En bref

Une raquette anti-moustiques tue le moustique qu’elle touche, par une décharge électrique, mais elle ne vous protège pas des piqûres : aucune étude scientifique n’a démontré son efficacité, rappelle le Haut Conseil de la santé publique en juin 2026. Elle sert d’appoint à l’intérieur, pour éliminer l’insecte qui vous tient éveillé. Moustiquaire, répulsif cutané et suppression des eaux stagnantes restent les vraies protections.

Aucune étuden’a démontré l’efficacité des raquettes électriques, selon le HCSP1
1 à 3 kVsur la grille, à partir de deux piles AA et d’un condensateur10
0,22 %d’insectes piqueurs parmi 13 789 insectes tués par des destructeurs UV8
2024 et 2025rappels de raquettes en Guadeloupe pour risque de choc électrique34

Comment fonctionne une raquette électrique ?

Une raquette anti-moustiques est une tapette à piles dont le tamis cache une grille métallique sous haute tension. Deux piles AA suffisent : un petit circuit élève leur tension à 1 000 à 3 000 volts environ et charge un condensateur10. Quand un insecte touche à la fois la grille centrale et une grille voisine, il ferme le circuit. Le condensateur se vide d’un coup à travers son corps : c’est le claquement et la petite étincelle que vous entendez.

La tension est élevée, mais l’énergie stockée reste faible, ce qui explique qu’une décharge accidentelle surprenne sans être, en principe, dangereuse sur un appareil conforme. Sur la plupart des modèles, la grille n’est chargée que tant que vous maintenez le bouton enfoncé. Certains modèles récents se rechargent par USB et peuvent être posés sur un socle ; ils restent des raquettes, utilisées de la même façon.

Ce que la raquette élimine réellement

La raquette tue tout petit insecte qui touche sa grille : moustique, mouche, moucheron, papillon de nuit. Elle ne choisit pas sa cible, mais comme c’est vous qui la dirigez, elle frappe d’abord l’insecte qui vous gêne. C’est son vrai avantage sur les destructeurs électriques à lampe UV, qui attirent la lumière et tuent au hasard.

Ces bornes lumineuses ratent justement les moustiques. Dans une étude menée en 1994 sur six jardins du Delaware, seuls 31 des 13 789 insectes tués étaient des insectes piqueurs, soit 0,22 % ; près de la moitié étaient des insectes aquatiques inoffensifs8. Que Choisir résume ainsi les lampes UV : elles « tuent à peu près tous les insectes, sauf les moustiques »9. Notre guide sur la lampe anti-moustique détaille ces résultats.

Un détail moins connu : électrocuter un insecte le fait éclater. Des chercheurs ont mesuré que des mouches contaminées puis tuées sur une grille libéraient une partie de leurs bactéries et virus autour du piège7. Évitez donc d’utiliser la raquette au-dessus des aliments, et nettoyez-la après usage.

Efficacité et limites face aux moustiques

La raquette anti-moustiques fonctionne au sens où elle tue le moustique touché, mais son efficacité contre les piqûres n’a jamais été prouvée. Le HCSP l’écrit sans détour dans son rapport de juin 2026 : « Aucune étude scientifique n’a démontré leur efficacité. » Il la classe parmi les moyens d’appoint, dont le résultat « relève essentiellement de l’habileté de l’utilisateur »1. Une recherche dans la littérature médicale ne fait apparaître aucun essai dédié aux raquettes, en laboratoire ou sur le terrain.

L’Assurance maladie la cite aussi, mais avec deux réserves : à l’intérieur des habitations, et sans jamais remplacer les moustiquaires ni les répulsifs cutanés2. Que Choisir pointe la limite pratique : encore faut-il atteindre le moustique « en plein vol, et ce avant de se faire piquer »9.

Dans quels cas sert-elle vraiment ? Surtout la nuit, quand un moustique isolé tourne dans la chambre. Allumez, attendez qu’il se pose sur un mur clair, puis approchez la raquette sans frapper : le contact suffit. Notre page moustique dans la chambre explique où le chercher. Au jardin, en revanche, la raquette ne fait pas le poids. Le moustique tigre pique surtout le jour, souvent à plusieurs, et revient sans cesse : vous en tuerez quelques-uns pendant que les autres piquent vos chevilles.

Raquettes à moustiques : sécurité et entretien

Une raquette conforme est sûre à l’usage normal, mais les modèles défectueux peuvent provoquer un choc électrique. En Guadeloupe, la DGCCRF a fait rappeler en avril 2024 plusieurs raquettes, dont la grille de protection laissait passer le courant pendant l’usage ; le rappel signale aussi un interrupteur qui se détachait trop facilement, avec un risque d’étouffement pour un enfant4. En octobre 2025, un autre modèle a été retiré pour une énergie de décharge supérieure à la norme et une prise non conforme3. Le HCSP mentionne ces rappels dans son rapport1.

L’autre danger est l’étincelle. Une femme de 31 ans a été brûlée sur 15 % du corps après avoir passé de l’alcool sur ses jambes pour calmer des démangeaisons : l’arc produit par un insecte électrocuté a enflammé l’alcool5. En Thaïlande, un garçon de 2 ans a été brûlé sur 25 % du corps après qu’une raquette posée au sol a enflammé de la colle6.

