En bref
Le moustique tigre est installé à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône depuis 2010, d’après les cartes du ministère de la Santé. En 2026, 115 des 119 communes du département sont dans la zone colonisée du portail de l’Anses. Le 25 août 2026, l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur a annoncé un cas de dengue contracté sur place dans le 12e arrondissement : l’épisode a compté deux malades et il est clos fin septembre. Les traitements autour des malades sont faits par l’EID Méditerranée, un opérateur public ; il n’existe pas de démoustication de confort. Comme il pleut très peu l’été à Marseille, ce sont surtout l’arrosage, les soucoupes des toits-terrasses et les évacuations bouchées qui gardent l’eau où il pond.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Marseille ?
Les Bouches-du-Rhône figurent parmi les départements colonisés par le moustique tigre depuis la saison 2010, selon les cartes annuelles du ministère de la Santé1. Au 1er janvier 2025, le ministère classait le département parmi les « fortement » colonisés, c’est-à-dire avec au moins 40 % de communes où l’espèce s’est implantée durablement1. Notre carte du moustique tigre en France situe cette date par rapport aux autres départements : le département a été touché parmi les premiers, après les Alpes-Maritimes et le Var.
Seize ans plus tard, le département est presque entièrement couvert. Nous avons croisé la liste des 119 communes avec la couche des communes colonisées du portail de l’Anses : 115 sont dans la zone2. Les quatre qui n’y figurent pas sont de petites communes du nord-ouest, entre les Alpilles et la Durance : Alleins, Aureille, Aurons et Saint-Estève-Janson. Marseille, Aix-en-Provence, Aubagne, Martigues ou Arles sont toutes classées colonisées.
À l’échelle de la région, l’ARS estime que plus de 97 % des habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur vivent au contact du moustique tigre3. Pour la biologie de l’espèce, son origine et sa durée de vie, voyez notre page sur le moustique tigre (Aedes albopictus).
Dengue et chikungunya : les cas à Marseille en 2025 et 2026
Marseille a connu en août 2026 le premier cas de dengue autochtone de la région cette année, c’est-à-dire une dengue contractée sur place, sans voyage en zone tropicale dans les quinze jours précédents. L’ARS l’a annoncé le 25 août 2026 : le malade habitait ou avait séjourné dans le 12e arrondissement4. Début septembre, l’ARS comptait deux cas autochtones de dengue dans les Bouches-du-Rhône5. Dans son bulletin du 30 septembre 2026, Santé publique France recense à Marseille un épisode de deux cas, avec des premiers symptômes les 5 et 7 août, et le classe comme clos6. C’est le seul épisode de dengue de la région cette saison ; en France hexagonale, on en compte quatre, pour six malades6.
En 2025, année record en France avec 809 cas autochtones de chikungunya, les Bouches-du-Rhône ont connu 12 épisodes de chikungunya, soit 106 cas d’après le tableau publié par Santé publique France7. Deux ont touché Marseille : deux cas dans le 4e arrondissement entre le 18 août et le 9 septembre 2025, deux autres dans le 8e à la mi-septembre. Le plus gros foyer du département était Vitrolles, avec 47 cas. La même année, deux épisodes de dengue ont été recensés à Aubagne (10 cas) et à Rognac (5 cas)7.
Le virus West Nile circule aussi dans le département : 28 cas humains en 2026 au 28 septembre6. Il est transmis par les moustiques du genre Culex, le moustique commun, et non par le moustique tigre6. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes de chacune.
Fièvre après une piqûre : la Ville de Marseille demande de consulter un médecin en cas de fièvre brutale avec douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête ou éruption cutanée11. Pendant les sept jours où un malade peut infecter les moustiques qui le piquent, l’ARS lui conseille de se protéger des piqûres et de limiter ses déplacements4. En cas de signe de gravité, appelez le 15.
Ce que font l’ARS, l’EID Méditerranée et la Ville de Marseille
L’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur pilote la lutte contre le moustique tigre pour des raisons de santé, de mai à novembre3. Sur le terrain, les enquêtes et les traitements sont confiés à l’EID Méditerranée, l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen, un opérateur public dont les Bouches-du-Rhône sont membres810.
