En bref

Le moustique tigre n’est pas installé à Lille. Au 1er janvier 2026, le Nord fait partie des treize départements de France métropolitaine où il n’est pas considéré comme colonisé, et l’Agence régionale de santé (ARS) Hauts-de-France le confirmait encore le 16 septembre 2026. Il a pourtant été repéré ponctuellement à Lille ces dernières années, et un foyer localisé a été découvert cet été à Hem, dans la métropole, grâce à des signalements d’habitants. Tous les gîtes trouvés y ont été éliminés. Ici, chaque signalement peut donc déclencher une intervention avant que l’espèce ne s’implante. Les moustiques qui vous piquent la nuit à Lille sont, eux, presque toujours des moustiques communs.

0commune colonisée dans le Nord au 1er janvier 20264
Hemfoyer localisé confirmé fin juillet 2026, gîtes éliminés1
500pièges pondoirs environ dans les 5 départements de la région2
153cas importés de dengue, chikungunya ou Zika dans la région en 2025, aucun autochtone5

Le moustique tigre est-il installé à Lille ?

Non. Ni Lille ni aucune commune du Nord ne figure parmi les communes colonisées recensées par l’Anses, et le département n’est pas classé colonisé par le ministère de la Santé au 1er janvier 20264. Le Pas-de-Calais et la Somme sont dans la même situation. Dans les Hauts-de-France, seuls l’Aisne, avec Laon depuis 2017, et l’Oise, avec Le Mesnil-en-Thelle depuis 2023, sont considérés comme faiblement colonisés2. Notre carte du moustique tigre en France montre les treize départements encore épargnés.

Non colonisé ne veut pas dire jamais vu. La Ville de Lille écrit que le moustique tigre « a été repéré de manière ponctuelle à Lille » depuis quelques années, « sans qu’il ne soit encore installé durablement »3. En mai 2025, la radio ici Nord évoquait des détections passées à Lille, notamment dans le Vieux-Lille et à Saint-Maurice Pellevoisin, et à Tourcoing8. Un moustique introduit peut piquer et pondre sans que l’espèce s’installe ; une commune n’est dite colonisée que lorsque l’espèce s’y reproduit durablement, d’une année sur l’autre.

Hem, 2026 : un foyer découvert par les habitants

À l’été 2026, l’ARS Hauts-de-France a reçu plusieurs signalements de moustiques tigres venus d’un quartier de Hem, commune de la Métropole européenne de Lille située entre Lille et Roubaix1. Des équipes spécialisées ont enquêté sur place fin juillet. Leur conclusion : le moustique tigre est bien présent, mais limité à une zone localisée, et tous les gîtes larvaires repérés ont été éliminés1.

L’ARS a publié un communiqué le 16 septembre 2026 et tenu le même jour une réunion publique à Hem pour expliquer aux habitants les gestes qui empêchent la reproduction19. Elle précise que les découvertes dans la région sont jusqu’ici restées des foyers identifiés et localisés, sans prolifération au-delà, et que le Nord n’est « à ce jour pas considéré comme colonisé »1.

Pour les Lillois, Hem montre surtout comment se passe une introduction : quelques moustiques trouvent de l’eau stagnante près des maisons, pondent, et une petite population se forme sur quelques rues. L’espèce parcourt moins de 150 mètres dans sa vie d’adulte1, si bien qu’un foyer reste longtemps confiné à un quartier, le temps que quelqu’un le remarque.

Pourquoi signaler compte plus à Lille qu’à Nantes ou Marseille

Dans un département non colonisé comme le Nord, un signalement confirmé peut déclencher une enquête de terrain et l’élimination des gîtes avant que l’espèce ne s’implante. Là où le moustique tigre est installé depuis des années, un signalement de plus apporte peu d’information nouvelle ; ici, il peut retarder une colonisation. C’est exactement ce qui s’est passé à Hem, où l’enquête de juillet a suivi des signalements de citoyens1.

