En bref

Moustiques et bébé : jusqu’à 1 an, la meilleure protection est une moustiquaire sur le berceau, le landau et la poussette, recommandée en priorité par le Haut Conseil de la santé publique. Un répulsif cutané ne vient qu’en complément, choisi selon l’âge inscrit sur la notice : l’IR3535 à faible dose chez le nourrisson, l’icaridine à partir de 1 an, le DEET à partir de 2 ans. Bracelets, huiles essentielles, ultrasons et diffuseurs électriques sont à écarter. Après une piqûre, une fièvre chez un bébé de moins de 3 mois impose de consulter en urgence.

0 à 1 anmoustiquaire sur le berceau ou le landau, recommandée en priorité1
1 fois par jourau plus, pour la notice d’un répulsif à l’IR3535 chez le nourrisson1
Moins de 3 anspas de diffuseur électrique d’insecticide dans la pièce3
Moins de 3 moistoute fièvre impose une consultation en urgence4

Pourquoi les bébés attirent-ils les moustiques ?

Un bébé n’attire pas forcément plus les moustiques qu’un adulte, mais il se défend moins bien et réagit souvent plus fort. Les moustiques se guident sur le gaz carbonique, la chaleur et les odeurs de la peau, que notre guide sur ce qui attire les moustiques détaille. Une revue publiée en 2021 note que les adultes seraient plutôt plus attirants que les enfants, sans que l’effet de l’âge soit établi6.

Le bébé, lui, ne chasse pas l’insecte, dort de longues heures et garde souvent les bras et les jambes découverts en été. Les enfants font aussi partie des personnes dont la peau réagit le plus : plaques qui grattent, ou gros gonflement autour de la piqûre, appelé syndrome de Skeeter7. Dans une étude sur 180 enfants, ces réactions fortes touchaient davantage les enfants allergiques, avec un terrain atopique chez 35 % d’entre eux contre 12 % dans le groupe témoin7.

Protéger le bébé à la maison : moustiquaire, filet, ventilateur

La moustiquaire est la protection de base du bébé, la nuit comme pendant la sieste. Le HCSP recommande de privilégier la protection mécanique avant l’âge de la marche, avec une moustiquaire de berceau ou de landau1. L’Anses précise qu’une moustiquaire protège bien même sans insecticide2.

  1. Équipez le lit de bébé d’une moustiquaire bordée sous le matelas ou qui touche le sol3.
  2. Gardez-la hors de sa bouche : l’Assurance maladie demande de vérifier que l’enfant ne la porte pas à la bouche3. En France métropolitaine, prenez-la non imprégnée : le HCSP réserve les moustiquaires imprégnées d’insecticide aux zones de paludisme, car un nourrisson qui les mâchouille s’expose trop aux pyréthrinoïdes1.
  3. Posez des moustiquaires aux fenêtres de sa chambre, que le HCSP place parmi les protections à privilégier1.
  4. Ajoutez un ventilateur ou la climatisation en appoint. Le ventilateur perturbe le vol des moustiques sans les tuer ; son efficacité reste limitée, il complète la moustiquaire sans la remplacer1.

Pas de diffuseur dans sa chambre : les diffuseurs électriques d’insecticide ne sont plus recommandés pour les enfants de moins de 3 ans, en raison d’un risque pour le développement du cerveau3. Le HCSP écarte, par précaution, tous les produits aux pyréthrinoïdes en présence d’un enfant de cet âge, sauf la moustiquaire imprégnée en zone de paludisme1.

Si un moustique vous réveille la nuit, notre page moustique dans la chambre explique comment le trouver et l’empêcher de revenir.

Répulsifs pour bébé : âge minimum et précautions

Un anti-moustique pour bébé se choisit d’après l’âge écrit sur sa notice, et seulement parmi les produits autorisés au DEET, à l’IR3535 ou à l’icaridine, avec un numéro d’autorisation de la forme FR-AAAA-XXXX2. Le HCSP donne ces repères dans son rapport de juin 20261 :

  • De 0 à 1 an : IR3535 à 10 %, la moustiquaire restant recommandée en priorité.
  • Dès 12 mois : icaridine à 20 %.
  • Dès 2 ans : DEET à 20 % ou IR3535 à 20 %.
  • Dès 12 ans : DEET ou IR3535 à 30 %.

Les notices fixent aussi le nombre d’applications. Celle d’un répulsif à 10 % d’IR3535, reprise par le HCSP, autorise chez le nourrisson une seule application par jour, limitée au visage, aux bras, aux jambes et aux pieds, et jamais sur tout le corps ; à partir de 1 an, deux applications par jour au plus1. Une notice d’icaridine admet l’enfant dès 1 an, une fois par jour1.

Avant 6 mois, demandez conseil : l’Assurance maladie mentionne l’IR3535 à partir de 6 mois seulement, et contre-indique le DEET avant 2 ans3. Pour un bébé de moins de 6 mois, comptez sur la moustiquaire et les vêtements, et demandez l’avis de votre pharmacien ou de votre médecin avant tout produit sur la peau.