Autour d’un malade
Quand un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika est déclaré, les techniciens de l’EID viennent d’abord vérifier si des moustiques tigres vivent autour des lieux fréquentés par le malade. Cette enquête se fait en urgence, sans prévenir les habitants par courrier : seule la mairie est informée8. Si des adultes sont trouvés, un traitement suit dans les jours qui viennent, dans un rayon d’environ 150 mètres, avec de la deltaméthrine contre les adultes et du Bti, un larvicide biologique, dans les gîtes8. Un avis « Attention traitement moustiques » est déposé dans les boîtes aux lettres et affiché dans les halls d’immeuble ; la pulvérisation a lieu en fin de nuit et dure moins d’une heure8.
Après le cas du 12e, l’ARS a annoncé des traitements sur la voie publique et dans les jardins privés, du porte-à-porte et une vigilance renforcée des médecins du secteur4. Si un technicien sonne chez vous, laissez-le accéder au jardin ou à la cour : l’ARS demande aux habitants de coopérer8.
Pas de démoustication de confort
L’EID Méditerranée ne traite contre le moustique tigre que pour prévenir les maladies, pas pour réduire la gêne10. Un quartier où l’on se fait beaucoup piquer ne sera donc pas pulvérisé pour autant. L’ARS rappelle que 80 % des gîtes larvaires se trouvent dans les jardins et espaces privés, et que la suppression de l’eau stagnante reste la méthode la plus durable9.
La Ville de Marseille, elle, intervient sur l’espace public : si vous repérez des déchets accumulés ou de l’eau stagnante dans la rue, elle demande de le signaler à Allô Mairie11. Le maire dispose de pouvoirs de police sanitaire pour faire cesser une situation qui favorise les moustiques9 ; notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre explique ce que la loi leur confie. Le Département des Bouches-du-Rhône diffuse de son côté des conseils et oriente vers la mairie et les comités d’intérêt de quartier (CIQ)14.
Toits-terrasses, soucoupes et arrosage : où il pond à Marseille
À Marseille, le moustique tigre dépend peu de la pluie en été. La station Météo-France de Marignane relève en moyenne 10,8 mm de pluie en juillet, sur 1,4 jour, et 532 mm sur toute l’année13. L’eau qui le fait vivre de juin à août vient surtout de l’arrosage. La Ville demande d’ailleurs de limiter l’arrosage des pelouses en période sèche quand il n’est pas indispensable11. La pluie revient ensuite en force : 82 mm en septembre, 73 en octobre, 76 en novembre en moyenne13, alors que le moustique tigre reste actif jusqu’en novembre3.
Le guide sur l’habitat collectif diffusé par la Ville de Marseille recense les gîtes des immeubles, et beaucoup concernent les toits et les terrasses12 :
- Les soucoupes et jardinières : le trop-plein d’arrosage y stagne. Le guide conseille de vider l’excédent et de remplir les soucoupes de sable12. Notre fiche sur les vases et soucoupes comme gîtes larvaires montre les bons gestes.
- Les toits-terrasses et terrasses sur dalle : une évacuation bouchée ou mal placée, une pente insuffisante ou un défaut de planéité laissent des flaques durables12. Les siphons de sol posent le même problème : voyez comment surveiller les siphons, avaloirs et bouches d’égout.
- Les gouttières et chéneaux : bouchés, tordus ou en contre-pente, ils sont à vérifier après chaque pluie et surtout après la chute des feuilles12. Notre page sur les gouttières comme gîtes larvaires détaille le nettoyage.
- Les fuites d’arrosage automatique : un goutteur mal réglé qui mouille toujours le même creux suffit12.
Les cabanons et les bastides posent un autre problème : on y vient moins en automne. Un seau, une bâche ou un bidon laissé dehors en septembre se remplit aux premières grosses pluies et produit des moustiques sans que personne le voie. Rangez à l’abri tout ce qui peut retenir l’eau avant de fermer pour la saison.
