En bref

Le moustique tigre est implanté à Poitiers depuis 2020, un an après Chauvigny, première commune colonisée de la Vienne en 2019, selon l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine. Fin 2025, le département comptait 37 communes colonisées, contre 4 en 2022, et 59 % des habitants de la Vienne vivaient dans l’une d’elles. La Vienne reste pourtant classée « faiblement colonisée » : bien moins de 40 % de ses communes sont touchées. Aucun cas de dengue ou de chikungunya contracté sur place n’y a été recensé, ni en 2025 ni en 2026 au 21 septembre. À Poitiers, la Ville désigne les récupérateurs d’eau comme les principaux gîtes et conseille de mettre du sable dans les coupelles, y compris au cimetière.

2020année où l’implantation est confirmée à Poitiers1
37communes colonisées dans la Vienne fin 20251
59 %des habitants de la Vienne vivent dans une commune colonisée1
0cas autochtone de dengue ou de chikungunya dans la Vienne en 20254

Depuis quand le moustique tigre est-il à Poitiers ?

Le moustique tigre est installé à Poitiers depuis 2020, d’après le bilan de l’ARS Nouvelle-Aquitaine pour la Vienne1. Une commune est dite colonisée quand l’espèce y est implantée et s’y reproduit durablement. La première du département a été Chauvigny, en 2019 ; Châtellerault et Lussac-les-Châteaux ont suivi en 20221. Depuis, la progression est régulière :

Communes colonisées dans la Vienne, total en fin d’année (ARS Nouvelle-Aquitaine)
AnnéeCommunes colonisées
20224
202317
202429
202537

Rapporté aux 265 communes du département, le total reste modeste. Le ministère de la Santé classait d’ailleurs la Vienne parmi les départements « faiblement » colonisés au 1er janvier 2025, c’est-à-dire avec moins de 40 % de communes touchées7. Mais ces communes rassemblent l’essentiel des habitants : 59 % de la population de la Vienne y vit1. Notre carte du moustique tigre en France permet de comparer la Vienne aux départements voisins.

Quelles communes autour de Poitiers sont colonisées ?

Sur la carte des communes colonisées de l’Anses, actualisée le 29 avril 2026, une vingtaine des 40 communes de la communauté urbaine de Grand Poitiers apparaissent touchées3. On y trouve notamment Buxerolles, Saint-Benoît, Migné-Auxances, Vouneuil-sous-Biard, Biard, Mignaloux-Beauvoir, Chasseneuil-du-Poitou, Saint-Georges-lès-Baillargeaux, Fontaine-le-Comte, Montamisé, Ligugé et Dissay.

La carte dessine un axe net : la vallée du Clain. De Vivonne à Châtellerault, en passant par Iteuil, Ligugé, Saint-Benoît, Poitiers, Chasseneuil-du-Poitou, Dissay et Naintré, la plupart des communes riveraines sont colonisées3. Côté Boivre, Biard et Vouneuil-sous-Biard le sont aussi. La rivière elle-même n’y est pour rien : le moustique tigre pond dans de petits récipients artificiels, et la Ville de Poitiers rappelle que les flaques, les bassins à poissons et les piscines traitées ne sont pas des gîtes pour lui2.

Dans Grand Poitiers, Lusignan et Chauvigny figurent aussi sur la carte. Plus loin, l’Anses signale Montmorillon, Lussac-les-Châteaux, Civray et Neuville-de-Poitou3. La carte a quelques mois de retard sur le terrain : le moustique peut être présent dans une commune avant d’y être enregistré.

Ce que font l’ARS et la Ville de Poitiers

L’ARS Nouvelle-Aquitaine surveille le moustique tigre dans la Vienne et décide des démoustications autour des malades, par l’intermédiaire d’opérateurs sous contrat1. La Ville de Poitiers, elle, informe les habitants et répond à leurs questions par sa direction Salubrité, Santé publique2.

Des pièges à l’aéroport, au CHU et au Futuroscope

En 2025, 39 pièges pondoirs ont été relevés chaque mois de mai à novembre dans le département, 60 en comptant les déplacements en cours d’année1. Ils étaient posés à l’aéroport de Poitiers-Biard, au CHU et à la polyclinique de Poitiers, au centre hospitalier de Châtellerault, au Futuroscope, à Center Parcs et dans neuf communes encore indemnes.

L’ARS a aussi formé 41 référents communaux lors de cinq sessions, à Montamisé, L’Isle-Jourdain, Mignaloux-Beauvoir, Chasseneuil-du-Poitou et Valence-en-Poitou, et tenu des réunions publiques à Avanton, Mazerolles et Montamisé1. Le rôle des communes dans cette lutte est détaillé dans notre page sur les municipalités face au moustique tigre.

Le porte-à-porte plutôt que la démoustication

La collectivité ne pratique pas de démoustication pour le confort des habitants, et beaucoup le lui reprochent8. Une enquête menée avec l’université auprès de 178 habitants de deux quartiers résidentiels a montré que le quartier visité en porte-à-porte appliquait mieux les consignes que celui qui n’avait reçu aucune campagne8. La chargée de santé environnementale du contrat local de santé y juge la démoustication « peu efficace sur le long terme »8. Grand Poitiers relaie le même message et la liste des bons gestes de l’ARS10.

Dengue et chikungunya : quels cas dans la Vienne ?

Aucun cas de dengue ou de chikungunya contracté dans la Vienne n’a été identifié en 2025, alors que la Nouvelle-Aquitaine a connu cette année-là ses premiers épisodes autochtones : 17 de chikungunya, pour 160 cas, et 1 de dengue, à Langon4. Le plus proche de Poitiers s’est produit à Chauray, dans les Deux-Sèvres4. En 2026, au 21 septembre, les épisodes de la région se situent en Gironde, dans les Landes et en Dordogne5.

