En bref
Le moustique tigre est installé à Lyon depuis 2014, selon la Ville de Lyon, et il est présent dans le Rhône depuis 2012. En 2026, les 58 communes de la Métropole de Lyon, Villeurbanne comprise, figurent sur la carte des communes colonisées de l’Anses. En 2025, le Rhône a connu un cas de chikungunya contracté sur place, à Meyzieu. L’Agence régionale de santé (ARS) surveille l’insecte du 1er mai au 30 novembre et fait traiter, par l’EID Rhône-Alpes, les abords du domicile des malades. Le moustique qui vous pique est né à moins de 150 mètres, sur un balcon, dans une cour ou dans un jardin voisin.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Lyon ?
La Ville de Lyon indique que la commune est colonisée par le moustique tigre depuis 20141. L’espèce avait été détectée dans la région deux ans plus tôt, en 2012, dans quatre départements à la fois : l’Ardèche, la Drôme, l’Isère et le Rhône7.
Une commune est dite colonisée quand l’un de trois critères est rempli : des œufs trouvés sur trois relevés successifs d’un piège pondoir, des larves ou des adultes observés à plus de 150 mètres d’un premier signalement, ou deux détections distantes de plus de 500 mètres7.
Toute la Métropole, 160 communes du Rhône
Les 58 communes de la Métropole de Lyon sont aujourd’hui en zone colonisée. Nous avons croisé le centre de chaque commune avec la carte que l’Anses publie sur son portail de signalement, consultée le 30 septembre 202611 : aucune commune de la Métropole n’y échappe, de Villeurbanne à Meyzieu, de Vénissieux à Rillieux-la-Pape.
Sur l’ensemble du Rhône et de la Métropole, le même calcul donne 160 communes colonisées sur 266, où vivent environ 94 % des habitants. Ce calcul de Mousteek est indicatif, pas un chiffre officiel. Les communes encore épargnées sont surtout rurales et en altitude : monts du Lyonnais (Saint-Martin-en-Haut, Duerne, Larajasse) et haut Beaujolais (Thizy-les-Bourgs, Cours, Claveisolles). La saison 2026 n’a ajouté que deux communes colonisées dans le Rhône, selon l’ARS6 : il reste peu de terrain à gagner en plaine.
À l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes, 1 328 communes étaient colonisées fin 2025, contre 1 192 un an plus tôt, et 80 % de la population régionale vit désormais au contact du moustique tigre5. Pour comparer avec les autres départements, notre carte du moustique tigre en France classe chacun selon son année de colonisation.
Ce que font l’ARS, l’EID Rhône-Alpes et la Métropole
La lutte contre le moustique tigre à Lyon se partage entre trois acteurs : l’ARS pour la santé, l’EID Rhône-Alpes pour le terrain, les communes et la Métropole pour la prévention. Le cadre général est décrit dans notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre.
L’ARS et son opérateur, l’EID
Depuis le 1er janvier 2020, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes organise la surveillance de l’aire d’implantation du moustique et les interventions autour des malades. Elle confie ce travail, par marché public, à l’Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication (EID Rhône-Alpes, aussi appelée EIRAD)8. Cet établissement public, financé notamment par le Rhône et la Métropole de Lyon, compte une cinquantaine d’agents répartis sur quatre bases9. Il relève un réseau régional d’environ 300 pièges pondoirs7.
Quand un médecin déclare un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika, l’EID cherche le moustique dans un rayon de 150 à 200 mètres autour des lieux fréquentés par le malade. S’il est présent, elle détruit les gîtes et pulvérise un insecticide contre les adultes7, après avoir prévenu le maire et les habitants8. En 2025, le Rhône a compté 21 de ces traitements, sur 133 dans toute la région7.
La Métropole de Lyon
La Métropole le rappelle sur son site : l’ARS ne déclenche une opération que lorsqu’un cas est déclaré, pour protéger le voisinage du malade2. Chacun doit supprimer les « nids à moustiques » autour de son domicile2.
