En bref
Le moustique tigre a été repéré pour la première fois dans le Bas-Rhin en novembre 2014, à Schiltigheim, et s’est installé à Strasbourg dès 2015, dans le quartier du Neudorf. Depuis 2024, les 33 communes de l’Eurométropole de Strasbourg sont colonisées, selon le Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67). Deux habitants du Bas-Rhin sur trois vivent aujourd’hui dans une commune où il est présent, d’après l’ARS Grand Est. En 2025, le département a connu ses premiers cas de chikungunya contractés sur place, à Lipsheim et à Ostwald. Le moustique ne pond ni dans le Rhin ni dans l’Ill : ses larves grandissent dans l’eau des contenants, des toits plats, des avaloirs de cour et des vases de cimetière.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Strasbourg ?
Le moustique tigre est installé à Strasbourg depuis 2015. Le SLM67, l’opérateur public de démoustication du Bas-Rhin, l’a d’abord détecté en novembre 2014 dans le quartier des Malteries, à Schiltigheim. L’année suivante, il était retrouvé à Bischheim, à Schiltigheim et dans le quartier strasbourgeois du Neudorf1.
La progression dans l’agglomération s’est faite par étapes, d’après l’historique du SLM671 :
- 2018 et 2019 : la Robertsau, puis Illkirch-Graffenstaden, Ostwald, Hoenheim et Souffelweyersheim.
- 2021 : la plupart des quartiers de Strasbourg, ainsi que Reichstett, Vendenheim, Mundolsheim, les trois Hausbergen, Wolfisheim, Eckbolsheim, Lingolsheim et Geispolsheim.
- 2022 et 2023 : La Wantzenau, Eckwersheim, Achenheim, Hangenbieten, Entzheim, Oberschaeffolsheim, Lampertheim, Osthoffen, Plobsheim, Eschau, Fegersheim et Holtzheim.
- 2024 : Kolbsheim et Blaesheim ferment la marche. Le SLM67 et la Ville de Strasbourg considèrent alors que 100 % des communes de l’Eurométropole sont colonisées8.
Parti du nord de l’agglomération, le moustique a gagné le centre puis la couronne sud et ouest. Il ne vole pourtant qu’à 150 à 200 mètres de son lieu de naissance, selon l’Eurométropole89. Arrivé du sud de la France avec les échanges commerciaux8, il voyage bien plus loin avec nos objets et nos véhicules que par ses propres ailes.
Le Bas-Rhin, colonisé depuis 2015 mais encore « faiblement »
D’après les cartes du ministère de la Santé, le Bas-Rhin est classé parmi les départements colonisés depuis la saison 2015, et il figurait au 1er janvier 2025 dans la catégorie « faiblement colonisé », ce qui veut dire que moins de 40 % de ses communes sont touchées. Notre carte du moustique tigre en France le situe parmi les 83 départements où l’espèce est implantée.
Sur la carte des communes colonisées publiée par l’Anses (mise à jour du 29 avril 2026), nous avons compté 134 communes du Bas-Rhin sur 514, soit environ une sur quatre15. Ce décompte est le nôtre : ni l’ARS ni le SLM67 ne publient ce chiffre sous cette forme. Comme l’Eurométropole concentre la population, l’ARS Grand Est estime pourtant que, dans le Bas-Rhin comme dans le Haut-Rhin, deux habitants sur trois résident dans une commune où le moustique tigre est présent3.
Le Grand Est comptait 217 communes colonisées fin 2025, contre 163 un an plus tôt3, et l’Alsace 153 dès 2024, selon la Collectivité européenne d’Alsace16.
Qui lutte contre le moustique tigre à Strasbourg ?
L’ARS Grand Est décide de la surveillance et des traitements, le SLM67 les réalise sur le terrain, et l’Eurométropole agit sur le domaine public et auprès des habitants. Sur la place des communes dans ce dispositif, voyez le rôle des municipalités face au moustique tigre.
L’ARS Grand Est et le SLM67
Dans le Bas-Rhin, l’ARS confie la surveillance au SLM67 et à l’EID Rhône-Alpes4. Du 1er mai au 30 novembre, le syndicat relève des pièges pondoirs, des seaux d’eau munis d’un flotteur en polystyrène où la femelle vient pondre, et mène les enquêtes de terrain autour des malades de dengue, de chikungunya ou de Zika2. En 2026, la région compte 347 pièges pondoirs3.
