En bref

Le moustique tigre est installé à Nantes depuis 2022, selon l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire. Au 28 septembre 2026, la Loire-Atlantique compte 45 communes colonisées, dont 26 ajoutées cette année, et 18 des 24 communes de Nantes Métropole figurent sur la liste. L’ARS surveille le moustique du 1er mai au 30 novembre avec un réseau de pièges et fait traiter les abords du domicile des malades de dengue ou de chikungunya. Aucun cas contracté sur place n’a été recensé dans la région en 2025. Si vous pensez en avoir vu un hors d’une commune colonisée, photographiez-le et signalez-le sur le portail de l’Anses. Dans l’agglomération, la pluie fréquente remplit les avaloirs, le dessous des terrasses sur plots et les récupérateurs mal fermés : ce sont les premiers endroits à vérifier.

2022année où Nantes est reconnue colonisée1
45communes colonisées en Loire-Atlantique en septembre 20261
0cas autochtone de dengue ou de chikungunya dans la région en 20256
120 joursde pluie par an en moyenne à Nantes-Bouguenais8

Depuis quand le moustique tigre est-il à Nantes ?

Nantes figure sur la liste des communes colonisées par le moustique tigre depuis 2022, d’après l’ARS Pays de la Loire1. Une commune est dite colonisée quand le moustique y est implanté et s’y reproduit durablement. L’espèce était arrivée dans la région par la Vendée, où elle a été détectée pour la première fois en 20141.

En Loire-Atlantique, les deux premières communes reconnues colonisées sont Le Pellerin et Saint-Sébastien-sur-Loire, en 2019. Rezé a suivi en 2021, puis Nantes et Bouguenais en 20221. L’installation s’est donc faite par le sud-Loire et les bords du fleuve avant de gagner la ville-centre.

Communes colonisées en Loire-Atlantique, cumul par année (d’après la liste de l’ARS)
AnnéeNouvelles communesTotal
201922
202113
202225
202349
2024514
2025519
20262645

La saison 2026 marque un net coup d’accélérateur : le nombre de communes colonisées du département a plus que doublé en un an. Ce total ne compte que les communes où l’implantation a été confirmée ; le moustique peut être présent ailleurs sans être encore enregistré.

Quelles communes de Nantes Métropole sont colonisées ?

Sur les 24 communes de Nantes Métropole, 18 apparaissent en septembre 2026 dans la liste des communes colonisées de l’ARS1. Voici leur année d’entrée :

  • 2019 à 2022 : Le Pellerin, Saint-Sébastien-sur-Loire, Rezé, Bouguenais et Nantes.
  • 2023 : Basse-Goulaine, La Chapelle-sur-Erdre, Orvault et Vertou.
  • 2024 et 2025 : Les Sorinières, Sainte-Luce-sur-Loire, Saint-Herblain, puis Carquefou.
  • 2026 : Thouaré-sur-Loire, La Montagne, Indre, Couëron et Bouaye.

Brains, Mauves-sur-Loire, Saint-Aignan-Grandlieu, Saint-Jean-de-Boiseau, Saint-Léger-les-Vignes et Sautron ne figurent pas encore sur la liste. Vu la vitesse de progression autour d’elles, un habitant de ces six communes a tout intérêt à guetter le moustique dès le printemps et à le signaler s’il le voit. L’ARS publie aussi une carte interactive de la région, mise à jour avec la liste1.

La Loire-Atlantique, premier département colonisé des Pays de la Loire

Avec 45 communes sur les 114 de la région, la Loire-Atlantique est le département des Pays de la Loire qui en compte le plus, devant le Maine-et-Loire (43), la Vendée (19), la Sarthe (4) et la Mayenne (3)1. Pour situer le département dans l’ensemble du pays, notre carte du moustique tigre en France donne les chiffres nationaux et explique la « vigilance rouge ».

Hors métropole, deux fronts se dessinent. Au sud-est, le vignoble est largement touché : Clisson, Aigrefeuille-sur-Maine, Haute-Goulaine et Le Pallet en 2025, puis Vallet, Gétigné, Monnières, Le Loroux-Bottereau ou La Haie-Fouassière en 2026. Sur la côte, Saint-Nazaire est colonisée depuis 2024, et La Baule-Escoublac, Pornichet, Le Pouliguen, Saint-Brevin-les-Pins et La Plaine-sur-Mer l’ont rejointe en 20261. Les stations balnéaires, très fréquentées l’été, sont désormais concernées.

