En bref
Le moustique tigre est installé en Isère depuis l’été 2012 et à Grenoble depuis 2013, selon la préfecture et la Ville. En 2025, l’Isère a été le département d’Auvergne-Rhône-Alpes le plus touché par les transmissions locales : 46 cas de chikungunya contractés sur place, dont 37 autour d’Eybens. En 2026, aucun cas autochtone n’a été relevé dans la région au 21 septembre. L’ARS traite autour des malades, la Ville et la Métropole traitent bassins et réseau pluvial, mais l’essentiel des lieux de ponte est chez les particuliers. Dans la cuvette grenobloise, chaleur et orages d’été remplissent coupelles, dalles de balcon et bidons de jardin : ce sont eux qu’il faut vider.
Depuis quand le moustique tigre est-il à Grenoble ?
Le moustique tigre est arrivé à Grenoble en 2013, d’après la Ville7, un an après sa découverte en Isère. La préfecture de l’Isère date de l’été 2012 la confirmation de son implantation dans le département6. La même année 2012, l’insecte était repéré dans trois autres départements de la région : l’Ardèche, la Drôme et le Rhône4.
Il s’est ensuite étendu vite, comme dans toute la région, où 1 328 communes étaient colonisées fin 20251. Le Département de l’Isère comptait près de 240 communes colonisées en juin 20249, et l’ARS en a ajouté 11 dans le département au cours de la saison 20262. Sur la couche des communes colonisées du portail de l’Anses, nous en relevons environ 272 sur les 512 communes iséroises au printemps 2026 : un calcul de Mousteek, pas un chiffre officiel. Notre carte du moustique tigre en France situe l’Isère parmi les autres départements.
Pourquoi la cuvette grenobloise lui convient si bien
Grenoble cumule la chaleur d’une vallée encaissée et des pluies d’été fréquentes, deux conditions qui accélèrent le cycle du moustique tigre. À la station Météo-France de Grenoble-Le Versoud, à 220 mètres d’altitude, la température dépasse 30 °C en moyenne 35 jours par an, dont plus de 12 en juillet. Il y tombe 981 mm de pluie par an, et même en juillet et en août, il pleut au moins 1 mm environ 8 jours par mois12.
Chaque averse remplit les petits contenants, et la chaleur fait le reste : en été, le cycle de l’œuf à l’adulte dure une semaine, rappelle le Département9.
L’été 2026 l’a confirmé : la sécheresse et les fortes chaleurs ont retardé le développement du moustique, puis quelques épisodes de pluie ont suffi à ramener les densités au niveau de 2025 à la même période, observe l’ARS le 18 septembre2.
Et l’Isère, le Drac, les étangs ?
Les berges de l’Isère et du Drac ne sont pas le problème principal. Le moustique tigre pond dans de toutes petites quantités d’eau, et le Département estime que 80 % de ses lieux de ponte se trouvent chez les particuliers : cours, balcons, jardins, arrosoirs, soucoupes9. Une vraie mare, avec poissons et grenouilles, ne produit pas de larves de moustique tigre, précise la Ville de Grenoble : si les piqûres pullulent à côté, l’eau stagnante est ailleurs8. La démoustication des marais et zones humides relève d’un autre dispositif, porté par le Département15.
Les cours d’eau compliquent en revanche les traitements sanitaires, qui respectent une zone tampon autour des points d’eau3. En 2025, 15 traitements n’ont pu être menés en entier dans la région pour ces raisons ou à cause d’un chenil ; des pièges ont alors été posés pendant un mois4.
Ce que font la Ville, la Métropole et l’ARS
À Grenoble, trois niveaux de collectivités agissent contre le moustique tigre, chacun sur son terrain ; notre page sur le rôle des municipalités face au moustique tigre explique ce partage.
La Ville de Grenoble
Les services de la Ville traitent les bassins, parcs, jardins et bâtiments publics avec un larvicide et y introduisent des prédateurs naturels, poissons et batraciens7. Son service Santé environnementale intervient chez des particuliers ou sur des chantiers quand des riverains signalent une accumulation d’eau. Il peut dresser un procès-verbal transmis à l’ARS, sur la base de l’arrêté préfectoral du 15 mai 2019 : cet arrêté oblige propriétaires, occupants et entrepreneurs de travaux à supprimer les gîtes larvaires7.