Quand un malade a séjourné dans un quartier où vit le moustique tigre, l’ARS fait traiter les rues et les jardins qu’il a fréquentés pendant sa période contagieuse. Le traitement a lieu de nuit, et les habitants prévenus doivent rester à l’intérieur, fermer les fenêtres, rentrer gamelles et mobilier, puis rincer les surfaces extérieures5. En 2025 et 2026, ces opérations ont touché Strasbourg, Ostwald, Illkirch-Graffenstaden, Holtzheim, Truchtersheim, Obernai, Erstein et Lipsheim5. Pendant l’été 2026, l’une d’elles a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 juillet à Eschau et à Eckbolsheim, après un cas de Zika chez une personne revenue d’un pays tropical7.
L’Eurométropole de Strasbourg
L’Eurométropole a consacré 180 000 euros en 2025 à son plan contre le moustique tigre : sensibilisation, traitement anti-larves des avaloirs publics et conception de bâtiments qui ne retiennent pas l’eau9. Le territoire compte environ 56 000 avaloirs, trop pour tous les traiter, et la collectivité cible donc les secteurs les plus touchés10. Selon la presse locale, 8 000 avaloirs publics ont été traités en 2024 dans 24 communes17. Dans les quartiers tests de Koenigshoffen et de Cronenbourg, les évaluations montrent moins de moustiques en septembre9.
La Ville mise aussi sur les habitants. Elle rappelle que 80 % des gîtes larvaires se trouvent sur le domaine privé et propose de devenir « ambassadeur moustique tigre » : muni d’un kit, l’habitant volontaire montre les bons gestes à son voisinage ou à son association8.
Chikungunya, dengue, Zika : quels cas autour de Strasbourg ?
Le Bas-Rhin a connu en 2025 ses premiers cas de chikungunya contractés sur place, une première pour tout le Grand Est. Santé publique France en recense deux épisodes : un cas à Lipsheim, malade à partir du 26 juin 2025, et trois cas à Ostwald, dont les symptômes ont débuté entre le 11 juillet et le 2 septembre 202512. Aucun cas de dengue contracté sur place n’a été relevé dans la région cette année-là12.
Le 20 août 2025, l’ARS a annoncé un cas autochtone de chikungunya chez une personne vivant et circulant entre Strasbourg et Ostwald, sans voyage récent. Deux traitements ont été programmés, le premier dans la nuit du 21 au 22 août, avec une enquête auprès des voisins6. Quelques jours plus tard, c’est le quartier de Cronenbourg qui était traité, dans la nuit du 2 au 3 septembre, à cause d’un cas de dengue rapporté d’un pays tropical11.
En 2026, au 21 septembre, aucun des 17 épisodes de transmission locale de chikungunya ou de dengue recensés en France hexagonale ne se situe dans le Grand Est13.
Au retour d’un voyage : l’ARS Grand Est demande à toute personne qui présente de la fièvre, des douleurs articulaires ou une éruption dans les 15 jours suivant un séjour en zone tropicale de consulter rapidement son médecin et de se protéger des piqûres pour ne pas contaminer les moustiques du quartier6. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes.
Le Rhin et l’Ill y sont-ils pour quelque chose ?
Non : le moustique tigre ne se reproduit pas dans le Rhin, l’Ill ou les zones humides du Ried. « Le moustique tigre ne pond pas dans les mares, les zones marécageuses ou les cours d’eau, mais uniquement dans les contenants artificialisés », résume Karen Boehler, du SLM67, citée par l’Eurométropole9.
La confusion vient de l’histoire locale. Le SLM67 a été créé en 1983 par les communes du Bas-Rhin les plus gênées par les moustiques de la vallée du Rhin, dont la géologie, l’hydrologie et le climat favorisent les moustiques2. Le moustique tigre relève d’une autre logique : il prolifère en zone urbaine, pique surtout pendant la journée et naît à quelques mètres de votre terrasse8. Notre page sur le moustique tigre détaille son mode de vie et comment le reconnaître.
Le climat continental pèse davantage que les rivières. À Strasbourg-Entzheim, Météo-France relève 635,7 mm de pluie par an, mais c’est en mai, juin et juillet qu’il pleut le plus : 77,2 mm en mai, 71,9 mm en juillet, avec dix à onze jours de pluie par mois. Juillet compte en moyenne 18,5 jours au-dessus de 25 °C14. Les averses d’été remplissent donc les récipients au moment où il fait le plus chaud. Et les 15 jours de gel de janvier ne suffisent pas : les œufs passent l’hiver en dormance et éclosent au printemps8.
Où pond-il dans une maison ou un jardin alsacien ?
La Ville de Strasbourg cite plusieurs gîtes qu’on retrouve partout dans l’habitat de l’agglomération : toits plats sans pente ou sans pissettes, grilles des avaloirs de cour, gouttières mal entretenues, dessous des terrasses sur plots, fûts de récupération d’eau de pluie, coupelles et pieds de parasol8. Quatre d’entre eux méritent une attention particulière.
