En bref
Oui, le moustique tigre est installé à Nancy : l’Agence régionale de santé (ARS) Grand Est a classé la ville colonisée en 2021, après l’avoir repéré en août 2020. Fin août 2025, cinq communes de la Métropole du Grand Nancy figurent sur sa liste : Nancy, Pulnoy et Seichamps (2023), Laneuveville-devant-Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy (2024). Les quinze autres communes de la métropole, et le reste de la Meurthe-et-Moselle, ne sont pas colonisés. Autour de ce foyer, chaque signalement compte : une photo déposée sur le portail de l’Anses permet de repérer une nouvelle implantation avant qu’elle ne s’étende. Dans le jardin, les gîtes à surveiller en priorité sont ceux que cite la Métropole : gouttières, regards, rigoles à grille, siphons, coupelles et récupérateurs mal couverts.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Nancy ?
Nancy est la première commune de Meurthe-et-Moselle reconnue colonisée par le moustique tigre, en 2021, selon l’ARS Grand Est1. L’agence l’y observait depuis août 2020 ; en annonçant le classement, le 30 septembre 2021, elle a fait entrer du même coup tout le département dans la liste des départements colonisés14. Une commune est dite colonisée quand le moustique y est implanté et s’y reproduit durablement, au-delà d’une simple détection.
Pendant deux ans, la ville est restée seule. Fin 2022, l’ARS écrivait encore que Nancy était la seule commune colonisée du département5. La progression s’est faite ensuite par les communes voisines :
- 2021 : Nancy1.
- 2023 : Pulnoy et Seichamps, à l’est de l’agglomération1.
- 2024 : Laneuveville-devant-Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, au sud1. Vandœuvre précise avoir été classée en octobre 20247.
Quelles communes du Grand Nancy sont colonisées ?
Cinq des 20 communes de la Métropole du Grand Nancy sont colonisées : Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy, Laneuveville-devant-Nancy, Pulnoy et Seichamps1. Elles comptent environ 150 000 habitants, soit 58 % de la population de la métropole, d’après nos calculs à partir des populations légales de l’Insee13. Le moustique tigre est donc déjà le voisin de plus d’un habitant du Grand Nancy sur deux.
Le portail de l’Anses, dont la carte a été actualisée le 29 avril 2026, nuance ce tableau. Il considère la présence du moustique comme établie à Laneuveville-devant-Nancy, Pulnoy et Seichamps, mais le dit seulement « partiellement présent » à Nancy et à Vandœuvre-lès-Nancy9. Autrement dit, certains quartiers de ces deux villes n’ont pas encore de population installée connue.
Art-sur-Meurthe, Dommartemont, Essey-lès-Nancy, Fléville-devant-Nancy, Heillecourt, Houdemont, Jarville-la-Malgrange, Laxou, Ludres, Malzéville, Maxéville, Saint-Max, Saulxures-lès-Nancy, Tomblaine et Villers-lès-Nancy n’apparaissent pas comme colonisées sur ce même portail, au 30 septembre 20269. Plusieurs touchent pourtant Nancy ou Vandœuvre. C’est là que la vigilance des habitants a le plus de valeur.
La Meurthe-et-Moselle, faiblement colonisée
À l’échelle du département, ces cinq communes pèsent peu : la Meurthe-et-Moselle compte 591 communes, et toutes les autres grandes villes (Lunéville, Toul, Pont-à-Mousson, Longwy, Dombasle-sur-Meurthe) restent hors de la liste9. Le contraste avec l’Alsace est net : dans le Bas-Rhin comme dans le Haut-Rhin, deux habitants sur trois vivent dans une commune où le moustique tigre est présent2. Notre carte du moustique tigre en France situe la Meurthe-et-Moselle parmi les départements colonisés.
Ce que font l’ARS, la Métropole et les communes
La lutte contre le moustique tigre est une compétence partagée entre l’ARS et les communes, rappelle l’ARS Grand Est dans sa page consacrée à la Meurthe-et-Moselle1. L’agence surveille et intervient autour des nouvelles détections et des malades ; les maires doivent réduire la présence de moustiques sur leur territoire, en supprimant ou en traitant les gîtes larvaires.