Les moustiques des bords du Rhône, de la Saône et des zones humides relèvent d’une autre logique. Comme le département, la Métropole a défini des zones de lutte contre les moustiques des milieux naturels, où l’EID entretient les zones humides et traite les larves8. Ces moustiques de rivière et de marais ne sont pas des moustiques tigres : ce dernier, espèce urbaine, se développe dans de petites quantités d’eau, dans l’espace public comme chez les particuliers8.
Lyon, Villeurbanne, Mions : trois approches
La Ville de Lyon mise sur l’information : elle demande de surveiller les contenants d’avril à octobre et de changer l’eau des fleurs chaque semaine1. Villeurbanne est allée plus loin. En 2024, la ville a posé une centaine de nichoirs à oiseaux, prédateurs des moustiques, et installé près des crèches et des écoles deux types de pièges : des bornes qui imitent un gîte de ponte et des pièges à CO2 qui aspirent les moustiques dans un filet4. La municipalité estime pourtant que 70 % du contrôle des populations vient des petits gestes de chacun4.
Mions, au sud-est de l’agglomération, avait déjà des bornes anti-moustiques et subventionne l’achat de pièges par les habitants13. En avril 2026, la commune a lancé des lâchers de moustiques mâles stérilisés aux rayons X, pour un contrat de 70 000 euros, avec l’objectif affiché de diviser les populations par deux dès la première année12. Selon France 3, Mions est la troisième commune française à tenter cette technique de l’insecte stérile12 ; notre article sur l’insecte stérile testé en Italie présente les résultats obtenus ailleurs. Aucun bilan de l’opération de Mions n’a été publié à ce jour.
Dengue et chikungunya : quels cas dans le Rhône ?
En 2025, un habitant de Meyzieu a contracté le chikungunya sur place, avec des symptômes apparus le 8 septembre ; le virus avait été rapporté par une personne revenant d’Occitanie7. C’est le seul cas autochtone du Rhône cette année-là, alors que la région en a compté 57, dont 46 en Isère autour d’Eybens, Claix et Varces7.
| Indicateur | Rhône |
|---|---|
| Cas importés de dengue | 46 |
| Cas importés de chikungunya | 49 |
| Cas autochtones de chikungunya | 1 |
| Traitements contre les moustiques adultes | 21 |
Avec 95 malades rentrés de voyage, le Rhône est le département de la région qui a déclaré le plus de cas importés, devant l’Isère (77)7. En 2026, au 6 septembre, la région recensait 59 cas importés et aucun cas autochtone6.
Au retour d’un voyage : une fièvre, des douleurs articulaires ou une éruption après un séjour en zone tropicale justifient de consulter votre médecin et de vous protéger des piqûres pour ne pas contaminer les moustiques du quartier. En cas de signe de gravité, appelez le 15.
Où pond-il dans l’habitat lyonnais ?
Le climat lyonnais convient bien au moustique tigre. À Lyon-Bron, Météo-France relève en moyenne 84 jours par an à 25 °C ou plus, dont environ 31 à 30 °C ou plus, et 820,8 mm de pluie. De juin à août, il tombe encore 10 mm ou plus en une journée un peu plus de deux fois par mois, et l’automne est la saison la plus arrosée : 82,5 mm en septembre, 99,8 mm en octobre10. Une seule averse suffit à remplir une soucoupe, et il faut environ une semaine pour qu’un œuf devienne un adulte1. Ce moustique, qui pond sur les parois sèches des récipients1, est décrit sur notre page consacrée au moustique tigre.
La Ville de Lyon le dit sans détour : si vous en voyez un chez vous, il est né à proximité, « sur un balcon de votre immeuble, dans votre jardin ou chez votre voisin »1.
- Les balcons des immeubles : jardinières, pots et soucoupes sont les premiers gîtes d’une ville où beaucoup d’habitants n’ont pas de jardin. Villeurbanne conseille de remplir les soucoupes de sable et d’abriter de la pluie ce qui traîne sur le balcon3. Voir aussi notre fiche sur les vases et soucoupes.
