En bref

En zone tropicale, protégez-vous avec un répulsif au DEET, à l’IR3535 ou à l’icaridine, des vêtements longs et clairs, et une moustiquaire imprégnée la nuit là où sévit le paludisme. Consultez un professionnel de santé quelques semaines avant le départ, et toute fièvre pendant le séjour ou dans les trois mois qui suivent le retour impose une consultation en urgence.

282 millionsde cas de paludisme dans le monde en 2024, selon l’OMS2
4 960cas de paludisme importés en France en 20251
6 à 8 heuresde protection pour un répulsif bien dosé, moins si vous transpirez1
3 moisde vigilance face à la fièvre après le retour1

Quels moustiques piquent en zone tropicale ?

Trois genres de moustiques comptent pour le voyageur, et ils ne piquent pas aux mêmes heures. Les anophèles, seuls à transmettre le paludisme, sont actifs de la tombée de la nuit au lever du jour. Les Aedes, dont le moustique tigre, piquent le jour, avec un pic en début et en fin de journée : ils transmettent la dengue, le chikungunya, le Zika et la fièvre jaune. Les Culex, nocturnes, véhiculent notamment le virus West Nile et l’encéphalite japonaise en Asie1. Notre page sur les espèces de moustiques vous aide à les distinguer.

Sous les tropiques, aucun créneau n’est donc sans risque : le répulsif et les vêtements couvrent la journée, la moustiquaire prend le relais la nuit. Le risque varie aussi selon la destination. Le paludisme frappe surtout l’Afrique subsaharienne ; dans la plupart des destinations touristiques d’Asie et d’Amérique du Sud, il reste faible, et il est jugé négligeable dans les outre-mer français, Guyane comprise, hors sites d’orpaillage isolés. Les arboviroses, elles, circulent sur tous les continents : La Réunion a connu en 2025 une épidémie de chikungunya de 55 555 cas, et la Guyane voit le virus circuler plus fortement depuis début 20261.

Répulsifs : choisir un actif et respecter la durée

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande trois substances actives pour les voyageurs : le DEET, l’IR3535 et l’icaridine. Vérifiez sur l’étiquette la présence d’un numéro d’autorisation de mise sur le marché, de la forme FR-AAAA-XXXX1. Achetez-le avant de partir : vous êtes sûr de trouver un produit autorisé en France, avec une notice en français.

  • DEET à 30 % : environ 6 heures de protection contre les moustiques, à partir de 12 ans et chez la femme enceinte. C’est la substance au spectre le plus large, mais elle est huileuse et abîme certains plastiques (bracelet de montre, branches de lunettes).
  • IR3535 à 20 % : environ 8 heures, à partir de 2 ans. Son effet sur certains anophèles peut être moindre que celui du DEET.
  • Icaridine à 25 % : environ 6 heures chez l’adulte, surtout efficace contre les Aedes et les Culex.

Ces durées raccourcissent quand vous transpirez, ce qui est la règle sous un climat chaud et humide1. Renouvelez l’application en suivant la notice, sans dépasser le nombre maximal d’applications par jour. Avec de la crème solaire, appliquez d’abord la crème, attendez au moins 20 minutes, puis passez le répulsif ; après la baignade, remettez-en1. Préférez une lotion ou une crème au spray, et ne pulvérisez jamais directement sur le visage.

Pour comparer les produits du commerce et lire une étiquette, notre guide des répulsifs anti-moustiques détaille chaque substance. Pour un enfant de moins de deux ans, le HCSP conseille de privilégier l’IR3535 ou l’icaridine à 10 à 20 %, et une moustiquaire sur le berceau ou le landau avant un an1 : notre page moustiques et bébé donne les repères par âge. Les bracelets, les huiles essentielles et les appareils à ultrasons ne sont pas recommandés1, comme l’expliquent nos pages sur les huiles essentielles et les ultrasons.

Moustiquaire et chambre

La nuit, dormez sous une moustiquaire, imprégnée d’insecticide dans les zones où circule le paludisme : sans imprégnation, son efficacité baisse fortement1. Le HCSP insiste sur trois détails : la moustiquaire doit être bordée sous le matelas ou toucher le sol, son maillage doit être intact, et elle doit rester fermée ou pliée en journée pour qu’aucun moustique ne s’y installe. Lavez la peau enduite de répulsif avant de vous coucher dessous.

Dans la chambre, des moustiquaires aux fenêtres et aux portes ont une efficacité démontrée contre les anophèles et Aedes aegypti, qui piquent à l’intérieur. La climatisation et le ventilateur aident, sans suffire seuls. Un diffuseur électrique d’insecticide reste un moyen d’appoint, dans une pièce aérée, jamais dans la chambre d’un petit enfant ou d’une femme enceinte. Les bombes insecticides et les serpentins fumigènes ne sont plus recommandés1. Si un moustique a malgré tout franchi le filet, notre page moustique dans la chambre explique où le chercher.

Vêtements et espaces à traiter

Portez des vêtements amples, légers et couvrants, de couleur claire : manches longues, pantalon, chaussettes et chaussures fermées. Appliquez le répulsif seulement sur la peau découverte, sauf aux chevilles, à traiter même avec des chaussettes1.