La surveillance de l’ARS Grand Est
Dans le département, l’ARS confie la surveillance à un opérateur de démoustication désigné par marché public3. La région compte en 2026 un réseau de 347 pièges pondoirs, placés dans les villes les plus peuplées, les sites sensibles et les secteurs exposés aux importations2. Ces pièges restent ponctuels ; c’est pourquoi l’ARS s’appuie aussi fortement sur les signalements des habitants3. En 2025, 321 signalements venus de communes non colonisées du Grand Est ont été analysés2.
Quand un piège ou un signalement est confirmé, une enquête de terrain informe les riverains, recherche les gîtes larvaires et les supprime ou les fait traiter2. L’ARS prévient alors le préfet, le conseil départemental et le maire de la commune3. La surveillance renforcée court chaque année de mai à novembre4.
Les communes et la Métropole
Pour les élus du Grand Nancy, l’ARS recommande d’intégrer le moustique dans les projets d’aménagement : pentes renforcées, terrasses carrelées plutôt que sur plots, dispositifs mis hors d’eau, curage régulier1. La Métropole du Grand Nancy mène une campagne d’information sur les gestes à faire chez soi et renvoie vers le portail de signalement6. La Ville de Nancy relaie les mêmes consignes dans son magazine municipal dès 20238. Notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre détaille ce qu’une commune peut faire.
Une limite à connaître : ces opérations visent à freiner l’implantation et à éviter la transmission de virus. La lutte contre la simple gêne, les piqûres et les démangeaisons, relève d’une compétence historique des communes et des départements, distincte des missions de l’ARS4.
Dengue et chikungunya : quels cas dans le Grand Est ?
Aucun cas de dengue ou de chikungunya transmis sur place n’a été signalé en Meurthe-et-Moselle. Le Grand Est a connu ses premiers épisodes en 2025, tous deux de chikungunya et dans le Bas-Rhin : un cas à Lipsheim et trois cas à Ostwald, au sud de Strasbourg10. Ces épisodes faisaient partie des 809 cas autochtones de chikungunya recensés cette année-là en France hexagonale10.
En 2026, au 21 septembre, les épisodes de transmission locale se situent en Nouvelle-Aquitaine, en Occitanie, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, aucun dans le Grand Est11. La région a pourtant enregistré depuis le 1er mai 13 cas importés de chikungunya, 21 de dengue et 4 de Zika11. Un moustique tigre qui pique l’un de ces voyageurs malades peut ensuite transmettre le virus : c’est ce risque que la surveillance cherche à couper.
Au retour d’un voyage en zone tropicale : évitez de vous faire piquer et consultez rapidement un médecin si des symptômes apparaissent, recommande l’ARS Grand Est4. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre décrit les symptômes à surveiller.
Faut-il encore signaler un moustique tigre à Nancy ?
Oui, dans la plupart du Grand Nancy le signalement reste utile. Pour Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy, où il n’est que « partiellement présent », le portail de l’Anses invite encore à déclarer une observation9. Dans les quinze communes non colonisées de la métropole et dans le reste du département, un signalement peut révéler une nouvelle implantation. Seules Laneuveville-devant-Nancy, Pulnoy et Seichamps sont considérées comme déjà acquises9.
Avant de signaler, vérifiez l’identification. D’après l’ARS, le moustique tigre mesure environ 5 mm, moins qu’une pièce de 1 centime ; il porte des rayures noires et blanches, sans jaune, sur le corps et les pattes ; il pique le jour, surtout au lever du jour et au crépuscule4. Notre comparatif moustique commun ou moustique tigre aide à lever le doute.
- Photographiez l’insecte, même écrasé, s’il reste reconnaissable7.
- Gardez-le si possible entre deux couches de coton, au cas où les experts en auraient besoin, conseille la Ville de Vandœuvre7.
- Déposez le signalement sur signalement-moustique.anses.fr : un questionnaire vérifie d’abord qu’il s’agit bien d’un moustique tigre49.