La surveillance de l’ARS repose sur deux piliers2 :

  • Les pièges pondoirs : environ 500, répartis dans les cinq départements des Hauts-de-France, surtout dans les zones où une introduction est probable. Ils sont relevés de mai à novembre par l’opérateur mandaté par l’ARS, et le maire est prévenu en début de saison quand un piège est posé dans sa commune2. En 2025, des pièges étaient installés à l’aéroport de Lille, devant la sortie des passagers et à la barrière du parking8.
  • Les signalements des habitants : ils complètent les pièges, qui ne couvrent qu’un nombre limité de points. Une fois validé, un signalement sert aux opérateurs à orienter leurs enquêtes, leur piégeage et leurs actions de lutte6.

Quand le moustique est détecté, l’ARS peut mener une enquête entomologique, faire supprimer les gîtes larvaires, traiter avec des larvicides et, plus rarement, avec des adulticides. Ces interventions sont coordonnées par l’ARS et réalisées par son opérateur2. L’ARS invite aussi chaque commune à désigner un référent pour ces questions. Le rôle des communes est détaillé dans notre page sur les municipalités face au moustique tigre.

Comment le reconnaître et le signaler depuis Lille

Le moustique tigre se reconnaît à trois détails décrits par l’ARS Hauts-de-France : il est petit, environ 5 mm ; il est rayé noir et blanc sur le corps et les pattes ; il porte une ligne blanche de la tête jusqu’à la naissance des ailes1. Il pique surtout le jour et dehors1. Un moustique brun qui vous réveille la nuit dans la chambre n’en est pas un. Notre fiche sur la différence entre moustique commun et moustique tigre compare les deux espèces photo par photo.

  1. Photographiez-le nettement, ou écrasez-le proprement pour le garder. La photo doit montrer le moustique lui-même : une photo de piqûre ou d’un autre insecte n’est pas prise en compte6.
  2. Déposez le signalement sur le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, en indiquant l’adresse où vous l’avez vu23.
  3. Attendez la confirmation : un entomologiste vérifie l’identification à partir de la photo, ou d’un spécimen envoyé par courrier6.

Pour une question sur la surveillance ou une intervention, l’ARS Hauts-de-France répond au 0 809 40 20 32 ; son siège est au 556, avenue Willy-Brandt à Euralille1. La Ville de Lille renvoie vers le même portail et donne un contact pour ses conseils nature : vegetalisons@mairie-lille.fr3. Pour tout symptôme, c’est votre médecin, ou le 15 en cas d’urgence, jamais le portail.

Alors, quels moustiques vous piquent à Lille ?

Les moustiques qui piquent à Lille sont presque toujours des moustiques communs, du genre Culex, et non des moustiques tigres. Le plus répandu, Culex pipiens, est présent dans tous les pays d’Europe sauf l’Islande et les îles Féroé7. Ses femelles piquent la nuit, dedans comme dehors, ce qui explique la plupart des piqûres nocturnes dans les appartements lillois.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) distingue deux formes : l’une pique surtout les oiseaux, l’autre, dite molestus, pique surtout l’homme et les mammifères7. Ses larves se développent dans les caves inondées, les chantiers, les avaloirs, les tonneaux, les bassins et toutes sortes de récipients, et seules les femelles fécondées passent l’hiver, à l’abri du gel, dans des caves ou des abris7. Si votre maison a une cave, un moustique qui pique en novembre ou en mars en sort peut-être. Si c’est votre cas, notre guide sur le moustique dans la chambre donne les parades pour la nuit.

Le moustique commun peut transmettre le virus West Nile et le virus Usutu7, pas la dengue ni le chikungunya, qui passent par le moustique tigre.

Dengue, chikungunya : des cas à Lille ?

Jusqu’à présent, aucun cas de dengue, de chikungunya ou de Zika contracté dans les Hauts-de-France n’a été signalé, rappelle l’ARS1. Entre le 1er mai et le 30 novembre 2025, Santé publique France y a recensé 153 cas importés : 79 de dengue, 73 de chikungunya et 1 de Zika, surtout au retour de La Réunion, alors touchée par une épidémie de chikungunya5. En 2026, au 21 septembre, les 17 épisodes de transmission locale recensés en France hexagonale se situaient en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur10.