Grenoble-Alpes Métropole
La régie d’assainissement de la Métropole traite au larvicide le réseau de collecte des eaux pluviales7. En 2020, l’opération visait les quelque 30 000 avaloirs des 49 communes, deux à trois fois par saison, avec un produit biologique préconisé par l’EID et actif huit semaines11. La Métropole demande aussi aux particuliers équipés d’une cuve aérienne de la fermer par un couvercle hermétique et de la choisir opaque10.
L’ARS et l’EIRAD, autour des malades
Quand un cas de dengue, de chikungunya ou de Zika est signalé, les techniciens de l’EIRAD font du porte-à-porte autour des lieux fréquentés par le malade. S’ils trouvent des moustiques tigres, un insecticide est pulvérisé la nuit dans un rayon de 150 mètres, à très faible dose (0,5 g par hectare)3. En Isère, en 2025, l’ARS a reçu 123 signalements, fait mener 113 enquêtes et 63 traitements4.
- La veille, un flyer est déposé dans les boîtes aux lettres ou affiché dans l’immeuble ; sans flyer, vous n’êtes pas dans la zone3.
- Pendant le passage, restez dedans, fenêtres fermées, linge, jouets et animaux à l’abri3.
- Ensuite, rincez mobilier et jeux, et attendez trois jours avant de manger les légumes du jardin, rincés3.
Eybens, Claix, Varces : le chikungunya de l’été 2025
En 2025, le sud de l’agglomération grenobloise a connu la plus forte transmission locale de chikungunya de la région : trois foyers liés entre eux, 46 cas chez des personnes qui n’avaient pas voyagé4.
Bilan Santé publique France, avril 2026
Trois foyers, une même souche
À Claix, un voyageur revenu de La Réunion est à l’origine de cinq cas en juillet. À Eybens, 37 personnes sont tombées malades entre le 31 juillet et le 19 septembre, puis 4 à Varces jusqu’au 4 octobre4. Pour Eybens et Varces, aucun malade à l’origine n’a été retrouvé, mais le séquençage du Centre national de référence a relié les trois foyers à une même souche venue de La Réunion4.
En 2026, au 6 septembre, la région comptait 59 cas importés, 43 de dengue et 16 de chikungunya, et aucun cas autochtone2. Au 21 septembre, les 17 épisodes de transmission locale de l’Hexagone se situaient tous hors d’Auvergne-Rhône-Alpes5. Le même bulletin signale en revanche, pour la première fois, des cas humains de virus West Nile en Isère5. Ce virus est transmis par les moustiques du genre Culex, et non par le moustique tigre4.
Fièvre au retour de voyage : maux de tête avec fièvre, douleurs articulaires ou éruption pendant un séjour en zone tropicale ou au retour justifient de consulter un médecin en lui signalant le voyage. Continuez à vous protéger des piqûres pendant 15 jours après le retour1. En cas de signe de gravité, appelez le 15. Notre guide des maladies transmises par le moustique tigre détaille les symptômes.
Où pond-il sur un balcon grenoblois ou dans un jardin familial ?
Dans une ville d’immeubles comme Grenoble, beaucoup de gîtes sont sur les balcons, comme le montre la liste de contrôle publiée par la Ville en mai 20268.
Les balcons et les terrasses d’immeuble
Un balcon envahi de moustiques est souvent un balcon en dalles sur plots : l’eau stagne sous les dalles, hors de vue. La Ville conseille d’y faire poser du sable ou du gravier par un professionnel, qui tiendra compte du poids supplémentaire. Locataire, vous pouvez rappeler au syndic ou au bailleur qu’il doit se conformer à l’arrêté préfectoral de 20198. Notre fiche sur l’eau stagnante sous une terrasse sur plots montre où regarder.
Viennent ensuite les coupelles des jardinières : videz-les après chaque pluie ou remplissez-les de sable, la plante y puise l’eau sans que le moustique puisse pondre8. Voir aussi notre page sur les soucoupes et les vases. Gouttières et chéneaux doivent avoir assez de pente pour que l’eau ne stagne pas, et les rigoles à grille doivent rester propres8. Sur les toits terrasses aussi, la Ville conseille de poser du sable ou du gravier sous les dalles7.