Santé publique France estime que près de 1,4 million d’habitants des Pays de la Loire vivaient en 2025 dans une zone où le moustique tigre est présent, soit 37 % de la population régionale, contre 2 % en 20206.

Ce que font l’ARS et Nantes Métropole

L’ARS Pays de la Loire surveille le moustique tigre, et elle seule décide d’un traitement insecticide contre lui pour raison de santé. Nantes Métropole, de son côté, informe les habitants et rappelle les gestes à faire chez soi5.

La surveillance de l’ARS

Chaque année, du 1er mai au 30 novembre, l’ARS mène avec Santé publique France une surveillance renforcée2. En Loire-Atlantique, elle la confie au laboratoire public Inovalys. Plus de 200 pièges pondoirs, des seaux noirs contenant de l’eau traitée et un support de ponte, sont relevés au moins une fois par mois dans la région, en priorité près des ports, des aéroports, des établissements de santé et des communes voisines de zones colonisées2.

Quand un piège ou un signalement révèle le moustique dans un secteur jusque-là indemne, le laboratoire mène une enquête de terrain. Ses agents font du porte-à-porte, cherchent avec les habitants les points d’eau des jardins privés et les vident ou, à défaut, les traitent avec un larvicide biologique, le Bti2.

Les interventions autour des malades

Lorsqu’un médecin déclare un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika, l’ARS retrace les lieux fréquentés par le malade pendant sa période contagieuse. Si des moustiques tigres y sont trouvés, un traitement peut être décidé dans un rayon de 150 mètres environ3. L’insecticide, à base de deltaméthrine faiblement dosée, est pulvérisé la nuit depuis la rue ou à pied, quand les moustiques se reposent dans la végétation3.

  1. Rentrez chez vous pendant le passage : le traitement s’interrompt si quelqu’un reste dehors3.
  2. Fermez portes et fenêtres et gardez-les fermées une à deux heures après l’intervention3.
  3. Attendez trois heures avant de retourner dans le jardin3.

Nantes Métropole précise les limites de ces opérations : elles ne tuent que les moustiques adultes, sur une zone restreinte, et ne visent pas à éradiquer l’espèce. Il n’y a pas de démoustication « de confort » contre la gêne5. La collectivité déconseille aussi l’usage répété d’insecticides chez soi et rappelle que les lâchers de moustiques stériles ne sont qu’en expérimentation en métropole5. Si vous envisagez de traiter votre terrain, notre guide sur la démoustication d’un jardin de particulier fait le point sur ce qui marche.

Dengue, chikungunya, West Nile : quels cas autour de Nantes ?

Aucun cas de dengue, de chikungunya ou de Zika contracté sur place n’a été déclaré dans les Pays de la Loire en 2025, alors que la France hexagonale en a compté près de 800 cette année-là6. La région a pourtant recensé 120 cas importés entre le 1er mai et le 30 novembre 2025 : 69 de chikungunya, 50 de dengue et 1 de Zika, rapportés surtout de La Réunion et des Antilles6. Chacun de ces voyageurs pouvait, en théorie, infecter un moustique tigre local.

En 2026, au 21 septembre, les 17 épisodes de transmission locale de dengue ou de chikungunya se situent en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine, en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, aucun dans les Pays de la Loire7. La même surveillance signale en revanche les premiers cas humains d’infection à virus West Nile en Loire-Atlantique et en Maine-et-Loire7. Ce virus passe surtout par les moustiques du genre Culex, le moustique commun, et non par le moustique tigre9. Notre page sur le virus West Nile explique cette maladie.

Au retour d’un voyage : une fièvre brutale avec des douleurs ou une éruption dans les 15 jours qui suivent un séjour en zone tropicale justifie de consulter rapidement votre médecin, rappelle Nantes Métropole5. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes.

Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Nantes ?

Le signalement d’un moustique tigre se fait en ligne, sur le portail de l’Anses (signalement-moustique.anses.fr), avec au moins une photo qui permette de l’identifier210. À défaut de photo, l’ARS accepte un spécimen en bon état et bien protégé2. Ces signalements servent à repérer de nouvelles zones d’implantation.

