 05 61 222 222, pour les autres demandes adressées à la ville5.
  • ARS Occitanie : 04 67 07 20 07, pour les questions sur la surveillance et les traitements autour des malades7.
  • Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.

Sources

  1. Ministère chargé de la Santé, « Extension de l’implantation du moustique tigre par département, de 2004 à 2022 », cartes annuelles, sante.gouv.fr (PDF).
  2. Anses, portail de signalement du moustique tigre, « Communes colonisées », carte actualisée le 29 avril 2026, consultée le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr. Vérification Mousteek : position du centre des 37 communes de Toulouse Métropole (geo.api.gouv.fr) sur cette carte.
  3. Mairie de Toulouse, « La lutte contre les moustiques s’accélère », mise à jour du 28 mai 2026, metropole.toulouse.fr.
  4. Mairie de Toulouse, « Espèces animales proliférantes », rubrique Moustiques, consulté le 30 septembre 2026, metropole.toulouse.fr.
  5. À Toulouse, magazine d’information de la ville, n° 116, juin 2025, « Lutter contre les moustiques », documents.toulouse.fr.
  6. Agence régionale de santé Occitanie, « Moustique tigre », consulté le 30 septembre 2026, occitanie.ars.sante.fr.
  7. Agence régionale de santé Occitanie, « Moustique tigre : démarrage de la surveillance renforcée, agissons ensemble ! », 22 juillet 2026, occitanie.ars.sante.fr.
  8. Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en Occitanie. Bilan 2025 », 6 janvier 2026, santepubliquefrance.fr.
  9. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en Occitanie. Bulletin du 23 septembre 2026 », données au 22 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  10. Météo-France, fiche climatologique Toulouse-Blagnac (31), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
  11. Assurance maladie, « Maladies virales : dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise, fièvre du Nil », consulté le 30 septembre 2026, ameli.fr.
  12. Anses, portail de signalement du moustique tigre, signalement-moustique.anses.fr, consulté le 30 septembre 2026.