- Les avaloirs et regards : une étude du SLM67 menée en 2019 a montré que 77 % des regards d’égout étaient colonisés par le moustique tigre au pic de la saison, en août et en septembre18. Notre page sur les avaloirs et bouches d’égout explique comment protéger celui de votre cour.
- Les jardins familiaux : les fûts d’arrosage y sont nombreux. À Schiltigheim, ils ont été fermés hermétiquement avec une moustiquaire et un tendeur ou un couvercle adapté18. Voyez aussi le récupérateur d’eau comme gîte larvaire.
- Les cimetières : en 2020, dans un cimetière de Schiltigheim, le SLM67 a trouvé au moins un gîte potentiel sur 70 % des tombes, et jusqu’à 20 sur une seule. Souffelweyersheim a fait supprimer les coupelles ou remplir les vases de sable à ras bord18. Nos conseils pour les vases et soucoupes de cimetière s’appliquent à la Toussaint qui approche.
- Les terrasses sur plots : l’eau stagne sous les lames, hors de vue. La Ville conseille de combler ces creux avec du sable ou du gravier8. Voici comment trouver l’eau sous une terrasse sur plots.
Pour le reste, la consigne de la Ville est simple : vider une à deux fois par semaine tout ce qui ne peut pas être rangé, frotter les parois avec une brosse dure pour décrocher les œufs, et curer les gouttières et les pissettes des toits plats8. Fin septembre, la saison n’est pas terminée : la surveillance court jusqu’au 30 novembre2.
Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Strasbourg ?
Le signalement se fait en ligne sur le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, avec une photo15. Dans l’Eurométropole, colonisée à 100 %, un nouveau signalement n’apprend rien aux autorités. Il reste précieux dans les communes du Bas-Rhin encore absentes de la carte de l’Anses, soit environ trois sur quatre : en 2025, l’ARS a reçu 321 signalements venant de communes non colonisées du Grand Est3.
- Service hygiène et santé environnementale de la Ville et de l’Eurométropole : 03 68 98 55 50, hygieneetsante@strasbourg.eu, pour les conseils, les gîtes sur le domaine public et le programme d’ambassadeurs8.
- SLM67 : 07 57 01 62 56, pour la surveillance du moustique tigre dans le département2.
- ARS Grand Est : 03 83 39 30 30 (siège à Nancy), pour les questions sur les traitements autour des malades3.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.
Sources
- Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67), « La présence du moustique tigre dans le Bas-Rhin », consulté le 30 septembre 2026, slm67.fr.
- Syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin (SLM67), « Nos actions contre le moustique tigre » et « Présentation du SLM67 », consultés le 30 septembre 2026, slm67.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : les actions 2026 pour freiner sa progression en Grand Est », 30 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : la lutte anti-vectorielle. Collectivités », 10 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : des actions ciblées face au risque de transmission de maladies », 3 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, communiqué « Un cas autochtone de chikungunya et un cas importé de dengue dans le Bas-Rhin : les opérations de démoustication dans les zones concernées », 20 août 2025, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Opération de démoustication à Eschau et Eckbolsheim (67) », 27 juillet 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Ville et Eurométropole de Strasbourg, « Moustique tigre : agissons ensemble », consulté le 30 septembre 2026, strasbourg.eu.
- Eurométropole de Strasbourg, « Moustique tigre : la lutte intégrée porte ses fruits », 11 avril 2025, strasbourg.eu.
- Eurométropole de Strasbourg, « Lutte globale contre le moustique tigre », webmag, mars 2024, strasbourg.eu.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Opération de démoustication à Strasbourg », 2 septembre 2025, grand-est.ars.sante.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika. France hexagonale (Corse comprise) en 2025 », édition nationale, 6 mai 2026, tableaux S3 et S4, santepubliquefrance.fr (PDF).
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Météo-France, fiche climatologique Strasbourg-Entzheim (67), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, page d’accueil et carte « Communes colonisées » actualisée le 29 avril 2026, signalement-moustique.anses.fr. Décompte des communes du Bas-Rhin réalisé par Mousteek.
- Collectivité européenne d’Alsace, « Le moustique tigre : lutter contre sa propagation », consulté le 30 septembre 2026, alsace.eu.
- StrasInfo, « Lutte contre le moustique tigre à Strasbourg : des résultats encourageants », 9 avril 2025, strasinfo.fr.
- Moustique tigre, comment agir ? (site d’information des opérateurs publics de démoustication d’Alsace), « Agir contre le moustique tigre : collectivités », études locales du SLM67, consulté le 30 septembre 2026, moustiquetigre.alsace.