À Nantes même, colonisée depuis 2022, un nouveau signalement n’apprendra rien aux autorités. Il reste utile dans les six communes de la métropole encore absentes de la liste et dans le reste du département. Avant de signaler, vérifiez qu’il s’agit bien d’un moustique tigre : moins d’un centimètre, rayé noir et blanc, avec une ligne blanche sur le dos, et actif le jour, surtout vers 7 ou 8 heures et entre 18 et 20 heures4.

  • ARS Pays de la Loire : 17, boulevard Gaston-Doumergue à Nantes, 02 49 10 40 00, ars-pdl-contact@ars.sante.fr, pour les questions sur la surveillance et les traitements1.
  • AlloNantes : 02 40 41 90 00, du lundi au vendredi de 8 h à 19 h et le samedi de 8 h à 13 h, pour les services de la ville et de la métropole5.
  • Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.

Pourquoi l’habitat nantais lui convient si bien

Nantes offre au moustique tigre de l’eau de pluie presque toute la saison. La station Météo-France de Nantes-Bouguenais relève en moyenne 819,5 mm de pluie par an, sur environ 120 jours de pluie. Même de juin à septembre, les mois les plus secs, il pleut au moins 1 mm environ sept jours par mois8. Un récipient vidé se remplit donc de nouveau en une semaine, alors que Nantes Métropole conseille de vider les contenants tous les 5 jours5. La femelle pond sur les parois humides, et les œufs éclosent quand l’eau monte4.

Parmi les gîtes qu’elle cite, l’ARS nomme des éléments qu’on retrouve dans beaucoup de maisons de l’agglomération : avaloirs pluviaux, gouttières bouchées, terrasses sur plots, récupérateurs d’eau de pluie4.

  • Les regards d’eau pluviale : au pied des descentes de gouttière, ils peuvent garder de l’eau entre deux averses. Notre tutoriel pour protéger un regard de descente d’eau pluviale montre comment le couvrir.
  • Les terrasses sur plots : sous les lames, l’eau stagne dans les creux de la dalle, hors de vue. Voici comment trouver l’eau stagnante sous une terrasse sur plots.
  • Les récupérateurs d’eau : Nantes Métropole demande de les recouvrir entièrement5. Si vous stockez de l’eau de pluie pour l’arrosage, vérifiez que chaque cuve est bien fermée. Notre page sur le récupérateur d’eau comme gîte larvaire détaille les points faibles.
  • Le petit mobilier : coupelles, gamelles, arrosoirs, seaux, bâches, pieds de parasol, brouettes à ranger debout5.

Fin septembre, la saison n’est pas terminée : le moustique tigre reste actif jusqu’en novembre dans la région4, et les œufs pondus maintenant passeront l’hiver en dormance4. Notre calendrier du moustique tigre indique quoi faire au jardin à l’automne et au printemps, avant les premières éclosions.

Sources

  1. Agence régionale de santé Pays de la Loire, « Moustique tigre : les communes colonisées en Pays de la Loire », 28 septembre 2026, pays-de-la-loire.ars.sante.fr.
  2. Agence régionale de santé Pays de la Loire, « Moustique tigre : un moustique sous haute surveillance », 29 juillet 2025, pays-de-la-loire.ars.sante.fr.
  3. Agence régionale de santé Pays de la Loire, « Foire aux questions : moustique tigre et opérations de lutte antivectorielle (LAV) planifiées par l’ARS Pays de la Loire », 21 septembre 2026, pays-de-la-loire.ars.sante.fr.
  4. Agence régionale de santé Pays de la Loire, « Moustique tigre : savoir le reconnaître et signaler sa présence », 15 janvier 2026, pays-de-la-loire.ars.sante.fr.
  5. Nantes Métropole, « Moustique tigre : se protéger et éviter sa prolifération », mise à jour du 30 septembre 2026, metropole.nantes.fr.
  6. Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en Pays de la Loire. Bilan 2025 », 7 mai 2026, santepubliquefrance.fr.
  7. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  8. Météo-France, fiche climatologique Nantes-Bouguenais (44), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
  9. Assurance maladie, « Maladies virales : dengue, chikungunya, Zika, fièvre jaune, encéphalite japonaise, fièvre du Nil », consulté le 28 septembre 2026, ameli.fr.
  10. Anses, portail de signalement du moustique tigre, signalement-moustique.anses.fr, consulté le 30 septembre 2026.