- ARS Grand Est : siège au 3, boulevard Joffre à Nancy, 03 83 39 30 30, pour la surveillance et les interventions2. En cas de doute, l’opérateur missionné par l’ARS dans le département peut identifier un moustique sur photo4.
- Métropole du Grand Nancy : 03 83 91 83 916.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.
Où pond-il dans un jardin nancéien ?
À Nancy, la pluie remplit les récipients du jardin environ tous les trois jours en été. La station Météo-France de Nancy-Essey relève 746 mm de pluie par an, et de juin à septembre il pleut au moins 1 mm neuf jours par mois en moyenne12. L’été y est chaud, avec 55 jours par an au-dessus de 25 °C, mais l’hiver est continental : environ 63 jours de gel12. La saison active est donc plus courte qu’au sud ; le moustique tigre s’y montre du printemps jusqu’en novembre7, et l’ARS demande de supprimer les eaux stagnantes de mai à octobre1.
La Métropole du Grand Nancy cite des gîtes que l’on trouve dans les cours et jardins de l’agglomération6 :
- Les évacuations : regards d’eau de pluie, rigoles ouvertes ou couvertes de grilles, bondes et siphons, à nettoyer régulièrement. Voyez comment traiter les avaloirs, bouches d’égout et siphons.
- Les gouttières : bouchées par les feuilles, elles gardent l’eau. La Ville de Nancy les cite avec les coupelles comme gîtes typiques8. Notre fiche sur les gouttières comme gîte larvaire montre où regarder.
- Les terrasses sur plots : l’ARS conseille aux communes du Grand Nancy de leur préférer les terrasses carrelées1. Si vous en avez une, voici comment trouver l’eau stagnante sous une terrasse sur plots.
- Les coupelles et le petit matériel : videz-les au moins après chaque pluie ou remplissez-les de sable ; rangez à l’abri seaux, arrosoirs, jouets et outils ; videz les plis de bâches et les pieds de parasol6.
- Les réserves d’eau : récupérateurs, bidons et fûts restés dehors se couvrent d’un voile ou d’une moustiquaire, de façon que le moustique ne puisse pas atteindre l’eau6.
Gardez votre mare : la Ville de Nancy rappelle que le moustique tigre ne se reproduit pas dans les mares de jardin, qui abritent au contraire des prédateurs de larves comme les libellules8. Pour un bassin d’agrément, l’ARS conseille d’y introduire des poissons4.
Pour aller plus loin sur l’espèce elle-même, son cycle et sa progression, lisez notre dossier sur le moustique tigre.
Sources
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : une vigilance renforcée en Meurthe-et-Moselle », 25 août 2025, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : les actions 2026 pour freiner sa progression en Grand Est », 30 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : la lutte anti-vectorielle | Collectivités », 10 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Moustique tigre : prévention, symptômes et conseils pour se protéger des maladies vectorielles », 3 juin 2026, grand-est.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Grand Est, « Lutte contre le moustique tigre : toujours sous surveillance en Grand Est ! », bilan des communes colonisées en 2022, version archivée le 3 novembre 2024, web.archive.org.
- Métropole du Grand Nancy, « Moustique tigre : agissons ensemble pour limiter sa prolifération », consulté le 30 septembre 2026, grandnancy.eu.
- Ville de Vandœuvre-lès-Nancy, « Moustique tigre : signalement », 4 juillet 2025, vandoeuvre.fr.
- Ville de Nancy, « Moustique-tigre : supprimons l’eau des récipients ! », Nancy Mag n° 14, juin-août 2023, nancy.fr (PDF).
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, « Communes colonisées », carte actualisée le 29 avril 2026, recherche par commune effectuée le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2025 », 6 mai 2026, santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Météo-France, fiche climatologique Nancy-Essey (54), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Insee, populations légales des communes de la Métropole du Grand Nancy, via l’API Découpage administratif, consulté le 30 septembre 2026, geo.api.gouv.fr.
- ici Lorraine (France Bleu), « La ville de Nancy, classée “zone colonisée” par le moustique tigre », 30 septembre 2021, ici.fr.








