En bref
Le moustique tigre est installé à Bordeaux et dans toute la Gironde depuis 2014 : le département est classé au niveau où le moustique est « implanté et actif » depuis le 20 février 2014, et l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine compte 439 communes colonisées sur 534, dont les 28 communes de Bordeaux Métropole. En 2025, la Gironde a connu ses premiers cas de chikungunya et de dengue transmis sur place, dont un en plein centre de Bordeaux. En 2026, au 28 septembre, Santé publique France y recense 12 épisodes de chikungunya et 70 malades. Aucune démoustication générale n’existe en ville : l’ARS ne traite qu’autour des malades, et la lutte passe par les jardins, où se trouvent 80 % des gîtes selon la Ville. Dans une échoppe, vérifiez d’abord les regards, les gouttières et les récupérateurs d’eau.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Bordeaux ?
Le moustique tigre est implanté à Bordeaux depuis le milieu des années 2010. La Gironde figure parmi les départements colonisés sur la carte du ministère de la Santé établie à l’issue de la saison 20139, et tout le département est classé au niveau 1 du plan anti-dissémination de la dengue et du chikungunya, celui d’un moustique « implanté et actif », depuis le 20 février 20148. Bordeaux Métropole retient elle aussi 2014 comme date d’implantation7.
Douze ans plus tard, la colonisation est presque complète. D’après le bilan 2025 de l’ARS, 439 des 534 communes de Gironde sont colonisées, soit 82 %, et elles abritent 1 589 239 habitants, 98 % de la population du département2. Les 28 communes de Bordeaux Métropole, de Bordeaux à Ambès et de Martignas-sur-Jalle à Bouliac, figurent toutes sur cette liste. Aucune commune n’a été ajoutée en 2025, faute de surveillance des communes non colonisées cette année-là, précise l’ARS2. Pour comparer avec les autres départements, notre carte du moustique tigre en France donne l’année de colonisation de chacun.
Chikungunya et dengue : les cas contractés en Gironde
La Gironde est en 2026 le département de France hexagonale le plus touché par le chikungunya contracté sur place. Au 28 septembre, Santé publique France y compte 12 des 19 épisodes de transmission recensés dans le pays, soit 70 des 125 malades4. Les plus gros foyers se trouvent à Prignac-et-Marcamps (30 cas) et à Arcachon (16 cas). Dans l’agglomération, Talence compte 5 cas, Cadaujac 2, Bordeaux et Saint-Médard-en-Jalles 1 chacune ; le cas bordelais a eu ses premiers signes le 20 août4.
Tout a commencé en 2025, première année de transmission locale en Nouvelle-Aquitaine3. En Gironde, l’ARS a confirmé des cas de chikungunya à Bordeaux, à Talence et à Saint-Aubin-de-Médoc, et un foyer de dengue de 3 cas à Langon23. Le cas bordelais habitait l’hypercentre, « constitué d’échoppes bordelaises avec des jardins difficiles d’accès » : les agents chargés des traitements nocturnes ont dû traverser des maisons pour atteindre les jardins2. Le Centre national de référence a par ailleurs trouvé un lien génétique entre les virus de Bordeaux, de Talence et de Bergerac, en Dordogne, où un seul foyer a touché 103 personnes3.
Ces épisodes partent souvent d’un voyageur malade : en 2025, la Gironde a concentré 130 des 294 cas importés de la région, soit 44 %3. La foire aux questions de Bordeaux Métropole, qui indique encore « aucun cas » depuis 20147, n’est plus à jour sur ce point. Autre maladie suivie en 2026 : 5 cas d’infection à virus West Nile en Gironde, un virus transmis par les moustiques du genre Culex et non par le moustique tigre4.
Fièvre brutale avec douleurs articulaires ou éruption : consultez votre médecin, même sans voyage récent, puisque le virus circule en Gironde. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre décrit les symptômes.
Ce que font l’ARS, la Ville et Bordeaux Métropole
À Bordeaux, l’ARS s’occupe de la santé, la Ville et la Métropole de la prévention, les habitants de leur terrain. Le Département de la Gironde, lui, n’exerce pas la compétence facultative de démoustication7.