Pour l’appliquer sans risque, suivez les consignes de l’Anses et de l’Assurance maladie23 :

  1. Un adulte applique le produit, toujours, jusqu’à 12 ans2.
  2. Versez-le dans vos mains, puis étalez-le : ne pulvérisez jamais un spray directement sur l’enfant2. Préférez une crème ou une lotion3.
  3. Évitez ses mains et son visage, le contour des yeux et de la bouche, et toute peau irritée2.
  4. Mettez la crème solaire d’abord, puis attendez une vingtaine de minutes avant le répulsif3.
  5. Rangez le flacon hors de sa portée1.

Notre guide des répulsifs anti-moustiques compare les trois substances pour toute la famille, grossesse comprise.

Vêtements, poussette et sorties

Dehors, habillez bébé de vêtements amples, légers et couvrants : c’est le premier réflexe conseillé par l’Anses23. Le HCSP recommande des moustiquaires de poussette pour les jeunes enfants qui ne marchent pas encore1. Choisissez un filet qui enveloppe toute la nacelle ou le hamac, sans espace par où un moustique passerait.

Le moustique tigre pique le jour, avec des pics au lever du soleil et en fin de journée, et reste en général à moins de 150 mètres de son lieu de naissance8. La promenade de fin d’après-midi et la sieste au jardin sont donc les moments à surveiller. N’imprégnez pas ses vêtements d’insecticide : la perméthrine n’est plus recommandée pour les vêtements3.

À ne pas accrocher à la poussette : l’Anses déconseille fortement chez l’enfant les dispositifs à fixer sur une poussette et les bracelets à base d’huiles essentielles2.

Piqûre chez un bébé : gestes et signaux d’alerte

Une piqûre de moustique chez un bébé se soigne le plus souvent à la maison, avec des gestes simples conseillés par l’Assurance maladie5 :

  1. Lavez la piqûre à l’eau et au savon, puis désinfectez avec un antiseptique5.
  2. Appliquez du froid pour calmer la démangeaison5.
  3. Évitez qu’il se gratte5.
  4. Pour toute crème ou tout médicament, demandez d’abord à votre pharmacien ou à votre médecin, en donnant l’âge exact du bébé.

Une piqûre qui gonfle beaucoup peut traduire une réaction allergique locale, plus fréquente chez l’enfant7 : notre page sur l’allergie à une piqûre de moustique aide à la reconnaître.

Consultez en urgence si : votre bébé de moins de 3 mois a de la fièvre ; à tout âge, si la température dépasse 40 °C, s’il ne boit plus, devient somnolent, a des cris faibles ou une peau marbrée, vomit, a la nuque raide ou respire difficilement4. En cas de gêne pour respirer, appelez le 15 ou le 1125.

Une fièvre dans les jours qui suivent des piqûres de moustique tigre doit aussi être signalée au médecin : notre page sur les maladies transmises par le moustique tigre fait le point sur la dengue, le chikungunya et le Zika.

Questions fréquentes sur les moustiques et les bébés

Une prise anti-moustique est-elle dangereuse pour un bébé ?

Les diffuseurs électriques d’insecticide ne sont plus recommandés dans l’entourage d’un enfant de moins de 3 ans3. Les appareils à ultrasons ne présentent pas ce risque, mais ils ne protègent pas : l’Anses ne les recommande pas chez l’enfant2. Notre page sur les ultrasons anti-moustique reprend les études.

Les bracelets anti-moustiques conviennent-ils à un bébé ?

Non. Le HCSP rappelle que l’Anses a recensé 19 expositions à ces bracelets auprès des centres antipoison, surtout chez des enfants, dont des convulsions chez un nourrisson, et qu’elle les juge à proscrire chez les nourrissons et les jeunes enfants1.

Et les huiles essentielles ?

L’Anses déconseille fortement les produits aux huiles essentielles chez l’enfant2, et leur effet dure en général moins de 20 minutes3. Notre guide des huiles essentielles anti-moustiques détaille les études.

Sources

  1. Haut Conseil de la santé publique, « Protection personnelle antivectorielle », juin 2026, recommandations sur les enfants, tableau 2 des répulsifs et annexe 5 des notices de répulsifs autorisés, hcsp.fr.
  2. Anses, « Répulsifs anti-moustiques : quels produits utiliser pour protéger les enfants ? », 2 juillet 2026, anses.fr.
  3. Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », 28 juillet 2026, ameli.fr.
  4. Assurance maladie, « Votre enfant a de la fièvre : que faire et quand consulter ? », 3 septembre 2024, ameli.fr.
  5. Assurance maladie, « Morsures et piqûres : les bons réflexes face aux petits maux de l’été », 25 juin 2026, ameli.fr.
  6. Ellwanger J. H., Cardoso J. C., Chies J. A. B., « Variability in human attractiveness to mosquitoes », Current Research in Parasitology and Vector-Borne Diseases, 2021, 1, 100058, doi:10.1016/j.crpvbd.2021.100058.
  7. Vander Does A., Labib A., Yosipovitch G., « Update on mosquito bite reaction: itch and hypersensitivity, pathophysiology, prevention, and treatment », Frontiers in Immunology, 2022, 13, 1024559, doi:10.3389/fimmu.2022.1024559.
  8. Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Recommandations générales concernant le moustique tigre à l’attention du grand public », mai 2021, paca.ars.sante.fr.