Point important : l’imprégnation des vêtements à la perméthrine n’est plus recommandée depuis 2022, en raison de sa toxicité pour l’humain et l’environnement. Des sprays pour tissus à base d’IR3535, autorisés pour cet usage, peuvent compléter la protection à partir de 12 mois, mais leur effet ne dépasse pas 8 heures et ne résiste pas au lavage1.

Autour du logement, la suppression des eaux stagnantes est une mesure complémentaire recommandée1 : videz seaux, soucoupes et récipients qui gardent l’eau de pluie, surtout lors d’un séjour long.

Avant le départ : consulter un professionnel de santé

Consultez votre médecin ou un centre de vaccinations internationales plusieurs semaines avant le départ, comme le recommande l’OMS pour les zones de paludisme2. Ce délai laisse le temps aux vaccins d’agir ; certains se font en deux doses espacées de trois mois. Les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes âgées ou immunodéprimées sont plus exposées aux formes graves du paludisme1.

  • Traitement préventif du paludisme : il est nécessaire pour tout séjour en Afrique subsaharienne. Il n’est pas recommandé pour un séjour touristique de moins d’un mois en Asie ou en Amérique tropicale, avec nuits en ville, si les autres protections sont appliquées1. Ne l’achetez ni sur internet ni à l’étranger, à cause des contrefaçons, et poursuivez-le après le retour aussi longtemps que prescrit5.
  • Fièvre jaune : une dose au moins 10 jours avant le départ, dès 9 mois, dans un centre agréé1. Elle est obligatoire pour la Guyane dès 12 mois5.
  • Dengue : le vaccin Qdenga concerne certaines personnes de 6 ans et plus, selon la destination et la durée du séjour, en deux doses espacées d’au moins trois mois15.
  • Chikungunya : deux vaccins, Ixchiq et Vimkunya, en une dose au moins 14 jours avant le départ, pour certains voyageurs de 12 ans et plus selon la situation sur place et l’état de santé15.

Contre le Zika, aucun vaccin ne figure dans ces recommandations : la protection contre les piqûres reste la seule prévention1. Notre page sur les maladies transmises par le moustique tigre décrit la dengue, le chikungunya et le Zika.

Au retour : surveiller la fièvre

Toute fièvre pendant le séjour ou dans les trois mois qui suivent le retour d’une zone de paludisme doit être considérée comme un paludisme possible, quels que soient les autres symptômes, et justifie une consultation en urgence14. Le HCSP précise que 3 % des paludismes à Plasmodium falciparum, la forme la plus grave, apparaissent plus de deux mois après le retour. Dites toujours au médecin où vous avez voyagé : le retard au diagnostic reste un facteur majeur de formes graves1.

Fatigue, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, éruption cutanée doivent aussi alerter. À Paris, le centre médical de l’Institut Pasteur reçoit en semaine, le matin, les personnes fiévreuses au retour de voyage, de préférence après un appel au 01 45 68 80 886. En attendant l’avis médical, évitez l’ibuprofène et l’aspirine : l’OMS les déconseille en cas de dengue3.

Si vous rentrez malade en saison chaude, protégez-vous aussi des piqûres chez vous : un moustique tigre qui vous pique peut prendre le virus et le transmettre à votre entourage. C’est ainsi que naissent les cas contractés en France, détaillés dans notre page sur les maladies du moustique tigre.

Questions fréquentes sur les anti-moustiques tropicaux

Faut-il un répulsif marqué « zone tropicale » ?

Ce qui compte est la substance, sa concentration et le numéro d’autorisation. Un DEET à 30 %, un IR3535 à 20 % ou une icaridine à 25 % conviennent à l’adulte en zone à risque1.

Les Antilles ou La Réunion exposent-elles au paludisme ?

Non : le HCSP juge ce risque négligeable dans les outre-mer français, Guyane comprise hors sites d’orpaillage isolés, et signale une situation évolutive à Mayotte. La dengue et le chikungunya y circulent en revanche : la protection contre les piqûres de jour reste indispensable1.

Un anti-moustique naturel suffit-il en voyage ?

Non. Les huiles essentielles, y compris la citronnelle, et les bracelets n’ont pas fait la preuve de leur efficacité contre les maladies transmises et ne sont pas recommandés. Les produits à l’huile d’eucalyptus citronné n’ont pas encore d’autorisation, et le HCSP ne formule aucune recommandation à leur sujet1.

Sources

  1. Haut Conseil de la santé publique, « Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2026 », avis du 28 mai 2026, mis en ligne le 7 juillet 2026, chapitre 2 « Risques liés aux arthropodes et protection personnelle anti-vectorielle », chapitre 3 « Paludisme » et fiches vaccins, hcsp.fr.
  2. Organisation mondiale de la santé, « Paludisme », aide-mémoire, 4 décembre 2025, who.int.
  3. Organisation mondiale de la santé, « Dengue et dengue sévère », aide-mémoire, consulté le 28 octobre 2026, who.int.
  4. Santé publique France, « Paludisme : la maladie », mise à jour du 14 août 2025, santepubliquefrance.fr.
  5. Assurance maladie, « Prévention spécifique : paludisme, fièvre jaune, encéphalite japonaise, dengue et chikungunya », mise à jour du 27 juillet 2026, ameli.fr.
  6. Institut Pasteur, « Consultations d’urgence infectieuse », mise à jour du 5 octobre 2026, pasteur.fr.