Les jardins familiaux et les potagers
Sur une parcelle, l’eau d’arrosage se stocke dehors : bidons, fûts, cuves. La Ville demande de couvrir d’un voile ou d’une moustiquaire tout bidon qui doit rester à l’extérieur, et de vérifier chaque semaine les récupérateurs d’eau de pluie, car le moustique entre parfois même quand il y a un couvercle8. La fiche sur le récupérateur d’eau comme gîte larvaire liste ses points faibles.
- À ranger à l’abri : seaux, arrosoirs, brouettes, caisses, tuiles et matériel de chantier8. Détails sur les seaux et arrosoirs.
- À entretenir : bornes d’arrosage, regards d’eau de pluie, bondes et siphons, caillebotis8.
Fin septembre, la saison n’est pas finie : la surveillance court jusqu’au 30 novembre, et les œufs pondus maintenant peuvent éclore au printemps2. Pour mieux connaître l’insecte, lisez notre dossier sur le moustique tigre.
Qui contacter à Grenoble ?
La Ville s’occupe de l’eau stagnante chez un tiers, l’ARS des traitements, votre médecin des symptômes.
- Service Santé environnementale de la Ville : formulaire en ligne sur grenoble.fr/sse, pour un terrain abandonné ou un chantier plein d’eau stagnante à Grenoble8. Hors de Grenoble, adressez-vous à la mairie de la commune concernée.
- ARS, délégation de l’Isère : 17-19, rue Commandant-l’Herminier à Grenoble, 04 72 34 74 00, ars-dt38-delegue-territorial@ars.sante.fr13.
- Centre antipoison de Lyon : 04 72 11 69 11, en cas d’irritation ou de gêne respiratoire après un traitement3.
- Portail de l’Anses : signalement-moustique.anses.fr, utile seulement dans une commune iséroise pas encore colonisée ; ces signalements alimentent la carte régionale414.
Questions fréquentes à Grenoble
Pourquoi ne pas démoustiquer toute l’agglomération ?
Un traitement insecticide général ne réduirait pas la gêne : il tue les adultes mais pas les œufs ni les larves, et une nouvelle génération sort dans les jours qui suivent, explique l’ARS. Répété, il rend les moustiques résistants et tue aussi les autres insectes3.
La Ville aide-t-elle à acheter un piège ?
Non. La Ville ne subventionne pas les pièges et ne les conseille pas en premier recours : un piège pondoir mal entretenu devient un gîte8.
Sources
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre en Auvergne-Rhône-Alpes : 80 % des habitants exposés, un enjeu de santé publique », 23 avril 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : la vigilance reste de mise », 18 septembre 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moustique tigre : quand et comment est déclenchée une opération de démoustication ? », 3 août 2026, auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr.
- Santé publique France et EIRAD, « Chikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Auvergne-Rhône-Alpes. Bilan 2025 », 22 avril 2026, santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Chikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 23 septembre 2026 », données au 21 septembre 2026, santepubliquefrance.fr.
- Préfecture de l’Isère, « Lutte contre la dissémination du moustique tigre », mise à jour du 25 septembre 2013, isere.gouv.fr.
- Ville de Grenoble, communiqué de presse « Des gestes simples pour réduire efficacement la prolifération des moustiques tigres », 2 juillet 2021, grenoble.fr (PDF).
- Ville de Grenoble, « Checklist anti-moustique tigre », 18 mai 2026, grenoble.fr.
- Département de l’Isère, « Moustique-tigre… une espèce indésirable », 24 juin 2024, isere.fr.
- Grenoble-Alpes Métropole, « Récupérer l’eau de pluie », consulté le 30 septembre 2026, grenoblealpesmetropole.fr.
- Place Gre’net, « Démoustication : la Métropole combat les moustiques tigres à la source avec un traitement biologique », 28 juin 2020, placegrenet.fr.
- Météo-France, fiche climatologique Grenoble-LVD (38), statistiques 1999-2020 et records, donneespubliques.meteofrance.fr (PDF).
- Annuaire de l’administration, « Agence régionale de santé (ARS), délégation départementale de l’Isère », lannuaire.service-public.gouv.fr, consulté le 30 septembre 2026.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre, signalement-moustique.anses.fr, consulté le 30 septembre 2026.
- Département de l’Isère, « Lutter contre le moustique tigre », consulté le 30 septembre 2026, isere.fr.