L’ARS et son opérateur
L’ARS Nouvelle-Aquitaine surveille le moustique tigre du 1er mai au 30 novembre avec un opérateur habilité, chargé de ces missions depuis 202012. En 2025, 70 pièges ont été relevés sur 17 sites sensibles : l’aéroport de Bordeaux-Mérignac (18 pièges), les installations du port de Bordeaux sur l’estuaire à Bassens, Blaye et Le Verdon-sur-Mer, le marché d’intérêt national et 12 établissements de santé. Tous ont recueilli des œufs au moins une fois2.
Autour d’un malade, l’opérateur cherche les moustiques et, s’il en trouve, traite la nuit un rayon de 150 mètres, soit environ 7 hectares7. Les riverains sont prévenus au moins 24 heures avant, par affiche et dans les boîtes aux lettres. L’insecticide est de la deltaméthrine dosée à 1 g par hectare, ou un extrait de pyrèthre près des parcelles bio2. En 2025, année record pour le département, l’opérateur y a réalisé 83 traitements de ce type autour de cas importés et 27 autour de cas contractés sur place2.
Le centre de démoustication de la Métropole
Les agents du centre de démoustication de Bordeaux Métropole interviennent toute l’année dans les espaces publics, où plus de 2 100 gîtes larvaires sont suivis56. Les particuliers peuvent faire appel à ce service pour rechercher les gîtes de leur terrain et recevoir des conseils5. À l’été 2026, la Ville a étendu le repérage aux écoles, crèches, Ehpad, logements du CCAS et centres d’animation, prévu des poissons gambusies dans les bassins artificiels et distribué environ 2 000 kits gratuits en mairie de quartier : larvicide en granulés, sable et fiche des bons gestes6. Ces actions s’inscrivent dans le rôle préventif que la loi donne aux communes, détaillé dans notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre.
À Bruges, où la mairie étudiait en mai 2026 des lâchers de mâles stériles12, la presse locale annonce 200 000 mâles par semaine sur 82 hectares à partir de 202713.
Existe-t-il une démoustication à Bordeaux ?
Non, il n’existe pas de démoustication générale des moustiques adultes à Bordeaux. La Ville explique que Bordeaux Métropole n’en organise pas, parce que ces campagnes sont interdites en ville, inefficaces dans le temps et dangereuses pour les autres insectes5. Seule l’ARS peut traiter contre les adultes, et uniquement autour des cas de dengue, de chikungunya ou de Zika7.
La responsabilité du terrain privé revient à son occupant. Le règlement sanitaire départemental de la Gironde, par ses articles 29, 36 et 121, impose aux propriétaires et aux locataires d’éliminer les gîtes à larves sur leur parcelle, où naissent selon la Métropole plus de 90 % des moustiques7. Avant tout traitement, lisez notre guide sur la démoustication d’un jardin de particulier.
Où pond-il dans une échoppe bordelaise ?
L’échoppe, maison de plain-pied en pierre locale ouverte sur la rue, donne à l’arrière sur un jardin qui communiquait parfois avec ceux des voisins, décrit le CAUE de la Gironde11. Ce jardin clos et planté offre au moustique tigre l’abri qu’il cherche : la végétation le protège des fortes chaleurs, note la Métropole7. Selon Bordeaux Métropole, les récupérateurs d’eau de pluie et les regards de descente d’eau pluviale sont les gîtes qui produisent le plus de larves7.
Le climat entretient ces gîtes. La station Météo-France de Bordeaux-Mérignac relève 924,9 mm de pluie par an sur 122 jours, et même en juillet et en août il pleut au moins 1 mm environ sept jours par mois10. Après une averse, les œufs collés aux parois éclosent en 24 heures7. D’où la consigne de la Ville : vider les récipients une fois par semaine5.
- Les regards au pied des descentes : la Ville demande de les couvrir d’un voilage moustiquaire. Notre tutoriel pour protéger un regard de descente d’eau pluviale montre comment faire.
- Les gouttières et les chéneaux : sous la toiture en tuiles d’une échoppe, un chéneau encombré de feuilles garde l’eau. La Ville conseille de les curer5 ; notre fiche sur les gouttières comme gîte larvaire détaille les points à vérifier.