  1. Jamais près d’un produit inflammable : spray, aérosol, alcool, gaz, solvant. Si vous venez de mettre un répulsif en spray, laissez-le sécher avant d’utiliser la raquette.
  2. Hors de portée des enfants, que la forme de raquette et le crépitement attirent6.
  3. Ne touchez pas la grille et ne glissez rien entre ses mailles, même bouton relâché : le condensateur peut garder une charge.
  4. Nettoyez-la éteinte, piles retirées ou appareil débranché, avec une petite brosse sèche pour ôter les restes d’insectes.
  5. Retirez les piles si vous la rangez pour l’hiver, et jetez la raquette usagée en point de collecte des appareils électriques.

Alternatives : lampes, pièges et répulsifs

Pour ne plus être piqué, les moyens qui ont fait leurs preuves sont la moustiquaire et le répulsif cutané. L’Assurance maladie et le HCSP recommandent des répulsifs au DEET, à l’IR3535 ou à l’icaridine, des vêtements couvrants et des moustiquaires aux fenêtres et sur le lit12. Notre guide des répulsifs anti-moustiques vous aide à choisir la bonne substance.

  • Lampe UV : elle tue surtout des insectes inoffensifs et cible mal le moustique tigre, qui pique le jour9.
  • Pièges à CO2 ou à leurre : plus sélectifs, ils capturent des moustiques au jardin, sans suffire seuls. Voyez notre comparatif des pièges à moustiques.
  • Ultrasons : le HCSP ne les recommande pas, et l’Assurance maladie les juge insuffisamment efficaces12. Le détail est sur notre page consacrée aux ultrasons anti-moustique.
  • Ventilateur et climatisation : ils gênent le vol des moustiques, en appoint, comme la raquette1.

Le geste le plus durable se fait en amont : supprimer les eaux stagnantes où pondent les femelles. Une soucoupe, un seau ou un regard qui garde de l’eau suffit à faire éclore des moustiques ; notre guide des gîtes larvaires vous montre où regarder.

Conseils pour bien choisir une raquette

Une bonne raquette anti-moustiques est d’abord un appareil sûr : achetez-la dans un commerce identifiable, avec un marquage CE, un nom de fabricant et une notice en français. Les rappels de 2024 et 2025 portaient justement sur des produits sans marquage explicite ou à la prise non conforme34.

  • Trois grilles plutôt qu’une : la grille électrifiée doit être prise entre deux grilles de protection, qui empêchent le doigt de toucher le réseau sous tension.
  • Un bouton à maintenir : la grille n’est active que lorsque vous appuyez, ce qui limite les décharges accidentelles.
  • Un témoin lumineux qui indique que la grille est chargée.
  • Piles ou batterie : la recharge USB évite d’acheter des piles, les piles se remplacent plus facilement après quelques saisons.
  • Un tamis assez large pour atteindre un moustique posé au plafond ou dans un angle.

Méfiez-vous des promesses de « zone protégée » ou de « pièce sans moustiques » : une raquette posée sur son socle avec une petite lampe attire peu les moustiques, pour les mêmes raisons que les lampes UV19. Gardez-la sur la table de nuit, et comptez sur la moustiquaire pour dormir tranquille.

Sources

  1. Haut Conseil de la santé publique, « Protection personnelle antivectorielle », rapport du 12 juin 2026, section 6.6.3 « Raquettes électriques » et recommandations, hcsp.fr.
  2. Assurance maladie, « Prévention commune à toutes les maladies transmises par les moustiques », 28 juillet 2026, ameli.fr.
  3. Rappel Conso, fiche 2025-10-0201, raquette anti-moustiques, risque de choc électrique, 21 octobre 2025, rappel.conso.gouv.fr.
  4. Rappel Conso, fiche 2024-04-0204, raquette anti-moustiques 2 en 1, risque de choc électrique, 22 avril 2024, rappel.conso.gouv.fr.
  5. Ioannidis S., Spyropoulou G. A., Pavlidis L., Dionyssiou D., Demiri E., « Electric fly swatter: potentially harmful not only for insects? », Annals of Burns and Fire Disasters, 2014, 27(3), 130-131, PMC4441306.
  6. Muangman P., Scott J. R., Keorochana K., « Major flame burn caused by electric fly-swatter », Journal of Burns and Wounds, 2007, 6, e3, PMC1804254.
  7. Urban J. E., Broce A., « Killing of flies in electrocuting insect traps releases bacteria and viruses », Current Microbiology, 2000, 41(4), 267-270, doi:10.1007/s002840010132.
  8. Frick T. B., Tallamy D. W., « Density and diversity of nontarget insects killed by suburban electric insect traps », Entomological News, 1996, 107(2), 77-82, résumé par l’extension de l’université d’Iowa, « Bug zappers are harmful, not helpful », 14 juin 1996, extension.iastate.edu.
  9. Que Choisir, « Antimoustiques : nos conseils pour vous défendre contre les moustiques », 19 juin 2024, quechoisir.org.
  10. Elektor, Hannes Stein, « Ultimate Bugblaster », novembre 2017, elektormagazine.com.