Le risque ici tient à la combinaison des deux : un voyageur malade et un moustique tigre installé à proximité. Tant que le moustique ne se reproduit pas durablement dans le Nord, la chaîne reste rompue. C’est l’autre raison pour laquelle l’ARS demande aux médecins de lui déclarer sans attendre chaque cas confirmé2.

Au retour d’un voyage en zone tropicale : une fièvre justifie de consulter votre médecin en lui disant d’où vous revenez. En cas de signe de gravité, appelez le 15.

Comment éviter qu’il s’installe dans une maison lilloise

Le moustique tigre pond dans de très petits volumes d’eau : un simple bouchon peut suffire, selon l’ARS2. Or l’eau ne manque pas. La station Météo-France de Lille-Lesquin relève en moyenne 740 mm de pluie par an, sur 126 jours avec au moins 1 mm, et encore près de 10 jours de pluie par mois de juin à septembre11. Une coupelle vidée se remplit à nouveau en quelques jours, et la Ville de Lille rappelle que les larves deviennent adultes en 5 à 7 jours seulement3.

Les gestes demandés par l’ARS et la Ville visent tous la même chose, couper l’eau13 :

  • Soucoupes et vases : videz les coupelles sous les pots ou remplissez-les de sable, et changez l’eau des vases tous les 3 à 4 jours. Notre page sur les soucoupes et les vases détaille ces gîtes minuscules.
  • Gouttières et regards : curez-les pour que l’eau s’écoule. Les descentes et regards des cours pavées gardent souvent un fond d’eau ; voyez comment traiter les gouttières qui retiennent l’eau.
  • Récupérateurs d’eau de pluie : couvrez-les entièrement ou posez une moustiquaire sur l’ouverture. Notre fiche sur le récupérateur d’eau montre les points faibles d’une cuve.
  • Objets qui traînent : rangez ou jetez tout ce qui retient la pluie, seau, bâche, jouet, arrosoir.

La Ville mise aussi sur les prédateurs naturels : elle installe des nichoirs et protège les chauves-souris, les hirondelles et les martinets, qui se nourrissent de moustiques3. Pour tout savoir sur l’espèce elle-même, son cycle et ses habitudes, lisez notre dossier sur le moustique tigre.

Si vous pensez avoir vu un moustique tigre chez vous, la Ville de Lille conseille de tenter de l’éliminer tout de suite3, puis de le signaler avec une photo. Gardez-le aussi entier que possible : l’Anses accepte l’envoi d’un spécimen par courrier6.

Sources

  1. Agence régionale de santé Hauts-de-France, « Après la découverte d’un foyer de moustiques tigres à Hem (Nord), l’ARS informe la population et appelle à la vigilance », communiqué du 16 septembre 2026, hauts-de-france.ars.sante.fr.
  2. Agence régionale de santé Hauts-de-France, « Moustique tigre : dispositif de surveillance renforcée », consulté le 30 septembre 2026, hauts-de-france.ars.sante.fr.
  3. Ville de Lille, « Le moustique tigre », Nature à Lille, consulté le 30 septembre 2026, lille.fr.
  4. Anses, portail de signalement du moustique tigre, « Communes colonisées », carte actualisée le 29 avril 2026, signalement-moustique.anses.fr ; ministère chargé de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », sante.gouv.fr.
  5. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile dans les Hauts-de-France. Bilan 2025 », juin 2026, santepubliquefrance.fr.
  6. Anses, portail de signalement du moustique tigre, « FAQ », consulté le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr.
  7. Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), « Culex pipiens, factsheet for experts », consulté le 30 septembre 2026, ecdc.europa.eu.
  8. ici Nord (Radio France), « Une campagne de surveillance du moustique tigre dans les Hauts-de-France », 18 mai 2025, ici.fr.
  9. France 3 Hauts-de-France, « Présence confirmée du moustique tigre dans la Métropole lilloise : les gestes à adopter pour éviter la prolifération », septembre 2026, france3-regions.franceinfo.fr.
  10. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  11. Météo-France, fiche climatologique Lille-Lesquin (59), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).