- Les cours intérieures et les passages : dans les immeubles anciens de la Presqu’île, de la Croix-Rousse ou du Vieux-Lyon, traboules et cours recueillent l’eau des toits dans des grilles, des regards et des caniveaux. La Ville demande de vérifier leur bon écoulement1. Un siphon de cour mal entretenu se comporte comme une bouche d’égout ou un avaloir.
- Les gouttières : une gouttière bouchée par les feuilles garde l’eau au-dessus des têtes, hors de vue. La Métropole les cite parmi les gîtes courants2.
- Les jardins familiaux et partagés : bidons, citernes et bassins de récupération d’eau de pluie doivent être couverts, les arrosoirs et brouettes retournés1. Notre page sur le récupérateur d’eau montre ses points faibles, et celle sur les tuteurs en bambou un gîte que l’on oublie souvent au potager.
Contre les piqûres, la Ville de Lyon recommande moustiquaires, vêtements longs, répulsif sur la peau découverte et ventilateur, car le moustique vole mal face au vent1. Avant d’envisager un traitement, sachez que l’EID Rhône-Alpes propose aux particuliers un diagnostic à domicile, avec des conseils pour supprimer les gîtes9.
Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Lyon ?
Le signalement se fait en ligne sur le portail de l’Anses, signalement-moustique.anses.fr, avec une photo2. Le portail sert d’abord à repérer le moustique dans les communes non colonisées11. À Lyon ou Villeurbanne, un signalement n’apprendra donc rien de neuf aux autorités ; il reste utile dans les monts du Lyonnais et le haut Beaujolais. Pour le reconnaître : environ 5 mm, des rayures noires et blanches sur l’abdomen et les pattes, et des piqûres en plein jour, surtout le matin et en fin de journée12.
- EID Rhône-Alpes : demande de diagnostic et de conseils à domicile sur eid-rhonealpes.com9.
- Métropole de Lyon : 04 78 63 40 40, du lundi au vendredi de 7 h 30 à 18 h 302.
- Mairie de Lyon : 04 72 10 30 301.
- Villeurbanne, direction de la santé publique : 04 78 03 67 73, pour signaler un lieu où les moustiques prolifèrent3.
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : 04 72 34 74 006.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.
Fin septembre, la saison n’est pas finie : la Métropole situe l’activité du moustique jusqu’au 30 novembre2. Vider les récipients maintenant, c’est retirer des œufs qui écloraient au printemps.
Sources
- Ville de Lyon, « Le moustique tigre est de retour », 21 mai 2026, lyon.fr.
- Métropole de Lyon, « La lutte contre le moustique tigre », mise à jour du 18 février 2026, grandlyon.com.
- Ville de Villeurbanne, « Moustiques tigres : les bons réflexes pour s’en protéger », consulté le 30 septembre 2026, villeurbanne.fr.
- Viva, magazine de la Ville de Villeurbanne, « Lutte contre les moustiques tigres : comment ça marche ? », 10 avril 2026, viva.villeurbanne.fr.
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre en Auvergne-Rhône-Alpes : 80 % des habitants exposés, un enjeu de santé publique », 23 avril 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : la vigilance reste de mise », 18 septembre 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Auvergne-Rhône-Alpes. Bilan 2025 », 22 avril 2026, santepubliquefrance.fr.
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes et partenaires, « Moustique tigre, une compétence partagée », fiche pratique, juillet 2022, agirmoustique.fr (PDF).
- Entente interdépartementale Rhône-Alpes pour la démoustication, site officiel, consulté le 30 septembre 2026, eid-rhonealpes.com.
- Météo-France, fiche climatologique Lyon-Bron (69), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, carte des communes colonisées, consultée le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr ; décompte par commune calculé par Mousteek.
- France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, « 200 000 moustiques tigres vont être relâchés dans cette commune d’ici à la fin de l’été », 25 avril 2026, france3-regions.franceinfo.fr.
- Ville de Mions, « Moustique tigre », consulté le 30 septembre 2026, mions.fr.