- Les coupelles : videz-les chaque semaine ou remplissez-les de sable, comme le propose le kit de la Ville. Voir notre fiche sur les vases et soucoupes.
- Les terrasses sous dalles, caves et vides sanitaires inondés : la Ville les signale parce que l’eau y reste invisible5.
Et la Garonne ? Le fleuve et les marais ne sont pas le problème : Bordeaux Métropole rappelle que le moustique tigre vit en ville, jamais dans les marais, et qu’il ne pond que dans de petites collections d’eau artificielles7.
Que faire chez vous cet automne ?
Fin septembre, la saison bordelaise n’est pas finie : dans les pièges de l’ARS, le pic d’œufs est atteint en août et l’activité ne chute qu’en octobre, quand les femelles pondent les œufs qui passeront l’hiver2. De novembre à avril, il ne reste que ces œufs, capables de survivre plusieurs années au sec et au froid7.
- Chaque semaine : videz coupelles, gamelles, pieds de parasol, bâches et pluviomètres5.
- Couvrez hermétiquement récupérateurs, fûts et regards avec un voilage moustiquaire5.
- Rangez à l’abri seaux, arrosoirs, brouettes et jouets5.
- Si l’eau ne peut pas être supprimée, traitez-la au Bti, un larvicide biologique, à renouveler chaque mois de début mai à fin octobre5.
Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Bordeaux ?
À Bordeaux, un moustique tigre se signale sur le formulaire en ligne de Bordeaux Métropole, idéalement avec une photo7, ou sur le portail national de l’Anses14. Comme toute la Métropole est colonisée, ce signalement sert surtout à affiner la carte : en 2025, 98 des 101 signalements girondins n’ont appelé aucune intervention2. Vérifiez avant d’envoyer : environ 5 mm, rayures noires et blanches sans jaune, piqûres le jour7.
- Centre de démoustication de Bordeaux Métropole : diagnostic des gîtes et conseils, via le portail mesdemarches.bordeaux-metropole.fr6.
- Mairie de Bordeaux : 05 56 10 20 30, et les kits en mairie de quartier5.
- Bordeaux Métropole : standard au 05 56 99 84 847.
- ARS Nouvelle-Aquitaine : pour la surveillance et les traitements autour des malades1.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le formulaire de signalement.
Pour la biologie de l’espèce, voyez notre page de référence sur le moustique tigre.
Sources
- Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, « Moustique tigre : surveillance et lutte contre le moustique tigre », mise à jour du 16 septembre 2026, nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, « Bilan annuel de la surveillance et de la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies humaines, Gironde, 2025 », nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr (PDF).
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en Nouvelle-Aquitaine. Bilan 2025 », 6 mai 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 30 septembre 2026 », données au 28 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Ville de Bordeaux, « Lutte contre les moustiques à Bordeaux », mise à jour du 3 juillet 2026, bordeaux.fr.
- Ville de Bordeaux, « Bordeaux renforce son plan de démoustication avant l’été », 16 juillet 2026, bordeaux.fr.
- Bordeaux Métropole, « Comment supprimer le moustique tigre », mise à jour du 6 juillet 2026, bordeaux-metropole.fr.
- Préfecture de la Gironde et ARS Nouvelle-Aquitaine, arrêté préfectoral relatif à la surveillance et à la lutte en Gironde contre les moustiques potentiels vecteurs de maladies, 2019, gironde.gouv.fr (PDF).
- Ministère de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », sante.gouv.fr, consulté le 30 septembre 2026.
- Météo-France, fiche climatologique Bordeaux-Mérignac (33), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- CAUE de la Gironde, « Maisons en kit : l’échoppe », cauegironde.com, consulté le 30 septembre 2026.
- Ville de Bruges, « Moustique tigre : tous concernés ! », 8 mai 2026, mairie-bruges.fr.
- Bouger à Bordeaux, « Bruges va lâcher 200 000 moustiques mâles stériles par semaine dès 2027 », bougerabordeaux.com, consulté le 30 septembre 2026.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, signalement-moustique.anses.fr, consulté le 30 septembre 2026.