Le département reçoit en revanche des cas importés. En 2025, 8 cas de dengue et 7 de chikungunya ont été déclarés dans la Vienne1. Dans la région, ces malades revenaient surtout de La Réunion et des îles de l’océan Indien pour le chikungunya, des Antilles ou de Polynésie pour la dengue4. L’ARS a mené 24 enquêtes sur les lieux fréquentés par ces malades ; 9 ont trouvé des moustiques tigres et débouché sur 5 démoustications et 2 traitements de larves1. L’une d’elles a eu lieu dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025 dans le quartier de Montmidi, au nord-ouest de Poitiers, après le séjour d’une personne atteinte de chikungunya9.

Au retour d’un voyage : une fièvre brutale avec des douleurs articulaires ou une éruption dans les jours qui suivent un séjour en zone tropicale justifie de consulter votre médecin. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Le guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes.

Où pond-il dans un jardin poitevin ?

À Poitiers, les récupérateurs d’eau sont les premiers gîtes du moustique tigre, selon la Ville2. La femelle pond une centaine d’œufs tous les quatre jours sur le rebord d’un récipient, et ces œufs éclosent quand l’eau monte2.

Le climat lui laisse peu de répit. La station Météo-France de Poitiers-Biard relève 695 mm de pluie par an, sur 109 jours de pluie. Même en juillet et en août, les mois où il pleut le moins souvent, on compte six à sept jours par mois avec au moins 1 mm6. Un seau laissé dehors a donc toutes les chances de se remplir d’une semaine sur l’autre, et la Ville conseille de vider les récipients une fois par semaine2.

Dans les maisons de ville du centre, aux cours souvent petites, comme dans les pavillons de la périphérie, les consignes de la Ville visent quelques points précis2 :

  • Les cuves et bidons : à couvrir d’un tissu moustiquaire, sans le moindre interstice. Notre page sur le récupérateur d’eau comme gîte larvaire montre où l’eau reste accessible.
  • Les regards : la Ville demande de vérifier que l’eau de pluie s’écoule jusqu’au fond. Voici comment traiter les regards qui gardent de l’eau.
  • Le petit matériel : coupelles, arrosoirs, seaux, pots, pneus, jouets et petites piscines d’enfant hors d’usage. Le guide des seaux et arrosoirs oubliés donne les bons réflexes de rangement.
  • Les tombes : la Ville cite les cimetières parmi les lieux les plus propices, à cause des coupelles sous les pots de fleurs. Elle conseille de les remplir de sable ou de s’en passer, comme l’explique notre page sur les soucoupes au cimetière.

L’astuce de la Ville : du sable dans la coupelle garde l’humidité pour la plante, mais la femelle ne peut plus y pondre2.

Pour tout savoir sur l’insecte, son cycle et sa saison, notre dossier sur le moustique tigre reprend l’essentiel.

Qui contacter et comment signaler un moustique tigre à Poitiers ?

Le signalement se fait sur le portail de l’Anses, avec une photo3. Un moustique tigre mesure environ 5 mm, moins qu’une pièce d’un centime, porte des rayures noires et blanches sans jaune et pique le jour2.

À Poitiers même, un signalement n’apprend plus rien aux autorités. En 2025, 128 signalements de la Vienne n’ont pas été examinés parce qu’ils venaient de zones déjà connues, alors que 32 ont été expertisés, dont 27 confirmés1. Le portail reste utile si vous voyez le moustique dans une commune qui ne figure pas encore sur la carte.

  • Ville de Poitiers, direction Salubrité, Santé publique : 05 49 52 35 35, salubrite.sante.publique@grandpoitiers.fr2.
  • Délégation de l’ARS dans la Vienne : ars-dd86-sante-environnement@ars.sante.fr, notamment pour les communes (formation de référents, exposition « Sur la piste du moustique tigre »)1.
  • Votre médecin ou le 15 : pour tout symptôme, jamais le portail de signalement.

Sources

  1. Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, « Évolution de l’implantation du moustique tigre dans la Vienne en 2025 », avril 2026, nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr (PDF).
  2. Ville de Poitiers, « Moustiques tigres », consulté le 30 septembre 2026, poitiers.fr.
  3. Anses, portail de signalement du moustique tigre, carte des communes colonisées actualisée le 29 avril 2026, signalement-moustique.anses.fr.
  4. Santé publique France, « Chikungunya, dengue et Zika en Nouvelle-Aquitaine. Bilan 2025 », 6 mai 2026, santepubliquefrance.fr (PDF).
  5. Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
  6. Météo-France, fiche climatologique Poitiers-Biard (86), statistiques 1991-2020, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
  7. Ministère de la Santé, « Cartes de présence du moustique tigre (Aedes albopictus) en France métropolitaine », carte au 1er janvier 2025, sante.gouv.fr.
  8. Acteurs Actions Santé Environnement Nouvelle-Aquitaine, « Moustique tigre : une enquête met en lumière l’utilité du porte à porte », 24 mai 2024, santeenvironnement-nouvelleaquitaine.fr.
  9. France 3 Nouvelle-Aquitaine, « Une opération contre les moustiques-tigres à Poitiers dans la nuit du 7 au 8 juillet », juillet 2025, france3-regions.franceinfo.fr.
  10. Grand Poitiers Communauté urbaine, « Gestion des espèces exotiques envahissantes », consulté le 30 septembre 2026, grandpoitiers.fr.