Dans les cimetières de la ville, les vases et les soucoupes des tombes gardent l’eau des fleurs entre deux visites. Remplacez l’eau des vases par du sable humide, comme le conseille le Département pour les soucoupes14. Notre guide sur la gestion des soucoupes dans les cimetières donne d’autres solutions.
Que faire chez soi à Marseille ?
La Ville de Marseille fixe un rythme simple : inspecter et vider tous les contenants après les pluies et tous les cinq jours11. Voici ses consignes, dans l’ordre de la saison :
- Avant le 15 mars, débroussaillez et taillez les herbes hautes et les haies11.
- Tous les cinq jours, videz, couvrez ou supprimez les récipients qui gardent de l’eau11.
- En période sèche, limitez l’arrosage des pelouses et ramassez les fruits tombés au sol11.
- Récupérateurs d’eau : couvrez-les d’une moustiquaire fine ou d’un couvercle hermétique14.
Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Marseille ?
Le signalement d’un moustique tigre se fait sur le portail de l’Anses, avec une photo. Ce portail recueille en priorité les observations faites dans les communes non colonisées, et un signalement ne déclenche pas de démoustication2. À Marseille, colonisée depuis longtemps, il n’apprendra donc rien aux autorités ; il reste utile à Alleins, Aureille, Aurons ou Saint-Estève-Janson. Pour le reconnaître : il mesure moins de 7 mm, il est noir rayé de blanc et pique surtout le jour, dehors14.
- Allô Mairie : 3013 ou 04 91 55 11 11, pour signaler de l’eau stagnante ou des déchets sur l’espace public11.
- ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur : 132, boulevard de Paris, 13003 Marseille, 04 13 55 80 10, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h, pour les questions sur la surveillance et les traitements3.
- Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.
Questions fréquentes à Marseille
La Ville peut-elle démoustiquer mon quartier ?
Non, pas pour la gêne. Les pulvérisations sont décidées par l’ARS autour d’un malade, et l’EID ne traite pas pour le confort10. La Ville agit sur l’espace public quand on lui signale de l’eau stagnante11.
Mon immeuble est plein de moustiques : à qui m’adresser ?
Parlez-en d’abord au syndic : toits-terrasses, chéneaux et évacuations font souvent partie des parties communes. Le guide diffusé par la Ville leur conseille aussi d’informer et d’accompagner les occupants toute l’année pour les balcons et jardinières12.
Sources
- Ministère de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », cartes annuelles 2004 à 2022 et carte au 1er janvier 2025, sante.gouv.fr.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, carte des communes colonisées et page d’accueil, consultés le 30 septembre 2026, signalement-moustique.anses.fr. Décompte des communes fait par Mousteek à partir de cette carte.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Moustique tigre et lutte anti vectorielle », consulté le 30 septembre 2026, paca.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Un premier cas de dengue détecté en Provence-Alpes-Côte d’Azur », 25 août 2026, paca.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Point de situation sur les cas autochtones d’arboviroses dans notre région », 4 septembre 2026, paca.ars.sante.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 30 septembre 2026 », données au 28 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en France hexagonale. Bilan 2025 », 6 mai 2026, tableau S2 et tableau des épisodes de dengue, santepubliquefrance.fr.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Enquête et traitement de démoustication », 28 avril 2026, paca.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Le rôle des collectivités, de la lutte contre le moustique tigre à la protection de la population », 18 juin 2026, paca.ars.sante.fr.
- EID Méditerranée, « Lutte antivectorielle (LAV) moustique-tigre », consulté le 30 septembre 2026, eid-med.org.
- Ville de Marseille, « Nuisibles », rubrique moustique tigre, consulté le 30 septembre 2026, marseille.fr.
- Ville de Marseille et moustiquetigre.org, « Comment réduire la nuisance du moustique tigre : habitat collectif », 2017, marseille.fr (PDF).
- Météo-France, fiche climatologique Marignane (13), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Département des Bouches-du-Rhône, « Lutter contre le moustique-tigre dans les Bouches-du-Rhône », consulté le 30 septembre 2026, departement13.fr.








